LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX04217

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX04217

lundi 4 juillet 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX04217
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantLAVALETTE AVOCATS CONSEILS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, ainsi que la décision implicite du 26 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre cet arrêté.

Par une ordonnance n° 2102431 du 4 octobre 2021, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Poitiers a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 12 novembre 2021, M. B, représenté par Me Gomez, demande à la cour :

1°) d'annuler cette ordonnance du tribunal administratif de Poitiers du 4 octobre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 février 2021 de la préfète de la Vienne et la décision implicite du 26 juillet 2021 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer un titre de séjour permettant une activité salariée dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le tribunal a relevé d'office le moyen tiré de la recevabilité de la requête sans soulever un moyen d'ordre public ou inviter les parties à présenter leurs observations ;

- il n'appartenait pas au tribunal de motiver l'ordonnance en relevant que l'arrêté n'avait pas été régulièrement notifié sans justifier de ce qui permettait de conclure à la tardiveté, en l'absence de pièces produites par la préfecture ;

- le tribunal n'a pas statué sur la demande d'annulation de la décision implicite de rejet du ministre de l'intérieur ;

- la requête formée contre cette décision implicite est recevable ; la contestation est intervenue dans les délais règlementaires ;

- l'arrêté du 26 février 2021 contesté méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi et est entaché d'une erreur de droit compte tenu de son insertion professionnelle ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la préfète de la Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête introduite devant le tribunal administratif de Poitiers le 24 septembre 2021 à l'encontre de l'arrêté du 26 février 2021 était tardive dès lors que M. B ne disposait que de trente jours pour contester cet arrêté, qui lui a été notifié le 2 mars 2021 et qui comportait la mention des voies et délais de recours ;

- la circonstance que l'intéressé ait préalablement exercé un recours administratif à l'encontre de cet arrêté ne saurait suspendre le délai de recours juridictionnel ainsi que le précise l'acte contesté ;

- même en retenant une notification au 24 mai 2021, date du recours hiérarchique formé auprès du ministre de l'intérieur, la requête de M. B contre l'arrêté du 26 février 2021 est tardive ;

- l'arrêté contesté ne méconnaît pas les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi, dès lors que M. B n'a pas sollicité une carte de séjour en qualité de salarié mais en qualité d'étudiant ;

- il ne méconnait pas les dispositions de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que l'intéressé ne justifie du caractère réel et sérieux de ses études.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord du 9 octobre 1987, entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. A, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant marocain, né le 21 mars 1994, est entré en France le 28 août 2015 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " valable du 28 août 2015 au 28 août 2016. Ce titre a été renouvelé jusqu'au 27 septembre 2018. Le 26 juin 2020, il a sollicité le renouvellement de son titre pour poursuivre ses études. Par un arrêté du 26 février 2021, la préfète de la Vienne a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. Par un courrier du 24 mai 2021, M. B a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision, lequel a été implicitement rejeté le 26 juillet 2021. M. B relève appel de l'ordonnance du 4 octobre 2021 par laquelle le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté précité et de la décision implicite rejetant son recours hiérarchique contre cet arrêté.

Sur la régularité de l'ordonnance :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 611-7 du code de justice administrative : " Lorsque la décision lui paraît susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction en informe les parties avant la séance de jugement et fixe le délai dans lequel elles peuvent, sans qu'y fasse obstacle la clôture éventuelle de l'instruction, présenter leurs observations sur le moyen communiqué. / Les dispositions du présent article ne sont pas applicables lorsqu'il est fait application des dispositions des articles R. 122-12, R. 222-1, R. 611-8 ou L. 822-1 ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que l'obligation d'information des parties qu'elles prévoient n'est pas applicable lorsqu'il a été fait, comme en l'espèce, application des dispositions de l'article R. 222-1 du même code. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance, par le premier juge, du principe du contradictoire doit être écarté. Dès lors, l'ordonnance attaquée n'est pas entaché d'irrégularité sur ce point.

3. En deuxième lieu, en jugeant que " si l'arrêté du 26 février 2021 n'a pas été régulièrement notifié à M. B et ne comportait pas la date de son édiction, celui-ci a eu connaissance de cette décision, comportant la mention des voies et délais de recours, au plus tard, le 24 mai 2021, date à laquelle il a formé un recours hiérarchique auprès du ministre de l'intérieur " et que, dès lors, " la requête de M. B, enregistrée le 24 septembre 2021 était entachée de tardiveté, aucune circonstance particulière ne permettant de justifier, en l'espèce, une extension du délai de recours au-delà de trente jours ", le premier juge a suffisamment motivé l'irrecevabilité retenue des conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 février 2021.

4. En dernier lieu, le tribunal, après avoir considéré que les conclusions présentées par M. B à l'encontre de l'arrêté du 26 février 2021 étaient irrecevables, a omis de se prononcer dans les motifs de son ordonnance sur les conclusions de l'intéressé dirigées contre la décision implicite du 26 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique formé contre cet arrêté. M. B est fondé, dans la mesure de cette omission, à demander l'annulation pour irrégularité de cette ordonnance.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il a lieu pour la cour de statuer par la voie de l'évocation sur les conclusions dirigées contre la décision implicite du 26 juillet 2021 présentées par M. B en première instance et de statuer par l'effet dévolutif de l'appel pour le surplus.

Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 26 février 2021 et la décision implicite du 26 juillet 2021 :

6. Aux termes des dispositions du I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement des 3°, 5°, 7° ou 8° du I de l'article L. 511-1 ou sur le fondement de l'article L. 511-3-1 et qui dispose du délai de départ volontaire mentionné au premier alinéa du II de l'article L. 511-1 ou au sixième alinéa de l'article L. 511-3-1 peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision mentionnant le pays de destination et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou d'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant ". Aux termes du I de l'article R. 776-5 du code de justice administrative : " Le délai de recours contentieux de trente jours mentionné aux articles R. 776-2 et R. 776-3 n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".

7. Il résulte des termes mêmes du I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du I de l'article R. 776-5 du code de justice administrative que le délai de recours contentieux pour contester une décision relative au séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire est de trente jours, ce délai n'étant pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif. L'arrêté du 26 février 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, mentionne, en application de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, les voies et délais de recours prévus au I de l'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cet arrêté a été porté à la connaissance de M. B au plus tard le 24 mai 2021, date à laquelle il a formé un recours hiérarchique à son encontre. Le délai de recours, qui n'est pas prorogé par l'exercice du recours hiérarchique formé par le requérant, a expiré le 23 juin 2021. Il suit de là que la demande d'annulation de l'arrêté du 26 février 2021, enregistrée le 24 septembre 2021 au greffe du tribunal administratif de Poitiers, était tardif.

8. L'arrêté du 26 février 2021, qui n'a pas fait l'objet d'un recours avant l'expiration du délai de recours contentieux, est ainsi devenu définitif. Par suite, en l'absence de changement de circonstance de droit ou de fait, la décision implicite du 26 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté le recours hiérarchique de M. B est une décision confirmative de l'arrêté du 26 février 2021. Cette décision n'est par conséquent pas susceptible de recours. La demande tendant à son annulation n'est dès lors pas recevable.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est fondé à soutenir ni que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la présidente de la 3ème chambre du tribunal administratif de Poitiers a rejeté comme irrecevable sa demande dirigée contre l'arrêté du 26 février 2021 de la préfète de la Vienne ni à demander l'annulation de la décision implicite rejetant son recours hiérarchique contre cet arrêté. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DÉCIDE :

Article 1er : L'ordonnance du 4 octobre 2021 du tribunal administratif de Poitiers est annulée en tant qu'elle omet de statuer sur les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision implicite rejetant son recours hiérarchique contre l'arrêté du 26 février 2021.

Article 2 : La demande présentée par M. B devant le tribunal administratif de Poitiers et le surplus de ses conclusions en appel sont rejetées.

Article 3: Le présent arrêt sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur. Copie en sera adressée à la préfète de la Vienne.

Délibéré après l'audience du 13 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Didier Artus, président,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

Mme Agnès Bourjol, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 4 juillet 2022.

Le président-assesseur,

Frédéric FAÏCKLe président,

Didier A

La greffière,

Sylvie HAYET

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

Décisions similaires

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

04/05/2026

CAA13excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532

La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".

04/05/2026

← Retour aux décisions