jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02067 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A E et Mme B F épouse E ont demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler les arrêtés du 29 juin 2021 par lesquels le préfet de la Haute-Vienne a refusé de leur délivrer un certificat de résidence, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n°s 2101653, 2101654 du 29 décembre 2021, le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 4 août 2022 sous le n° 22BX02067, Mme B F épouse E, représentée par Me Fadiaba-Gourdonneau, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Limoges du 29 décembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Haute-Vienne du 29 juin 2021 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle dès lors qu'elle aurait dû conduire l'administration à faire usage de son pouvoir discrétionnaire et à lui délivrer un certificat de résidence algérien en ce qu'elle est présente en France depuis 2014, soit depuis huit années consécutives, que ses deux beaux-frères sont en France et vivent de manière régulière et paisible sur le territoire, qu'elle y a donné naissance en septembre 2020 à une petite fille, et que ni le tribunal ni le préfet n'ont pris en compte ses problèmes de santé ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien dès lors que son premier enfant est né à Limoges en septembre 2020, que la cellule familiale est constituée et intégrée en France où se trouve la totalité de ses attaches personnelles et affectives, que ses deux beaux-frères résident en France de manière régulière et que sa fille sera de nationalité française si elle en fait le choix à sa majorité ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont dépourvues de base légale ;
- ces décisions portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/002833 du 16 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
II- Par une requête, enregistrée le 4 août 2022 sous le n° 22BX02068, M. A E, représenté par Me Fadiaba-Gourdonneau, conclut, pour ce qui le concerne, aux mêmes fins que la requête 22BX02067, par les mêmes moyens.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/002834 du 16 juin 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D C en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. et Mme E, ressortissants algériens, sont entrés respectivement en France les 10 août et 8 mars 2014 munis d'un visa de court séjour. Le 18 mai 2021, ils ont sollicité chacun la délivrance d'un certificat de résidence algérien en se prévalant de leur présence ancienne sur le territoire français et de leurs liens personnels et familiaux en France. Par deux arrêtés en date du 29 juin 2021, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de leur délivrer un certificat de résidence, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. et Mme E relèvent appel du jugement du 29 décembre 2021 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 22BX02067 et 22BX02068 concernent les membres d'une même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il soit statué par une seule ordonnance.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. D'une part, M. et Mme E reprennent en appel, dans des termes similaires, leur moyen invoqué en première instance tiré de ce que les décisions leur refusant la délivrance d'un certificat de résidence sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation personnelle. A cet égard, si Mme E soutient nouvellement qu'il n'a pas été tenu compte de ses problèmes de santé, il ne ressort d'aucun élément du dossier qu'elle en aurait auparavant fait état ou produit des pièces y étant relatives. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ce moyen par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
5. D'autre part, M. et Mme E reprennent en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, leurs autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus auxquels ils n'apportent aucun élément de droit ou de fait nouveau et auxquels le tribunal a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme E sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A E et Mme B F épouse E.
Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Bordeaux, le 9 mars 2023.
Karine C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 22BX02067, 22BX02068
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026