jeudi 5 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX00932 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AYMARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2021 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2105296 du 6 décembre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 23 mars 2022, M. A, représenté par Me Aymard, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 6 décembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 septembre 2021 du préfet de Lot-et-Garonne ;
3°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, ou à tout le moins, de réexaminer sa situation dans ce même délai, et de le munir dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la situation particulière de précarité des époux, dont les attestations qu'il produits en témoignent, justifiait que, lors de l'enquête menée par les services de police, il ne se trouvait pas au domicile de son épouse et effectuait des séjours en région parisienne où il était hébergé ; dès lors, le préfet et le tribunal ont méconnu l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en considérant à tort une absence de communauté de vie alors que la jurisprudence admet que cette dernière est d'abord fondée sur une volonté de partage, une affection réciproque et, si les circonstances matérielles le permettent, une cohabitation ;
- la mesure d'éloignement est privée de base légale compte tenu de l'illégalité affectant le refus de séjour ;
- cette décision a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il établit que le centre de ses intérêts privés et familiaux se situent sur le territoire français.
Par une décision du 17 février 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. A, ressortissant sénégalais né en 1973, relève appel du jugement du 6 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 8 septembre 2021 du préfet de Lot-et-Garonne refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi.
3. En premier lieu, les pièces nouvelles produites en appel par M. A concernant la communauté de vie de son couple sont postérieures à l'arrêté en litige et ne permettent pas de démontrer celle-ci ou la nécessité, notamment professionnelle, de domiciles effectifs séparés à la date de l'arrêté en litige. Ces éléments n'apparaissent pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en relevant notamment que les documents produits en première instance sont impropres, à eux seuls, à remettre en cause les constatations faites par les services de police, d'où il résulte que l'intéressé ne vivait pas de manière effective au domicile conjugal. Il ne ressort pas des pièces du dossier que que la résidence séparée des époux serait justifiée par un motif tiré de l'exercice d'une activité salariée, le requérant indiquant qu'il réside chez une cousine en région parisienne alors qu'il ne travaille pas et n'a pas de revenu. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait méconnu l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
4. En second lieu, M. A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance. Il n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif de Bordeaux a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions en injonction de M. A ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera transmise pour information au préfet de Lot-et-Garonne.
Fait à Bordeaux, le 5 janvier 2023.
Marianne Hardy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.