jeudi 23 février 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02024 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Pau d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 par lequel le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Par un jugement n° 2201420 du 6 juillet 2022, la présidente du tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 3 août 2022, M. A, représenté par Me Kaddouri, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement de la présidente du tribunal administratif de Pau du 6 juillet 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 mai 2022 du préfet de la Vienne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'une insuffisance de motivation, ce qui révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- il porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale tel qu'il est garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard notamment de l'ancienneté de sa présence en France ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa présence sur le territoire n'est pas constitutive d'une menace à l'ordre public ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que l'injonction faite au préfet, par une décision du tribunal administratif du 1er septembre 2021, de renouveler son titre de séjour, faisait obstacle à toute mesure d'éloignement ;
- les décisions refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français sont privées de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/011533 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 29 septembre 2022.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D C en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant algérien, est entré en France le 11 août 2009, au titre du regroupement familial, muni d'un visa de court séjour puis a obtenu la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, valable jusqu'au 12 août 2019. Le 1er juin 2021, l'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 24 juin 2021, le préfet de Maine-et-Loire a rejeté sa demande. Par un arrêté du 13 mai 2022, le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans lui accorder de délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. L'intéressé relève appel du jugement du 6 juillet 2022 par lequel la présidente du tribunal administratif de Pau a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 mai 2022.
3. En premier lieu, l'intéressé reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au soutien duquel il produit des attestations de membres de sa famille. Toutefois, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge dès lors que l'intéressé ne démontre pas, par ces seules pièces, avoir noué sur le territoire national des liens d'une particulière intensité et que, par ailleurs, il ne justifie pas d'une insertion particulière en France où il a été condamné le 1er août 2016 par la Cour d'assise de Maine-et-Loire à une peine de 8 années d'emprisonnement pour viol commis sous la menace d'une arme, arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire. Par suite, l'arrêté en litige n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations précitées.
4. En second lieu, l'intéressé reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Il n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau à l'appui de ces moyens auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la présidente du tribunal administratif de Pau.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 23 février 2023.
Karine C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.