mardi 20 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-21BX04462 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SELAS JURISCARIB;DUMONT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société JKB a demandé au tribunal administratif de la Martinique d'annuler la délibération du 22 juin 2020 par laquelle le conseil municipal de la commune de Case-Pilote a renoncé aux choix opérés dans sa délibération du 11 juin 2015, a fixé de nouveaux critères de choix des offres de cession des lots de la zone d'activités économiques de La Plate-Forme, a autorisé le maire de la commune à examiner et opérer son choix sur les offres déjà présentées ou réitérées par rapport à ces nouveaux critères et a institué une commission pour l'examen des offres et manifestations d'intérêt présentées postérieurement à la délibération, d'annuler la décision du 5 août 2020 par laquelle le maire de Case-Pilote a mis fin aux relations engagées avec elle et l'a invitée à présenter une nouvelle offre de cession des lots de la zone d'activités économiques de La Plate-Forme, d'enjoindre à la commune de Case-Pilote de saisir le juge judiciaire afin qu'il prononce l'annulation de la vente des lots n° 9 et 11 de la zone d'activités économiques de La Plate-Forme, intervenue au profit de la SARL Madisec par acte authentique du 1er septembre 2020, et d'enjoindre à cette commune de fournir les plans réseaux de la parcelle D531 cédée à la société SMHLM ainsi que, après annulation de la vente consentie à la SARL Madisec, de signer à son profit l'acte authentique de vente.
Par un jugement n° 2000466 du 11 octobre 2021, le tribunal administratif de la Martinique a admis l'intervention de la société Madisec, a annulé la délibération du conseil municipal de Case-Pilote du 22 juin 2020, a enjoint à la commune de Case-Pilote de saisir le juge du contrat afin qu'il tire les conséquences de cette annulation sur la validité du contrat de cession conclu avec la société Madisec, a mis à la charge de la commune de Case-Pilote une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus des conclusions de la demande de la société JKB.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre 2021 et 22 juin 2023, la société Madisec, représentée par Me Courrech, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2000466 du 11 octobre 2021 du tribunal administratif de la Martinique ;
2°) de rejeter les demandes présentées par la société JKB devant le tribunal administratif de la Martinique ;
3°) de mettre à la charge de la société JKB une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;
- les échanges entre la commune de Case-Pilote et la société JKB, antérieurs et postérieurs à la délibération du 14 novembre 2019, révèlent qu'il n'existait pas d'accord ferme et définitif sur la vente des parcelles litigieuses ; la société JKB a poursuivi des pourparlers avec la commune et sollicité l'établissement d'une promesse unilatérale de vente, qu'elle n'a pas signée et qui comportait des conditions suspensives portant sur des éléments déterminants pour la réalisation de la vente, conditions qui figuraient déjà dans l'offre d'achat faite par la société en 2015 ; la conditions suspensive tenant à l'autorisation de la commission départementale d'aménagement commercial n'aurait pas pu être satisfaite compte tenu du nombre d'hypermarchés détenus par le groupe dont la société JKB est la filiale dans la zone de chalandise ;
- l'injonction faite au maire de Case-Pilote de saisir le juge du contrat aux fins de remettre en cause la vente conclue à son profit porte atteinte à la concurrence, composante de l'intérêt général, et ne fait que retarder encore le développement de la zone d'activité économique Plate-Forme.
Par un mémoire enregistré le 25 avril 2023, la commune de Case-Pilote, représentée par Me Dumont, s'associe aux conclusions d'appel de la société Madisec et conclut à la mise à la charge de la société JKB d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la société JKB n'avait pas une volonté sérieuse d'acquisition et que la vente ne pouvait en tout état de cause pas être réalisée.
Par un mémoire enregistré le 16 mars 2023, la société JKB, représentée par Me Nicolas, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Madisec d'une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens invoqués par la société Madisec ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 septembre 2023.
Un mémoire a été présenté pour la société JKB le 24 septembre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Par lettre du 28 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office.
Un mémoire en observations a été présenté pour la société Madisec le 4 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B A ;
- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Me Laporte, représentant la société Madisec, de Me Drouineau, représentant la société JKB et de Me Dumont représentant la commune de Case-Pilote.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 11 juin 2015, le conseil municipal de Case-Pilote a décidé, dans le cadre du projet d'aménagement de la zone d'activités économiques " Plate-Forme ", de " faire le choix de la société JKB pour l'acquisition de la parcelle n° 9 ", destinée à accueillir un centre commercial. Par une délibération du 14 novembre 2019, le conseil municipal de Case-Pilote a décidé d'autoriser le lancement des opérations de commercialisation des lots de la zone commerciale de Plate-Forme et a fixé le prix de vente à 230 euros le m2 pour les lots n° 9 et n° 11, et à 200 euros le m² pour les autres lots. Par cette même délibération, le conseil municipal a approuvé la vente des parcelles n° 9 et n° 11 à la société JKB pour un montant total de 3 655 160 euros. Toutefois, par une nouvelle délibération du 22 juin 2020, le conseil municipal de Case-Pilote, après avoir constaté qu'aucune promesse de vente n'avait été prise en faveur de la société JKB et estimé que le choix initialement porté sur cette société irait à l'encontre des intérêts de la commune, a renoncé au choix effectué par sa délibération du 11 juin 2015, a fixé de nouveaux critères de choix des offres de cession, a autorisé le maire de la commune à examiner et opérer son choix sur les offres déjà présentées ou réitérées par rapport à ces nouveaux critères, et a institué une commission pour l'examen des offres et manifestations d'intérêt présentées postérieurement à la délibération. La société JKB a demandé au tribunal administratif de la Martinique d'annuler cette dernière délibération. Par un jugement du 11 octobre 2020, le tribunal a considéré que par sa délibération du 14 novembre 2019, la commune avait conclu une vente parfaite avec la société JKB, de sorte que cette délibération était créatrice de droits au profit de la société JKB. Il en a déduit que la délibération du 22 juin 2020 avait procédé au retrait de la délibération créatrice de droits du 14 novembre 2019 au-delà du délai de quatre mois suivant son édiction, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a en conséquence annulé la délibération du 22 juin 2020 et a enjoint à la commune de Case-Pilote de saisir le juge du contrat afin qu'il tire les conséquences de cette annulation sur la validité du contrat de cession des parcelles litigieuses conclu le 1er septembre 2020 entre la commune de Case-Pilote et la société Madisec. Cette dernière relève appel de ce jugement.
2. La personne qui, devant le tribunal administratif, est régulièrement intervenue en défense à un recours pour excès de pouvoir n'est recevable à faire appel du jugement rendu sur ce recours contrairement aux conclusions de son intervention, que lorsqu'à défaut d'intervention de sa part, elle aurait eu qualité pour former tierce- opposition au jugement faisant droit à ce recours.
3. Aux termes de l'article R. 832-1 du code de justice administrative : " Toute personne peut former tierce opposition à une décision juridictionnelle qui préjudicie à ses droits, dès lors que ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été présents ou régulièrement appelés dans l'instance ayant abouti à cette décision ".
4. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la société Madisec a acquis le 1er septembre 2020 les lots n° 9 et n° 11 de la zone commerciale de Plate-Forme. En sa qualité d'acquéreur de ces parcelles, la société Madisec avait des intérêts concordants avec ceux de la commune de Case-Pilote dans le litige introduit par la société JKB relatif à la délibération précitée du conseil municipal de Case-Pilote du 22 juin 2020 remettant en cause le choix de la société JKB pour l'acquisition de ces lots. Ainsi, la société Madisec, si elle était restée étrangère au litige de première instance, aurait été regardée comme ayant été représentée par la commune de Case-Pilote dans l'instance ayant statué sur ce litige, et n'aurait dès lors pas eu qualité pour former tierce-opposition au jugement faisant droit au recours de la société JKB. Il s'ensuit que la société Madisec n'est pas recevable à faire appel du jugement du tribunal administratif de la Martinique du 11 octobre 2020.
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la société JKB, qui n'a pas dans la présente instance la qualité de partie perdante, le versement de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par la société Madisec et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la société JKB et la commune de Case-Pilote.
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DECIDE :
Article 1er : La requête de la société Madisec est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société JKB et la commune de Case-Pilote sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Madisec, à la SAS JKB et à la commune de Case-Pilote.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
M. Laurent Pouget, président,
Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente-assesseure,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2024.
La rapporteure,
B A
Le président,
Laurent Pouget La greffière,
Virginie Santana
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026