mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01252 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | AYMARD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2104112 du 28 octobre 2021, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 2 mai 2022, M. B, représenté par Me Aymard, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 28 octobre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai, et de le munir d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler pendant le délai de réexamen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de séjour en litige est entaché d'un défaut de motivation dans la mesure où la lecture de l'arrêté révèle que la préfète n'a à aucun moment envisagé de faire usage de son pouvoir discrétionnaire dont elle dispose pour apprécier l'opportunité d'une régularisation par le travail, ce qui montre un défaut d'examen circonstancié de sa situation personnelle ;
- l'administration a entaché son refus de séjour d'une erreur de droit ;
- ce refus est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa vie personnelle dès lors qu'il vit depuis plus de quatre ans à la date de l'arrêté en litige en France où résident son père depuis 2004 et deux de ses frères, et où il travaille en qualité de pizzaiolo dont il justifie d'une formation et d'une expérience significative dans le secteur de la restauration ;
- la mesure d'éloignement est privée de base légale compte tenu des illégalités affectant le refus de séjour ;
- cette décision contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte tenu de ce qui précède et dès lors que le centre de ses intérêts se situe sur le territoire français.
Par une décision n° 2021/025826 du 17 mars 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 24 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant tunisien né en 1996, est entré en France selon ses dires en janvier 2017. Il a présenté le 29 octobre 2020 auprès de la préfète de la Gironde une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de son activité salariée. Par un arrêté du 30 avril 2021, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 28 octobre 2021 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. M. B, en reprenant dans des termes identiques les moyens soulevés en première instance susvisés sans critique utile du jugement ni pièce nouvelle, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont suffisamment et pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 16 novembre 2022.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.