mardi 10 mai 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00317 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | SELAS TSHEFU DUBOISSET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'organisation des producteurs éleveurs de Guyane (OPEG) a demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de l'environnement, de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt de la préfecture de la Guyane a refusé de lui délivrer l'agrément pour l'accès aux aides au titre des mesures en faveur des productions agricoles du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité (POSEI) 2020 en matière de " structuration de l'élevage (hors transformation) ".
Par une ordonnance n° 2101071 du 26 octobre 2021, le président du tribunal administratif de la Guyane a donné acte du désistement d'office de sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 28 janvier 2022, l'OPEG représentée par Me Tshefu, demande à la cour d'annuler l'ordonnance du président du tribunal administratif de la Guyane du 26 octobre 2021 et de renvoyer l'affaire à ce tribunal afin qu'il y soit statué au fond.
Elle soutient que :
- sa requête d'appel est recevable ;
- elle ne pouvait être considérée comme s'étant désistée de sa requête au fond, en application des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, dès lors qu'elle avait introduit un pourvoi en cassation contre l'ordonnance du 19 août 2021 rendue par le juge des référés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2022, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation indique s'en remettre à la sagesse de la cour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A B,
- et les conclusions de Mme Cécile Cabanne, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'OPEG a demandé au tribunal administratif de la Guyane d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur de l'environnement, de l'agriculture, de l'alimentation et de la forêt de la préfecture de la Guyane a refusé de lui délivrer l'agrément pour l'accès aux aides au titre des mesures en faveur des productions agricoles du POSEI 2020 en matière de " structuration de l'élevage (hors transformation) ". Par une ordonnance du 19 août 2021, sa demande de référé suspension formée à l'encontre de cette décision a été rejetée. Par une ordonnance du 26 octobre 2021, le président du tribunal administratif de la Guyane a donné acte du désistement d'office du recours pour excès de pouvoir de l'organisation sur le fondement de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, au motif que l'intéressée ne s'était pas pourvue en cassation contre l'ordonnance rendue par le juge des référés et qu'elle n'avait pas confirmé le maintien de sa requête dans le délai d'un mois mentionné dans le courrier de notification de l'ordonnance du juge des référés. L'OPEG relève appel de cette ordonnance.
2. D'une part, aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 523-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation contre les ordonnances rendues par le juge des référés en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 est présenté dans les quinze jours de la notification qui en est faite en application de l'article R. 522-12. ". Aux termes de l'article R. 821-2 du même code : " Les dispositions de l'article R. 811-5 sont applicables aux recours en cassation. ". Aux termes de l'article R. 811-5 de ce code : " Les délais supplémentaires de distance prévus à l'article R. 421-7 s'ajoutent aux délais normalement impartis. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 421-7 du même code : " Lorsque la demande est portée () devant le Conseil d'Etat (), le délai de recours () est augmenté d'un mois pour les personnes qui demeurent () en Guyane () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que l'OPEG, qui a son siège en Guyane, a présenté un pourvoi en cassation, enregistré au greffe du secrétariat de la section du contentieux du Conseil d'Etat le 1er octobre 2021, à l'encontre de l'ordonnance n° 2101072 du 19 août 2021 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de la Guyane, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté sa requête tendant à ce qu'il soit ordonné la suspension de l'exécution de la décision en litige. Ce pourvoi a été formé à l'intérieur du délai qui était imparti à l'organisation pour ce faire, compte tenu de la prolongation du délai de présentation du pourvoi par le délai de distance. Par suite, l'intéressée n'était pas tenue de confirmer son recours pour excès de pouvoir à l'encontre de cette décision et est, dès lors, fondée à soutenir que c'est à tort que par l'ordonnance du 26 octobre 2021 attaquée, le président du tribunal administratif de la Guyane a donné acte de son désistement d'office sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative. Ainsi, l'ordonnance attaquée est entachée d'irrégularité et doit être annulée.
5. En l'absence de conclusions sur le fond présentées en appel par les parties, il y a lieu de renvoyer l'OPEG devant le tribunal administratif de la Guyane pour qu'il soit à nouveau statué sur sa demande.
DECIDE :
Article 1er : L'ordonnance n° 2101071 du 26 octobre 2021 du président du tribunal administratif de la Guyane est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée devant le tribunal administratif de la Guyane.
Article 3: Le présent arrêt sera notifié à l'organisation des producteurs éleveurs de Guyane et au ministre de l'agriculture et de l'alimentation.
Délibéré après l'audience du 5 avril 2022 à laquelle siégeaient :
Mme Evelyne Balzamo, présidente,
M. Dominique Ferrari, président-assesseur,
M. Michaël Kauffmann, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2022.
Le rapporteur,
Michaël B La présidente,
Evelyne BalzamoLe greffier,
Fabrice Phalippon
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de l'alimentation en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026