jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02021 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. F B et Mme A C ont demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler les arrêtés du 13 mai 2022 par lesquels le préfet de la Vienne leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par des jugements n° 2201266 et n° 2201267 du 23 juin 2022, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022 sous le n° 22BX02021, M. B, représenté par Me Caliot, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers du 23 juin 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 du préfet de la Vienne pris à son encontre ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour mention " accompagnant d'enfant malade " ou " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous la même astreinte et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il justifie de la présence en France de ses deux enfants, dont l'un est atteint de troubles autistiques, et de l'état de grossesse de sa compagne ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il encourt des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine ;
- la décision portant délai de départ volontaire ne comporte aucune indication quant à la durée du délai accordé.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2022/010656 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 15 septembre 2022.
II- Par une requête, enregistrée le 12 juillet 2022 sous le n° 22BX02022, Mme C, représentée par Me Caliot, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête n° 22BX02021 et reprend les mêmes moyens.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n°2022/010655 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 15 septembre 2022.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme E D en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B et Mme C, ressortissants guinéens, déclarent être entrés en France respectivement les 29 juin et 7 mai 2019. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides des 26 février et 16 septembre 2021, confirmées par des décisions de la Cour nationale du droit d'asile des 3 et 23 décembre 2021. Par des arrêtés du 13 mai 2022, le préfet de la Vienne leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Les intéressés relèvent appel des jugements du 23 juin 2022 par lesquels la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
3. Les requêtes n° 22BX02021 et n° 22BX02022 portent sur la situation d'un couple de ressortissants étrangers et présentent à juger des questions identiques. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une même ordonnance.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. M. B et Mme C reprennent, dans des termes similaires et sans critique utile des jugements, les moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Ils n'apportent ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée du tribunal administratif de Poitiers.
5. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. B et Mme C sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F B et Mme A C.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 9 mars 2023.
Karine D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 22BX02021, 22BX0202