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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX00785

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX00785

lundi 30 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX00785
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantKARAKUS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 22 juin 2021 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Par un jugement n° 2101587 du 15 décembre 2021, le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2022, M. A, représenté par Me Karakus, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 15 décembre 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 juin 2021 du préfet de la Haute-Vienne ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Haute-Vienne de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté en litige est insuffisamment motivé dès lors que les arguments du préfet de la Haute-Vienne sont stéréotypés ;

- le préfet de la Haute-Vienne ne justifie pas avoir procédé à un examen sérieux et circonstancié de sa situation, notamment de ses attaches personnelles et familiales en France ;

- la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour méconnaît le 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa famille réside en France et qu'il est intégré ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français aura des conséquences graves et disproportionnées sur son droit à la vie privée et familiale.

Par une décision n° 2021/027387 du 10 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B A, ressortissant algérien, est entré en France en septembre 2013 muni d'un visa de court séjour. Le 13 novembre 2020, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 22 juin 2021, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. A relève appel du jugement du 15 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, si M. A, qui est entré en France à l'âge de 31 ans et qui n'a cherché à régulariser sa situation que sept ans après son entrée sur le territoire, produit en appel des attestations de ses sœurs ainsi qu'une attestation de présence à une formation d'une journée organisée par la Croix-Rouge française et une attestation du Secours populaire, ces éléments, peu circonstanciés, qui se bornent à faire état de contacts qu'il entretiendrait avec ses sœurs et d'une participation en tant que bénévole à des activités, ne sont pas suffisants pour considérer qu'il disposerait, en France, de liens d'une nature ou d'une intensité particulières. Dans ces conditions, les décisions contestées ne peuvent être regardées comme portant à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée alors même qu'il réside en France depuis 2013, qu'il s'exprime correctement en français et qu'il suit des cours. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

4. En second lieu, M. A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance énoncés ci-dessus. Il n'apporte cependant aucun autre élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce utile à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Haute-Vienne.

Fait à Bordeaux, le 30 janvier 2023.

La magistrate désignée

Marianne Hardy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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