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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01941

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01941

jeudi 9 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01941
TypeOrdonnance
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A E et Mme B F ont demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler les arrêtés du 16 février 2022 par lesquels la préfète de la Creuse a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par des jugements n° 2200405 et 2200406 du 30 juin 2022, le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

I- Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022 sous le n° 22BX01941, M. E, représenté par Me Heudjetian, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2200405 du tribunal administratif de Limoges du 30 juin 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 février 2022 de la préfète de la Creuse ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision portant refus de délivrer un titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation, ce qui révèle un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il dispose d'une vie familiale en France avec son épouse et ses enfants ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français et celle fixant le pays de renvoi sont privées de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de délivrer un titre de séjour ;

- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

II- Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022 sous le n° 22BX01943, Mme F, représentée par Me Heujetian, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête n° 22BX01941 et reprend les mêmes moyens.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D C en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. E et Mme F, ressortissants libanais nés respectivement le 31 juillet 1967 et le 15 septembre 1965, sont entrés en France le 31 janvier 2021 sous couvert d'un visa de court séjour en vue de rendre visite à leurs filles dont l'une est mariée à un ressortissant français et l'autre étudiante. Le 21 juillet 2021, les intéressés ont sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale ". Par des arrêtés du 16 février 2022, la préfète de la Creuse a refusé de leur délivrer les titres de séjour demandés, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. E et Mme F relèvent appel des jugements du 30 juin 2022 par lesquels le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

3. Les requêtes n° 22BX01941 et n° 22BX01943 portent sur la situation d'un couple de ressortissants étrangers et présentent à juger des questions identiques. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.

Sur la légalité des arrêtés du 16 février 2022 :

4. En premier lieu, les arrêtés du 16 février 2022 de la préfète de la Creuse visent les textes dont ils font application et mentionnent les circonstances de fait caractérisant la situation de M. E et de Mme F. Ils sont, dès lors, suffisamment motivés et cette motivation révèle que la préfète a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle des intéressés.

5. En second lieu, les requérants reprennent, dans des termes similaires et sans critique utile des jugements, les moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Ils n'apportent ainsi aucun élément de fait ou de droit nouveau à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au paiement des entiers dépens du procès, lequel au demeurant n'en comporte aucun.

ORDONNE :

Article 1er : Les requêtes de M. E et de Mme F sont rejetées.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E et Mme B F.

Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Creuse.

Fait à Bordeaux, le 9 février 2023.

Karine C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°s 22BX01941, 22BX01943

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