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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01132

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01132

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01132
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantRENNER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n°2102784 du 18 mars 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 20 avril 2022, Mme B, représentée par Me Renner, demande à la cour :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 18 mars 2022 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2021 de la préfète de la Vienne ;

4°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de travail, ou de procéder au réexamen de sa situation avec délivrance d'une autorisation provisoire de séjour et de travail, l'ensemble dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à verser en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est entaché d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une erreur d'appréciation ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle est mariée depuis plus de vingt-huit ans avec un ressortissant algérien résidant régulièrement en France avec qui elle a eu deux enfants, aujourd'hui majeurs, attestant ainsi de l'ancienneté de ces liens sur le territoire national, qu'elle ne peut à l'âge de soixante ans se voir reprocher son absence d'insertion professionnelle, et que sa présence aux côtés de son mari est nécessaire en raison de sa santé fragile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation pour les mêmes raisons ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en raison de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que l'exécution de la décision l'éloignerait de son époux, résidant en France, avec qui elle est mariée depuis vingt-huit ans et qui, en raison d'un état de santé fragile, nécessite sa présence à ses côtés ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale dès lors que la décision qui la fonde, l'obligation de quitter le territoire français est elle-même entachée d'illégalité.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/006545 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 12 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme B, ressortissante algérienne née en novembre 1961, est entrée sur le territoire français le 1er février 2019 sous couvert d'un visa de court séjour et s'y est maintenue à l'expiration de celui-ci. Le 26 avril 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en faisant valoir ses liens personnels et familiaux en France. Par l'arrêté contesté du 23 septembre 2021, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Elle relève appel du jugement du 18 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté précité.

En ce qui concerne l'aide juridictionnelle :

3. Par une décision n° 2022/006545 du 12 mai 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

En ce qui concerne la régularité du jugement :

4. Si Mme B soutient que le jugement attaqué est entaché d'une dénaturation des pièces du dossier et d'une erreur d'appréciation, ces circonstances, dès lors que l'intéressée n'évoque ni une omission à statuer sur ses conclusions ni un défaut de réponse à un moyen, relèvent du bien-fondé du jugement attaqué et non de sa régularité. Le moyen tiré de l'irrégularité du jugement doit être écarté.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :

5. Mme B, en reprenant dans des termes identiques les moyens soulevés en première instance sans aucune critique du jugement, ni pièce nouvelle, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont pertinemment répondu aux moyens susvisés. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celle tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Vienne.

Fait à Bordeaux, le 14 octobre 2022.

Luc DEREPAS

La République mande et ordonne au Ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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