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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02213

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02213

jeudi 16 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02213
TypeOrdonnance
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme E A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 par lequel le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement no 2106841 du 6 avril 2022, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 18 août 2022, Mme A B, représentée par Me Da Ros, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 6 avril 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 25 août 2021 du préfet de Lot-et-Garonne ;

3°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, ou à défaut, de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant ", sous astreinte de 150 euros par jours de retard, ou de procéder à un nouvel examen de sa demande et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valant autorisation de travail, sous la même astreinte ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- le tribunal s'est abstenu de répondre au moyen tiré du défaut d'examen par l'autorité préfectorale des cas de dispense de visa dans le cadre de l'examen d'une demande de titre de séjour " étudiant " et du pouvoir discrétionnaire du préfet en la matière, qu'elle avait soulevé en première instance ;

- l'arrêté en litige n'est pas suffisamment motivé notamment au regard de l'article L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne prend en compte ni sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance, ni son inscription en CAP et ni le contrat d'apprentissage qu'elle a conclu ;

- le refus de séjour est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-3 précité, dont elle remplit les conditions dès lors que ni le préfet ni le tribunal n'ont porté une appréciation globale sur sa situation s'agissant notamment de l'assiduité et du sérieux dont elle fait preuve dans le suivi de sa formation ;

- le tribunal s'est livré à une interprétation inexacte des dispositions de l'article L.422-1 du même code dès lors, d'une part, que le cas de dispense de visa long séjour eu égard à la nécessité liée au déroulement des études n'est pas subordonné à la justification de poursuite des études dans l'enseignement supérieur, et d'autre part, qu'elle pouvait prétendre à une telle dispense compte tenu de son entrée régulière sur le territoire français ;

- ce refus a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dès lors qu'elle justifie d'une bonne intégration liée à sa scolarisation et à son activité professionnelle ;

- le refus de séjour étant irrégulier, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire est privée de base légale ;

- la mesure d'éloignement emporte des conséquences d'une exceptionnelle gravité au regard de sa vie personnelle ;

- cette mesure est aussi contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux n° 2022/007684 du 9 juin 2022.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme D C en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A B, ressortissante brésilienne née en 2002, est entrée régulièrement en France en 2017, alors qu'elle était mineure, et a été prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance durant une partie de l'année 2020 jusqu'à sa majorité. Elle a sollicité en décembre 2020 la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 25 octobre 2021, le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer ce titre, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A B relève appel du jugement du 6 avril 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. Mme A B ne saurait soutenir que le tribunal n'aurait pas examiné le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que les premiers juges ont, au point 7 de leur jugement, relevé à juste titre que l'intéressée, inscrite en certificat d'apprentissage professionnel, ne pouvait à ce titre être regardée comme poursuivant des études supérieures au sens du deuxième alinéa de l'article L. 422-1 de ce code, et n'était donc pas dispensée de la production du visa de long séjour exigé par l'article L. 412-1 du même code. Par suite, le jugement n'est pas entaché d'irrégularité.

Sur la légalité de l'arrêté en litige :

4. En premier lieu, Mme A B reprend en appel le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences du refus de titre de séjour sur sa situation personnelle en se prévalant en appel d'une promesse d'embauche du 13 avril 2022 à l'issue de son contrat d'apprentissage. Toutefois, cette pièce, au demeurant postérieure à la décision en litige, n'est pas, à elle seule, de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui ont notamment relevé qu'alors qu'elle ne remplissait pas les conditions pour obtenir un titre de séjour étudiant, y compris à titre dérogatoire, elle n'avait pas sollicité de titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences du refus de séjour sur sa situation personnelle doit être écarté.

5. En deuxième lieu, Mme A B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, l'ensemble des autres moyens invoqués en première instance énoncés ci-dessus. Elle n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels les premiers juges ont suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

6. En troisième et dernier lieu, dès lors que le refus de séjour n'est pas entaché d'illégalité, le moyen invoqué nouvellement en appel tiré de ce que la mesure d'éloignement serait privée de base légale par voie d'exception d'illégalité du refus de séjour doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 16 mars 2023.

Karine C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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