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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00285

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00285

mardi 7 juin 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00285
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
Formation3ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantBACHELET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D C a demandé au tribunal administratif de Toulouse d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour.

Par un jugement n° 2004871 du 14 décembre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 1er septembre 2020 et prescrit au préfet de la Haute-Garonne d'enregistrer la demande de titre de séjour présentée par M. C.

Procédure devant la cour :

I - Par une requête enregistrée le 20 janvier 2022, sous le n° 22BX00285, le préfet de la Haute-Garonne demande à la cour d'annuler ce jugement n° 2004871 du tribunal et de rejeter la demande de première instance de M. C.

Il soutient que :

- l'intervention du jugement du tribunal administratif du 24 juillet 2020 annulant l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C à la suite du rejet de sa demande d'asile ne constitue pas une circonstance de droit nouvelle au sens de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de déroger à la règle selon laquelle est irrecevable une demande de titre de séjour présentée par un étranger au-delà du délai de trois mois suivant le dépôt de la demande d'asile ;

- la notion de circonstance nouvelle employée par le législateur est réservée aux cas dans lesquels l'état de santé de l'étranger a évolué depuis le rejet de sa demande d'asile ; elle ne saurait recouvrir l'hypothèse de l'intervention d'un jugement favorable à l'étranger, lequel constitue un élément extérieur que n'a pas envisagé le législateur.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, M. C, représenté par Me Bachelet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature pour déposer le mémoire d'appel. Au fond, il soutient que tous les moyens de la requête doivent être écartés comme infondés.

M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 31 mars 2022.

II - Par une requête enregistrée le 20 janvier 2022, sous le n° 22BX00286, le préfet de la Haute-Garonne demande à la cour d'ordonner le sursis à exécution du jugement n° 2004871 du tribunal administratif de Toulouse.

Il soutient que l'erreur de droit commise par le tribunal dans l'application des dispositions de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile constitue un moyen sérieux justifiant le prononcé du sursis à exécution du jugement.

Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, M. C, représenté par Me Bachelet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de celles de l'article 37-2 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation de signature pour déposer le mémoire d'appel. Au fond, il soutient que tous la requête est infondée.

M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 31 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B A a été entendu au cours de l'audience publique :

Considérant ce qui suit :

1. M. C est un ressortissant géorgien né le 6 mars 1981 qui est entré en France, selon ses déclarations, en juillet 2018, pour y déposer une demande d'asile. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 18 septembre 2018 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 20 mars 2019. Le 1er août 2019, M. C a sollicité le réexamen de sa demande d'asile mais l'OFPRA a rejeté sa demande comme irrecevable par une décision du 23 décembre 2019 que la CNDA a confirmée le 17 juin 2020. Le 25 août 2020, M. C a adressé en préfecture de la Haute-Garonne une demande de titre de séjour pour raison de santé sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 1er septembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande de titre de séjour comme irrecevable. Saisi par M. C, le tribunal administratif de Toulouse a, par jugement du 14 décembre 2021, annulé la décision du 1er septembre 2020 et prescrit au préfet d'enregistrer la demande de titre de séjour. Le préfet de la Haute-Garonne relève appel de ce jugement.

Sur la fin de non-recevoir opposée aux requêtes n° 22BX00285 et 22BX00286 :

2. Il ressort des dispositions de l'arrêté du 20 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du 21 septembre 2021, que l'adjointe à la cheffe de bureau des étrangers, signataire de la requête, s'est vu délivrer, par le préfet de ce département, une délégation de signature à l'effet de signer, notamment, les requêtes en appel portant sur le contentieux des étrangers. Par suite, la fin de non-recevoir doit être écartée.

Sur la requête n° 22BX00285 :

En ce qui concerne le bien-fondé du jugement attaqué :

3. Aux termes de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile issu de l'article 44 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 : " Lorsqu'un étranger a présenté une demande d'asile () l'autorité administrative, après l'avoir informé des motifs pour lesquels une autorisation de séjour peut être délivrée et des conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements à ce stade, l'invite à indiquer s'il estime pouvoir prétendre à une admission au séjour à un autre titre et, dans l'affirmative, l'invite à déposer sa demande dans un délai fixé par décret. Il est informé que, sous réserve de circonstances nouvelles, notamment pour des raisons de santé, et sans préjudice de l'article L. 511-4, il ne pourra, à l'expiration de ce délai, solliciter son admission au séjour. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent article. ". Aux termes de l'article R. 311-37 du même code : " Lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, l'administration remet à l'étranger, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, une information écrite relative aux conditions d'admission au séjour en France à un autre titre que l'asile et aux conséquences de l'absence de demande sur d'autres fondements que ceux qu'il aura invoqués dans le délai prévu à l'article D. 311-3-2. ". Aux terme de l'article R. 311-38 de ce code : " A compter de la délivrance de l'information mentionnée à l'article R. 311-37, le demandeur d'asile qui souhaite introduire une demande de titre de séjour sur un autre fondement doit le faire dans le délai prévu au même article D. 311-3-2 () ". Aux termes de l'article R. 311-39 : " Lorsque la demande d'asile a été définitivement rejetée, le préfet prend, sans délai, une décision sur la demande de titre de séjour. ". Enfin, l'article D. 311-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Pour l'application de l'article L. 311-6, les demandes de titres de séjour sont déposées par le demandeur d'asile dans un délai de deux mois. Toutefois, lorsqu'est sollicitée la délivrance du titre de séjour mentionné au 11° de l'article L. 313-11, ce délai est porté à trois mois. ".

4. Pour rejeter comme irrecevable la demande de titre de séjour de M. C, le préfet a relevé, dans la décision en litige du 1er septembre 2020, que ce dernier avait présenté cette demande le 25 août 2020, soit postérieurement au délai de trois mois, prévu par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à compter du 1er août 2019, date à laquelle M. C avait sollicité le réexamen de sa demande d'asile et reçu à cette occasion l'information requise par les dispositions précitées.

5. Par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 1er septembre 2020 au motif que l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C le 25 mai 2020, après le rejet de sa demande de réexamen, avait été annulée par un jugement n° 2002547 du tribunal du 24 juillet 2020, lequel constituait une circonstance nouvelle, au sens de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, permettant à l'intéressé de déposer une demande de titre de séjour pour raison de santé sans que lui soit opposable le délai de trois mois à compter du dépôt de sa demande de réexamen.

6. Il résulte du paragraphe IV de l'article 71 de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, que son article 44, dont sont issues les dispositions précitées de l'article L. 311-6, s'applique aux demandes d'asile déposées à compter du 1er mars 2019.

7. Aux termes de l'article L. 723-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure () ". Aux termes de l'article L. 723-16 du même code : " A l'appui de sa demande de réexamen, le demandeur indique par écrit les faits et produit tout élément susceptible de justifier un nouvel examen de sa demande d'asile. L'office procède à un examen préliminaire des faits ou des éléments nouveaux présentés par le demandeur intervenus après la décision définitive prise sur une demande antérieure ou dont il est avéré qu'il n'a pu en avoir connaissance qu'après cette décision. Lors de l'examen préliminaire, l'office peut ne pas procéder à un entretien. Lorsque, à la suite de cet examen préliminaire, l'office conclut que ces faits ou éléments nouveaux n'augmentent pas de manière significative la probabilité que le demandeur justifie des conditions requises pour prétendre à une protection, il peut prendre une décision d'irrecevabilité. ". Aux termes de l'article R. 723-15 du même code : " Lorsque dans les cas et conditions prévues à l'article L. 723-15, la personne intéressée entend présenter une demande de réexamen, elle doit procéder à une nouvelle demande d'enregistrement auprès du préfet compétent. Les dispositions de l'article R. 723-1 sont applicables pour introduire, à la suite de cet enregistrement, la demande d'asile auprès de l'office. () ".

8. Il résulte de ces dispositions que, pour l'application de l'article L. 311-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de réexamen, qui est nécessairement présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure, constitue une nouvelle demande d'asile. Il est constant que M. C, s'il a présenté une demande d'asile le 5 juillet 2018, date à laquelle les dispositions citées au point 3 n'étaient pas applicables, a sollicité, après le rejet définitif de celle-ci, le réexamen de son droit à l'asile le 1er août 2019, soit postérieurement au 1er mars 2019. Par suite, les dispositions des articles L. 311-6, R. 311-37 et suivants et D. 311-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vertu desquelles la demande de titre de séjour sur un fondement autre que l'asile doit être présentée dans un délai de trois mois, étaient applicables à M. C lorsqu'il a déposé sa demande de réexamen dès lors qu'à cette occasion, il a reçu les informations prévues aux articles L. 311-6, R. 311-37 et suivants et D. 311-3-2.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C a, le 15 juin 2020, saisi le tribunal administratif de Toulouse d'une demande d'annulation de l'arrêté du 25 mai 2020 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français après que l'OFPRA eut rejeté sa demande de réexamen par une décision du 23 décembre 2019. Par un jugement n° 2002547 du 24 juillet 2020, confirmé en appel, le tribunal a annulé l'obligation de quitter le territoire français pour avoir méconnu les dispositions du 10° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, en vertu desquelles une telle mesure ne peut être édictée à l'encontre d'un étranger dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui ne peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

10. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, pour annuler l'obligation de quitter le territoire français du 25 mai 2020, le tribunal, dans son jugement n° 2002547 du 24 juillet 2020, s'est fondé sur deux certificats médicaux établis les 21 et 30 octobre 2019. Contrairement à ce qu'ont estimé les premiers juges, la circonstance nouvelle qui aurait permis à M. C de déposer sa demande de titre sans que le délai de trois mois à compter du 1er août 2019 lui soit opposable n'était pas constituée par ce jugement n° 2002547 annulant l'obligation de quitter le territoire français. Une telle circonstance aurait pu, en revanche, être constituée par les certificats médicaux des 21 et 30 octobre 2019, lesquels décrivaient précisément l'état de santé de M. C, ce qui lui permettait de déposer sa demande de titre pour raison de santé à la condition de le faire dans le délai de trois mois suivant l'émission de ces certificats. Il est constant que M. C n'a pas respecté ce délai dès lors qu'il a déposé sa demande de titre le 25 août 2020 seulement.

11. Dès lors, le préfet de la Haute-Garonne est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 1er septembre 2020 pour le motif rappelé au point 5 ci-dessus.

12. Il y a lieu pour la cour, saisie du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés en première instance par M. C.

En ce qui concerne les autres moyens soulevés en première instance :

13. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 2 avril 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour, la cheffe du bureau de l'admission au séjour des étrangers a reçu délégation aux fins, notamment, de signer la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit ainsi être écarté.

14. En deuxième lieu, il ressort des pièces que M. C s'est vu remettre, le 1er août 2019, les éléments l'informant de son droit à déposer une demande de titre de séjour sur un fondement autre que l'asile dans le délai légal de trois mois à compter de la délivrance de cette information. Le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas été destinataire des informations prévues aux articles L. 331-6, R. 311-37, R. 311-38 et D. 311-3-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile manque en fait.

15. En troisième lieu, il ressort des motifs de la décision attaquée que le préfet a rejeté la demande de M. C comme irrecevable au motif qu'elle avait été présentée au-delà du délai de trois mois à compter du 1er août 2019, date à laquelle l'information prévue à l'article L. 311-6 lui avait été apportée. Le préfet y a précisé que M. C n'avait pas justifié d'un élément nouveau qui serait survenu depuis l'expiration du délai. Par ailleurs, l'article L. 311-6 et les dispositions réglementaires qui en assurent l'application ont été cités dans la décision. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

16. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et des motifs de la décision en litige, que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. C avant de prendre sa décision.

17. En dernier lieu, eu égard au motif qui fonde la décision contestée, tiré seulement de la tardiveté de la demande de titre, M. C ne peut utilement soutenir qu'en prenant l'arrêté en litige, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son état de santé.

18. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de première instance de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.

Sur la requête n° 22BX00286 :

19. Le présent arrêt statuant sur la demande d'annulation du jugement du tribunal administratif de Toulouse, les conclusions de la requête n° 22BX00286 tendant au sursis à exécution de ce jugement sont devenues sans objet.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37- 2 de la loi du 10 juillet 1991 :

20. Le préfet n'étant pas la partie perdante à l'instance, les conclusions de M. C présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

DECIDE

Article 1er : Le jugement n° 2004871 du 14 décembre 2021 du tribunal administratif de Toulouse est annulé.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête n° 22BX00286.

Article 3 : La demande de première instance et les conclusions présentées en appel par M. C sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié au ministre de l'intérieur et à M. D C. Copie pour information en sera délivrée au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2022 à laquelle siégeaient :

M. Didier Artus, président,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2022.

Le rapporteur,

Frédéric A

Le président,

Didier Artus

Le greffier,

Anthony Fernandez

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt., 22BX00286

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