lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01436 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Avocat requérant | THIAM |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler, d'une part, l'arrêté du 29 avril 2022 par lequel la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et, d'autre part, l'arrêté du même jour par lequel cette même autorité l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2202426 du 5 mai 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 23 mai 2022, M. A, représenté par Me Thiam, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 5 mai 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 de la préfète de la Gironde ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision de refus de lui accorder un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée et est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation dès lors que le risque qu'il se soustraie à la mesure d'obligation de quitter le territoire français n'est pas avéré ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans méconnaît les dispositions de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'une erreur d'appréciation de sa situation en ce que les motifs invoqués par la préfète sont erronés, qu'il ne s'oppose pas à tout retour dans son pays d'origine, qu'il n'est pas sans domicile fixe et peut parfaitement justifier de la nature ainsi que de l'ancienneté de ses liens avec la France.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/008096 du 9 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Marianne Hardy, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant sénégalais, relève appel du jugement du 5 mai 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 avril 2022 de la préfète de la Gironde lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le Sénégal comme pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
3. M. A reprend en appel dans des termes similaires et sans critique utile du jugement ses moyens de première instance visés ci-dessus. Il fait notamment valoir, au soutien de sa demande tendant à l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, qu'il n'est pas sans domicile fixe sur le territoire, qu'il a vécu en concubinage avec Mme B durant plusieurs années, que cette dernière a établi un testament à son bénéfice le désignant légataire universel, qu'à son décès, il s'est maintenu dans les lieux, qu'il s'acquitte de la contribution à l'audiovisuel public et qu'une procédure judiciaire est en cours devant le tribunal judiciaire de Bordeaux aux fins d'entrée en possession. S'il produit en appel pour en justifier la copie du testament manuscrit rédigé en 2016 par Mme B ainsi que la copie de l'avis de redevance audiovisuelle de l'année 2020 établi en 2021 à son propre nom à l'adresse figurant sur le document manuscrit, ces documents ne permettent pas, à eux seuls, d'établir la réalité de sa relation de concubinage avec Mme B ni qu'il disposerait du droit de se maintenir dans ce domicile, alors qu'il ressort également des pièces du dossier que M. A a produit une attestation indiquant qu'il serait hébergé depuis le 8 mars 2022 chez M. N'Diaye dont l'adresse est différente. Dès lors, M. A n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau de nature à remettre en cause les réponses suffisantes et pertinentes qui ont été apportées par le tribunal aux moyens qu'il a invoqués. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 9 janvier 2023.
Marianne Hardy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.