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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00279

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00279

vendredi 2 septembre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00279
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLE GUEDARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 20 juillet 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Par un jugement n° 2104352 du 7 décembre 2021, le tribunal a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 25 janvier 2022, M. A, représenté par Me Le Guédard, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de la Gironde du 20 juillet 2021 ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour dans le même délai et sous la même astreinte ;

4°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée en fait car elle ne démontre pas la prise en compte des motifs de sa séparation d'avec sa première épouse ;

- la décision a été prise sans qu'il ait pu présenter ses observations sur sa situation professionnelle et familiale actuelle, en méconnaissance du droit à être entendu consacré à l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la décision est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'elle se borne à tirer les conséquences de son divorce sans tenir compte de ce que la rupture de la vie commune ne lui était pas imputable, que contrairement à ce qu'indique la décision, sa demande de changement de statut ne résulte aucunement d'un détournement manifeste de l'objet de son visa, et que la préfète n'a pas réellement apprécié sa situation au regard de sa demande de changement de statut ;

- la préfète a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant d'examiner sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales dès lors que sa famille est dispersée et ne réside plus au Sénégal, que son épouse réside au Maroc, pays dans lequel il ne peut prétendre à un titre de séjour en l'absence de résidence régulière et de situation professionnelle établie, et qu'il démontre une intégration professionnelle et sociale exemplaire en France.

Par une décision n° 2021/027262 du 3 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais né le 12 novembre 1984, est entré en France le 8 novembre 2018 muni d'un visa D de long séjour valant titre de séjour, valable jusqu'au 6 novembre 2019, en qualité de conjoint d'une ressortissante française qu'il avait épousée le 2 mai 2018. Il a sollicité le 1er octobre 2019 un changement de statut et la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié. Son divorce a été prononcé le 7 janvier 2020, et il s'est remarié le 15 octobre 2020 avec une ressortissante marocaine au bénéfice de laquelle il a présenté une demande de regroupement familial le 1er février 2021. Par un arrêté du 20 juillet 2021, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour du 1er octobre 2019. M. A relève appel du jugement du 7 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Par une décision n° 2021/027262 du 3 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet.

Sur la légalité de l'arrêté du 20juillet 2021 :

4. En premier lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de ce que la décision de refus de titre de séjour méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'appui duquel il produit de nouvelles pièces tendant à démontrer qu'il serait dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, sa mère et ses frères et sœurs s'étant installés en Mauritanie, et que les règles d'admission des étrangers en Mauritanie, et au Maroc où réside sa seconde épouse, ne lui permettraient pas de s'installer dans ces pays. Toutefois, le droit au séjour qu'il revendique doit être apprécié au regard de la durée et de l'intensité de ses liens privés et familiaux en France. A la date de la décision contestée, M. A ne résidait que depuis trois ans sur le territoire français, était divorcé de sa première épouse de nationalité française, et sa seconde épouse, de nationalité marocaine et résidant au Maroc, ne disposait d'aucun droit au séjour en France. Ainsi, les nouvelles pièces produites en appel ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges selon laquelle le refus de titre de séjour n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

5. En second lieu, M. A reprend en appel, en termes similaires et sans critique utile du jugement, l'ensemble des autres moyens visés ci-dessus, invoqués en première instance. Il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens, auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, de les écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Monsieur B A. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 2 septembre 2022.

La présidente-assesseure de la 2ème chambre

Anne Meyer

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.

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