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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01236

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01236

jeudi 5 janvier 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01236
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantHUGON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2105875 du 15 février 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2022, M. B, représenté par

Me Hugon, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 15 février 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2021 de la préfète de la Gironde ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour temporaire avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de " 1 500 euros hors taxes, soit

1 813 euros TVA et droits de plaidoirie compris " à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le tribunal a écarté à tort ses moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'ingérence excessive dans le respect de son droit à la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il vit depuis 2015 en France où il est entré à l'âge de seize ans, qu'il y a obtenu un baccalauréat tout en développant une activité sportive et sociale importante, et qu'il n'a plus d'attaches en Azerbaïdjan dès lors que son père est décédé ;

- la préfète a entaché son refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il remplit l'ensemble des conditions énoncées dans la circulaire ministérielle du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour des étrangers en situation irrégulière ;

- la mesure d'éloignement est privée de base légale en raison des illégalités entachant le refus de séjour ;

- cette décision a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de ce qui précède ;

- l'illégalité des décisions de refus de séjour et d'obligation de quitter le territoire entraîne nécessairement celle de la décision fixant le pays de renvoi.

Par une décision n° 2022/004608 du 31 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cour administrative d'appel, Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant azerbaïdjanais né en 1998, est entré en France en 2015 à l'âge de seize ans en compagnie de sa mère et de son frère cadet et a présenté une demande d'asile. Le rejet de cette demande par l'Office français de protection de réfugiés et apatride a été confirmé par la Cour nationale du droit d'asile le 30 décembre 2019. Il a alors sollicité le 10 février 2020 un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale et des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 14 octobre 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 15 février 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, les nouvelles attestations produites en appel par l'intéressé concernant sa vie privée et familiale sont peu circonstanciées et ne sont ainsi pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a écarté les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa privée et familiale et de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en relevant, à juste titre, que si M. B se prévalait de sa présence en France depuis le mois de janvier 2015, de sa scolarisation réussie en France, de son statut de sportif de haut niveau et de sa participation au championnat de France de sambo, ainsi que de la présence en France de sa mère et de son frère, mineur et lourdement handicapé, il n'était pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de dix-sept ans, il ne disposait pas d'autres attaches personnelles ou familiales en France, en dehors de sa mère, qui a fait l'objet d'une mesure d'éloignement en 2018 devenue définitive, et de son frère mineur, qui n'a pas vocation à être séparé de sa mère, et il ne démontrait pas davantage qu'il ne pourrait pas poursuivre sa scolarité ainsi que la pratique du sambo en Azerbaïdjan. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

4. En deuxième lieu, dès lors qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation, il ne peut utilement se prévaloir des orientations générales contenues dans la circulaire du ministre de l'intérieur du 28 novembre 2012 pour l'exercice de ce pouvoir. Par suite le moyen nouveau soulevé en appel, tiré de ce que la préfète de la Gironde aurait entaché son refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation alors qu'il remplissait les conditions énoncées dans cette circulaire, doit être écarté.

5. En troisième et dernier lieu, M. B reprend sans critique du jugement ni pièce nouvelle et dans des termes identiques à ceux évoqués en première instance, les autres moyens invoqués devant le tribunal. Il n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a pertinemment répondu à ces moyens. Par suite, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et au versement des frais de plaidoirie.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B.

Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 5 janvier 2023.

Marianne Hardy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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