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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX01986

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX01986

jeudi 23 février 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX01986
TypeOrdonnance
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision du 6 avril 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " retraité " et la décision de rejet du recours gracieux exercé à l'encontre de cette décision.

Par un jugement n° 2105661 du 25 mai 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, M. A, représenté par Me Saleck, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 25 mai 2022 ;

2°) d'annuler la décision du 6 avril 2021 de la préfète de la Gironde et la décision de rejet du recours gracieux exercé à l'encontre de cette décision ;

3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " retraité " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation afin de lui délivrer une carte de séjour ou une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie d'un intérêt à agir indéniable ;

- la décision en litige est entachée d'une incompétence du signataire de l'acte ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 426-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il remplit toutes les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour, qu'il a résidé en France de 1974 jusqu'en 1990 où il a travaillé de manière régulière et continue dans plusieurs établissements, qu'il a établi sa résidence habituelle hors de France et perçoit une retraite personnelle liquidée au titre d'un régime français de sécurité sociale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a résidé en France sous couvert d'une carte de résident ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors que son état de santé nécessite un suivi par des médecins français et qu'il ne pourra jamais bénéficier de ce suivi vital dans son pays d'origine ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est parent d'un ressortissant français et a tissé des liens sociaux et des amitiés en France.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/011131 du 29 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme C B en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A, ressortissant sénégalais, est entré en France le 14 avril 2018, à l'âge de 67 ans, muni d'un visa de court séjour. Le 24 avril 2018, il a sollicité un titre de séjour en qualité d'étranger malade et a obtenu à la suite de l'avis des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'au 29 avril 2020, dont il n'a pas demandé le renouvellement. Le 11 janvier 2021, il a présenté une demande de titre de séjour portant la mention " retraité ". Par une décision du 6 avril 2021, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande. Le recours gracieux exercé à l'encontre de cette décision a été implicitement rejeté. M. A relève appel du jugement du 25 mai 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 6 avril 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

3. M. A reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Il n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant, d'une part, à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, d'autre part, au paiement des entiers dépens du procès lequel n'en comporte au demeurant aucun.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 23 février 2023.

Karine B

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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