mardi 7 juin 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX04303 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SCP BREILLAT DIEUMEGARD MASSON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler la décision du 27 août 2019 par laquelle la préfète de la Vienne lui a refusé la délivrance d'une carte de résident, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux.
Par un jugement n°2000568 du 28 octobre 2021, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2021, M. A, représenté par Me Masson, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Poitiers du 28 octobre 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 27 août 2019 par laquelle la préfète de la Vienne lui a refusé la délivrance d'une carte de résident, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer une carte de résident ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou à lui verser directement, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en cas de refus d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- La délégation de signature dont bénéficie le signataire de la décision litigieuse est irrégulière ;
- cette décision est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- cette décision a méconnu les dispositions de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, la préfète de la Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention franco-camerounaise du 24 janvier 1994 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais né le 5 juin 1961, déclare être entré en France le 4 juin 2006. Par une décision du 27 août 2019 la préfète de la Vienne l'a informé du renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " dont il était précédemment titulaire mais a refusé de lui délivrer une carte de résident de longue durée-UE. M. A relève appel du jugement du 28 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette dernière décision et du rejet implicite de son recours gracieux.
2. En premier lieu, à l'appui des moyens tirés de ce que la décision lui refusant la délivrance d'une carte de résident serait insuffisamment motivée et n'aurait pas été précédée d'un examen de sa situation personnelle, l'appelant ne se prévaut devant la cour d'aucun élément de fait ou de droit nouveau par rapport à l'argumentation développée en première instance et ne critique pas utilement la réponse apportée par le tribunal administratif. Par suite, il y a lieu de rejeter ces moyens par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 19 juin 2019, par lequel M. Emile Soumbo, secrétaire général de la préfecture et signataire de la décision litigieuse du 27 août 2019, a reçu délégation de signature de la préfète de la Vienne liste le type de décisions pour lesquelles cette délégation est donnée et, notamment, celles relative à la police des étrangers. Par suite, l'appelant n'est pas fondé à soutenir que cet arrêté présenterait un caractère trop général ou imprécis.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 314-8 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Une carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" est délivrée de plein droit à l'étranger qui justifie : / 1° D'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre de l'une des cartes de séjour temporaires ou pluriannuelles ou de l'une des cartes de résident prévues au présent code () / 2° De ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins. Ces ressources doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail. La condition prévue au présent 2° n'est pas applicable lorsque la personne qui demande la carte de résident est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code () ". Sur renvoi de cet article, l'article R. 314-1-1 du même code dispose que : " L'étranger qui sollicite la délivrance de la carte de résident portant la mention "résident de longue durée-UE" doit justifier qu'il remplit les conditions prévues aux articles L. 314-8, L. 314-8-1 ou L. 314-8-2 en présentant () les pièces suivantes : () / 2° La justification qu'il dispose de ressources propres, stables et régulières, suffisant à son entretien, indépendamment des prestations et des allocations mentionnées au 2° de l'article L. 314-8, appréciées sur la période des cinq années précédant sa demande, par référence au montant du salaire minimum de croissance ; lorsque les ressources du demandeur ne sont pas suffisantes ou ne sont pas stables et régulières pour la période des cinq années précédant la demande, une décision favorable peut être prise, soit si le demandeur justifie être propriétaire de son logement ou en jouir à titre gratuit, soit en tenant compte de l'évolution favorable de sa situation quant à la stabilité et à la régularité de ses revenus, y compris après le dépôt de la demande () ". Enfin, la durée de résidence régulière ininterrompue en France applicable aux ressortissants camerounais est fixée par les stipulations de l'article 12 de la convention franco-camerounaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Yaoundé le 24 janvier 1994 aux termes desquelles : " Après trois années de résidence régulière et non interrompue, les nationaux de chacun des États contractants établis sur le territoire de l'autre État peuvent obtenir un titre de séjour de dix ans dans les conditions prévues par la législation de l'État de résidence () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui n'est pas propriétaire de son logement, disposait, sur la période de trois années précédant sa demande, d'un revenu annuel s'élevant respectivement à 11 325 euros en 2016, 7 388 euros en 2017 et 2 916 euros en 2018 soit à un montant inférieur au montant annuel du salaire minimum de croissance en vigueur sur chacune de ces années et en diminution d'une année sur l'autre, ce que l'intéressé ne conteste au demeurant pas. En outre, si M. A entend se prévaloir de sa situation de handicap, il n'établit ni même ne soutient être titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code mais fait seulement valoir qu'il a formé, le 21 octobre 2021, une demande en ce sens. Ainsi, à la date des décisions litigieuses, il ne remplissait pas la condition de ressource prévue par les dispositions précitées des articles L. 314-8 et R. 314-1-1 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne justifiait pas davantage d'une situation de handicap permettant d'y déroger.
6. Par suite, M. A n'est fondé à soutenir ni que ces décisions seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces mêmes dispositions ni qu'il ferait l'objet d'une discrimination à raison de son handicap en se bornant à se prévaloir de l'ancienneté de sa résidence sur le territoire national, de sa maîtrise du français et à faire valoir qu'il remplissait les conditions supplémentaires auxquelles les dispositions de l'article L. 314-2 du code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile subordonnaient la délivrance d'une carte de résident.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'appelant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, les premiers juges ont rejeté ses demandes tendant à l'annulation de la décision lui refusant la délivrance d'une carte de résident et du rejet implicite de son recours gracieux. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de la Vienne.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2022 à laquelle siégeaient :
M. Didier Artus, président,
M. Frédéric Faïck, président-assesseur,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2022.
Le rapporteur,
Manuel C
Le président,
Didier ArtusLe greffier,
Anthony Fernandez
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026