mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01240 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SANCHEZ-RODRIGUEZ |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement no 2200100 du 31 mars 2022, la présidente du tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 2 mai 2022, M. A, représenté par Me Sanchez Rodriguez, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Pau du 31 mars 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2022 du préfet des Pyrénées-Atlantiques ;
3°) d'enjoindre au préfet des Pyrénées-Atlantiques de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet a entaché l'arrêté en litige d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une insuffisante motivation dès lors que l'accord franco-sénégalais n'y est pas visé ;
- la décision méconnait l'intérêt supérieur de son enfant en bas âge alors que la mère de celui-ci dispose d'une carte de résident. Les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant et l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ont ainsi été méconnus ;
- la décision accordant un délai de départ volontaire est privée de base légale compte tenu des illégalités affectant la mesure d'éloignement ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il se retrouverait immanquablement séparé de son enfant en cas de retour dans son pays d'origine.
Le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux, par une décision n° 2022/006614 du 15 septembre 2022, a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- l'accord franco-sénégalais relatif à la gestion concertée des flux migratoires ;
- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil en date du 16 décembre 2008 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de ordonnance des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
2. M. A, ressortissant sénégalais né en 1984, est entré irrégulièrement en France via l'Espagne le 29 mars 2019, selon ses déclarations. Interpellé par les services de police le 17 janvier 2022, il a fait l'objet le même jour d'un arrêté par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du 31 mars 2022 par lequel le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. M. A reprend, dans des termes identiques et sans critique utile du jugement, les moyens invoqués en première instance énoncés ci-dessus. Il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens, notamment sur l'ancienneté de sa relation et la communauté de vie avec sa compagne, auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à juste titre par la présidente du tribunal administratif de Pau.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions de M. A aux fins d'injonction et tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A. Une copie sera adressée pour information au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Fait à Bordeaux, le 16 novembre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.