mercredi 26 octobre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01085 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP ASTIE-BARAKE-POULET-MEYNARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision du 21 mai 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer une carte de résident.
Par un jugement n° 2104709 du 8 février 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 avril et 12 juillet 2022, Mme A, représentée par Me Astié, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 8 février 2022 ;
2°) d'annuler la décision du 21 mai 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une carte de résident, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, le tout dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'incompétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est mère d'un enfant français dont le père contribue à l'éducation et à l'entretien ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/003333 du 17 mars 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A, ressortissante togolaise, est entrée en France le 4 juin 2013. Elle a bénéficié d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français le 5 mai 2017. A l'occasion de l'examen de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, accompagnée d'une demande de carte de résident valable dix ans, la préfète de la Gironde lui a accordé un titre de séjour mention " vie privée et familiale " pluriannuel valable jusqu'au 25 mai 2023 mais a refusé de lui délivrer une carte de résident. Elle relève appel du jugement du 8 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 21 mai 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer une carte de résident.
3. D'une part, Mme A reprend en appel ses moyens de première instance tirés de ce que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation. Elle soutient qu'elle a informé la préfecture qu'une procédure en vue de la fixation d'une contribution du père à l'entretien et à l'éducation de l'enfant était pendante devant le juge aux affaires familiales, que dans la mesure où le père de l'enfant dispose de revenus et que la filiation entre le père et l'enfant ne fait pas de doute, la fixation de cette contribution interviendra de manière certaine, et que la délivrance d'une carte de résident lui serait en conséquence plus favorable. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, ainsi que l'ont d'ailleurs relevé les premiers juges, qu'à la date de la décision contestée du 21 mai 2021, Mme A ne remplissait pas les conditions fixées à l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour se voir délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant français dès lors que même si elle avait engagé une procédure judiciaire pour obtenir la fixation d'une pension alimentaire, elle ne pouvait justifier que le père de l'enfant contribue à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. La circonstance selon laquelle la requérante produit, en cours de procédure d'appel, le jugement du 5 juillet 2022 du juge aux affaires familiales fixant à 100 euros par mois la pension alimentaire du père, qui n'a au demeurant pas comparu, est sans incidence sur la légalité de la décision de la préfète qui doit être appréciée à la date de son édiction. Dès lors, les moyens précités ne peuvent qu'être écartés.
4. D'autre part, Mme A reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Elle n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 26 octobre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.