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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-21BX04240

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-21BX04240

mardi 31 mai 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-21BX04240
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation5ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantKOSSEVA-VENZAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 20 août 2020 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois.

Par un jugement n° 2004788 du 9 juillet 2021, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2021, M. C, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 9 juillet 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Ariège du 20 août 2020 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour ;

4°) d'enjoindre à la préfète de prendre toutes mesures aux fins de retirer son inscription dans le fichier de non-admission au système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle méconnaît l'article L. 313-11-11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article L. 511-4-10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnaît l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que le lien direct entre la pathologie dont il souffre et les événements traumatisants qu'il a vécus ne permettent pas d'envisager un traitement approprié au Kosovo ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2021/019488 du 7 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 5 janvier 2017 fixant les orientations générales pour l'exercice par les médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, de leurs missions, prévues à l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant kosovar né le 5 août 1970, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 17 juillet 2016, accompagné de son épouse. Il a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 23 septembre 2016, confirmée le 15 mars 2017 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Il a, à cet égard, fait l'objet d'un arrêté du 16 mai 2017 portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 20 juillet 2017 puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 12 décembre 2017. Il a ensuite sollicité, le 6 septembre 2017, la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé, sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a fait l'objet d'un arrêté du 24 janvier 2018 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi, lequel a été annulé par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 19 mars 2018 assorti d'une injonction de réexamen de la situation de l'intéressé. En exécution de cette injonction, la préfète de l'Ariège a pris un nouvel arrêté le 16 janvier 2019 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 6 mois, lequel a également été annulé par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 28 janvier 2020 assorti d'une injonction de réexamen. Par un arrêté du 20 août 2020, la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois. M. C relève appel du jugement du 9 juillet 2021 par lequel le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de la décision de refus de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 5 janvier 2017 susvisé : " Les conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge médicale, mentionnées au 11° de l'article L. 313-11 du CESEDA, sont appréciées sur la base des trois critères suivants : degré de gravité (mise en cause du pronostic vital de l'intéressé ou détérioration d'une de ses fonctions importantes), probabilité et délai présumé de survenance de ces conséquences. Cette condition des conséquences d'une exceptionnelle gravité résultant d'un défaut de prise en charge doit être regardée comme remplie chaque fois que l'état de santé de l'étranger concerné présente, en l'absence de la prise en charge médicale que son état de santé requiert, une probabilité élevée à un horizon temporel qui ne saurait être trop éloigné de mise en jeu du pronostic vital, d'une atteinte à son intégrité physique ou d'une altération significative d'une fonction importante. Lorsque les conséquences d'une exceptionnelle gravité ne sont susceptibles de ne survenir qu'à moyen terme avec une probabilité élevée (pathologies chroniques évolutives), l'exceptionnelle gravité est appréciée en examinant les conséquences sur l'état de santé de l'intéressé de l'interruption du traitement dont il bénéficie actuellement en France (rupture de la continuité des soins). Cette appréciation est effectuée en tenant compte des soins dont la personne peut bénéficier dans son pays d'origine. ".

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tout élément permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. C souffrait, à la date de la décision contestée, d'un syndrome anxiodépressif, d'un état de stress post-traumatique, d'une maladie métabolique avec hypertension artérielle, d'une hypercholestérolémie et d'une insuffisance cardiaque pour lesquels il bénéficiait de traitements médicamenteux et d'un suivi médical. Le collège de médecins de l'OFII a estimé dans son avis du 5 juin 2020 que, si l'état de santé de M. C nécessite une prise en charge médicale, le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Si, pour remettre en cause l'appréciation du préfet, qui s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins, le requérant produit deux certificats médicaux des 1er août 2017 établis par un médecin généraliste indiquant que le défaut de prise en charge pourrait entraîner des conséquences graves, ces documents, eu égard aux termes très peu circonstanciés dans lesquels ils sont rédigés, ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII. Les autres documents médicaux produits exposent la nature de ses pathologies et des soins nécessaires mais ne précisent pas les conséquences d'un défaut de prise en charge médicale. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée le défaut de prise en charge médicale de M. C devrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

5. La préfète s'est également fondée, pour rejeter la demande de titre de séjour de M. C, sur le fait qu'il ne justifie pas être dans l'impossibilité d'accéder aux soins dans son pays d'origine. Si le requérant soutient qu'il ne pourra avoir accès à un cardiologue, à un pneumologue ou à un psychothérapeute doté d'une formation adéquate, il ressort des pièces du dossier qu'il n'a fait l'objet d'aucune prise en charge par un spécialiste depuis son entrée en France en juillet 2016 et que ses pathologies sont exclusivement traitées par son médecin traitant généraliste. En outre, les seuls éléments versés au dossier ne permettent pas de tenir pour établi que les troubles de M. C trouveraient leur origine dans les évènements traumatisants que l'intéressé affirme avoir vécus au Kosovo. Par ailleurs, contrairement à ce qui est soutenu, il ressort des fiches MedCoi produites par la préfète en première instance que, d'une part, l'Atorvastatine, médicament prescrit pour traiter sa pathologie cardiaque, est disponible au Kosovo et, d'autre part, que la molécule Perindopril contenue dans le médicament Coversyl, prescrit pour traiter son hypertension artérielle, bien qu'elle fasse l'objet de difficultés d'approvisionnement, est réapprovisionnée en deux semaines et ne peut être, dès lors, regardée comme étant indisponible au Kosovo. Les éléments généraux dont se prévaut le requérant, issus de rapports de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR), ne permettent pas d'estimer que les médicaments qui lui étaient prescrits à la date de la décision attaquée n'étaient pas disponibles et qu'il ne pouvait en assumer le coût financier. Par suite, en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité, la préfète de l'Ariège n'a pas commis d'erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. C a déclaré être entré sur le territoire français le 17 juillet 2016 à l'âge de 45 ans, accompagné de son épouse. Il ressort de ce qui a été dit précédemment qu'il pouvait, à la date de la décision contestée, bénéficier d'un traitement médical approprié dans son pays d'origine. Il ne justifie d'aucune attache personnelle en France de nature à faire obstacle à son retour dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où il ne sera pas isolé puisque son épouse, de même nationalité, a également fait l'objet d'une décision de refus de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète de l'Ariège aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. En troisième lieu, pour les motifs énoncés aux points 5 et 7 du présent arrêt, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation personnelle doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés pour les motifs exposés aux points 4 et 5 du présent arrêt.

10. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les motifs exposés au point 7 du présent arrêt.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

11. Aux termes de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

12. Le requérant soutient que le lien direct entre la pathologie psychiatrique dont il souffre et les événements traumatisants qu'il a vécus au Kosovo ne permettent pas d'envisager un traitement approprié dans son pays d'origine et par conséquent un renvoi vers le Kosovo. Toutefois, s'il produit des certificats médicaux établis par son médecin traitant selon lesquels son syndrome post-traumatique ferait suite aux exactions et menaces subies dans son pays d'origine, ces allégations, qui reposent sur les seules déclarations de M. C, ne permettent pas de tenir pour établi que ses troubles psychiatriques trouveraient leur origine dans les évènements traumatisants que l'intéressé affirme avoir vécus au Kosovo. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date de la décision contestée, il aurait été personnellement exposé à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

13. Le requérant reprend en appel, sans invoquer aucun élément nouveau et sans critique utile de la réponse apportée par les premiers juges, les moyens qu'il avait invoqués en première instance et tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation au regard des dispositions du III de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinents retenus par le tribunal administratif de Toulouse aux points 34 et 35 du jugement attaqué.

14. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée pour information à la préfète de l'Ariège.

Délibéré après l'audience du 3 mai 2022 à laquelle siégeaient :

Mme Elisabeth Jayat, présidente,

Mme Nathalie Gay, première conseillère,

Mme Laury Michel, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 mai 2022.

La rapporteure,

Laury B

La présidente,

Elisabeth Jayat

La greffière,

Virginie Santana

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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