jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX02149 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A C a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2021 par lequel la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2200381 du 13 juillet 2022, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 11 août 2022, M. A C, représenté par Me Bonnet, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 13 juillet 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 décembre 2021 de la préfète de la Vienne ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou un titre de séjour " travailleur temporaire " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du même code ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis plus de dix ans, qu'il a poursuivi des études sur le territoire français, qu'il a été pris en charge par sa tante en 2016, qu'il a créé des liens, qu'il justifie de son intégration dans la société française au sein de laquelle il s'est impliqué comme bénévole, qu'il a un projet d'embauche dans la restauration, et qu'il est suivi pour son état psychologique ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale dès lors que la décision qui la fonde, le refus d'octroi d'un titre de séjour, est elle-même entachée d'illégalité ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale dès lors que la décision qui la fonde, l'obligation de quitter le territoire français, est elle-même entachée d'illégalité.
M. A C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/011753 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 10 novembre 2022.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme E D en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B A C, ressortissant djiboutien né le 6 août 1989, est entré en France le 14 septembre 2012 sous couvert d'un visa long séjour " étudiant " valable du 29 août 2012 au 29 août 2013. Il s'est vu délivrer un titre de séjour mention " étudiant " régulièrement renouvelé jusqu'au 19 octobre 2015. Le 23 mars 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " puis son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 16 décembre 2021, la préfète de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Il relève appel du jugement du 13 juillet 2022 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. M. A C reprend en appel dans des termes identiques les moyens soulevés en première instance sans aucune critique utile du jugement, ni pièce nouvelle. Il n'apporte ainsi aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont pertinemment répondu aux moyens ci-dessus visés. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R.222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant au paiement des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C.
Une copie sera adressée pour information à la préfète de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 16 mars 2023.
Karine D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.