mardi 23 août 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX01527 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2021 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a rejeté sa demande d'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2103247 du 29 avril 2022, le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 30 mai 2022, et un mémoire en production de pièces enregistré le 19 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Bedouret, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 29 avril 2022 du tribunal administratif de Pau ;
2°) d'annuler l'arrêté préfectoral du 8 novembre 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées de lui délivrer un titre de séjour à raison de son état de santé ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ni le jugement attaqué, ni l'arrêté préfectoral ne font référence à son état de santé ;
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- aucune précision n'a été portée à sa connaissance ni à la connaissance du tribunal sur l'offre de soins dont elle pourrait disposer en Arménie de façon efficiente et accessible ;
- le défaut de motivation de l'arrêté révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; aucun élément ne justifie que le collège de médecin de l'OFII ait émis, 20 novembre 2020, un avis selon lequel elle ne pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, puis, le 22 octobre 2021, un avis dans un sens contraire ; l'avis n'est assorti d'aucune précision ; il en va de même de l'arrêté ; elle produit des éléments démontrant qu'elle doit être suivie médicalement en France ; la plupart des traitements anti-cancéreux ont un coût prohibitif en Arménie et leur approvisionnement n'est pas garanti ; les contrôles réguliers nécessaires ne sont pas pris en charge et elle ne peut pas travailler pour régler le coût d'un suivi médical et d'un traitement ;
- la mesure méconnaît également l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle ne dispose quasiment plus de liens familiaux en Arménie ;
- la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale dès lors que la mesure d'obligation de quitter le territoire français est illégale ; il en va de même de la décision refusant un délai de départ volontaire ;
- cette décision est également insuffisamment motivée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, par ordonnance () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A B, ressortissante arménienne née le 6 novembre 1970, est entrée régulièrement en France le 24 février 2020. Elle a présenté, le 2 mars 2020, une demande d'asile qui a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 juin 2021. Le recours de Mme B contre cette décision a été rejeté par la Cour nationale du droit d'asile le 24 septembre 2021. Le 1er septembre 2020, elle a déposé parallèlement une demande de titre de séjour à raison de son état de santé. Sur avis favorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 20 novembre 2020 indiquant la nécessité de soins durant 9 mois, elle a obtenu la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour valable du 1er décembre 2020 au 31 mai 2021. Après avoir à nouveau consulté le collège de médecin de l'OFII, le préfet des Hautes-Pyrénées, par arrêté du 8 novembre 2021, a rejeté sa demande de titre de séjour, a prononcé à l'encontre de l'intéressée une mesure d'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B fait appel du jugement du 29 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 8 novembre 2021.
Sur la régularité du jugement :
3. Les premiers juges, alors même qu'ils n'ont pas explicité les soins médicaux dont pourrait bénéficier Mme B dans son pays d'origine, ont suffisamment exposé les motifs pour lesquels ils ont écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le jugement est suffisamment motivé.
Sur la légalité de l'arrêté du 8 novembre 2021 :
4. Ainsi que l'ont relevé les premiers juges, la décision contestée qui vise les textes dont il est fait application, rappelle la teneur de l'avis du collège des médecins de l'OFII du 22 octobre 2021, indique que si l'intéressée présente un état de santé nécessitant une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle pourrait toutefois bénéficier d'un traitement approprié au regard de l'offre de soins et des caractéristiques du système de santé en Arménie et pourrait voyager sans risque vers son pays d'origine et indique également que l'intéressée, entrée en France depuis seulement un an et neuf mois, célibataire et sans charge de famille connue, n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine, où réside sa mère, et ne se prévaut donc pas de liens personnels et familiaux intenses suffisamment anciens et stables pour prétendre bénéficier des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'arrêté précise par ailleurs que la mesure d'éloignement est prise sur le fondement des 3° et 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les conditions dans lesquelles la demande d'asile de Mme B a été rejetée. Enfin, l'arrêté indique que Mme B n'établit pas que sa vie ou sa liberté seraient menacées en Arménie ni qu'elle y serait exposée à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. L'arrêté est ainsi suffisamment motivé, alors même qu'il ne comporte pas de précision sur la disponibilité des soins dont pourrait bénéficier Mme B en Arménie.
5. Ni les termes de l'arrêté contesté ni aucun autre élément du dossier ne traduisent un défaut d'examen réel et sérieux par le préfet de la situation de Mme B.
6. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.
7. Les documents produits en première instance et en appel par Mme B à l'appui du moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, concernant la nécessité d'un suivi médical régulier et les modalités d'administration et de prise en charge des traitements en Arménie, ne permettent pas de considérer que le suivi et le traitement médicaux que nécessite son état de santé seraient, contrairement à ce qu'a estimé le préfet en s'appuyant sur l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, indisponibles dans son pays d'origine ou qu'elle ne pourrait y avoir accès du fait de sa situation financière.
8. A l'appui de son moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Mme B n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau par rapport à ceux qu'elle avait fait valoir en première instance. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinents retenus par les premiers juges.
9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
10. Enfin, l'arrêté laisse à Mme B trente jours pour quitter volontairement le territoire. La requérante ne peut donc utilement soutenir que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait privée de base légale.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est manifestement pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif de Pau, par le jugement attaqué, a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 8 novembre 2021. Ainsi, sa requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions en injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Une copie en sera adressée au préfet des Hautes-Pyrénées.
Fait à Bordeaux le 23 août 2022.
La présidente de chambre,
Elisabeth Jayat
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
No 22BX01527
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026