jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02015 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler la décision du 17 décembre 2021 par laquelle la préfète de la Gironde a rejeté sa demande de titre de séjour.
Par un jugement n° 2106768 du 9 juin 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.
Procédures devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022, M. A, représenté par Me Landete, demande à la cour :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 9 juin 2022 ;
3°) d'annuler la décision du 17 décembre 2021 de la préfète de la Gironde ;
4°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/010948 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 15 septembre 2022.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D B en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant albanais, déclare être entré en France le 3 août 2017. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 17 octobre 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 2 mai 2018. Par un arrêté du 5 juin 2018, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 6 septembre 2018, la préfète de la Gironde lui a fait obligation de quitter le territoire français. Le 19 mai 2020, il a de nouveau fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Le 17 novembre 2021, l'intéressé a sollicité son admission au séjour à titre exceptionnel et en qualité d'étranger malade. Par une décision du 17 décembre 2021, la préfète de la Gironde a refusé de faire droit à sa demande. M. A relève appel du jugement du 9 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Par une décision n° 2021/010948 du 15 septembre 2022, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. A. Dans ces conditions, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ces conclusions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, seuls des moyens relevant de la légalité interne de la décision contestée ont été soulevés devant les premiers juges. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision, qui procède d'une cause juridique nouvelle, n'est pas recevable en appel et ne peut, par voie de conséquence, qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, l'intéressé reprend en appel le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle au soutien duquel il produit des justificatifs d'hébergement datés du mois de mai 2022, une ordonnance médicale du 28 janvier 2022 ainsi que des éléments relatifs à son insertion professionnelle à savoir un contrat de sous-traitance du 2 janvier 2022, des avis d'imposition sur les revenus des années 2020 et 2021, une déclaration de chiffre d'affaires du deuxième trimestre 2022 et un courrier de l'Urssaf du 5 juillet 2022. Toutefois, ces éléments, au demeurant postérieurs pour la plupart d'entre eux à la décision contestée, ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont accueilli la substitution de motif tirée de ce que la présence en France de M. A représentait une menace pour l'ordre public. Ainsi qu'ils l'ont à juste titre relevé, ce dernier a été condamné par un jugement du tribunal correctionnel de Bordeaux du 21 décembre 2018 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont neuf assortis d'un sursis pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme ayant entraîné une incapacité temporaire de travail supérieure à huit jours. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de M. A doit être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, l'intéressé fait valoir qu'il encourt des risques en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, et alors que sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis par la Cour nationale du droit d'asile, il ne produit aucun élément de nature à justifier qu'il pourrait subir des risques personnels et actuels en cas de retour en Albanie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1erer : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 23 février 2023
Karine B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.