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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02307

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02307

mercredi 29 mars 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02307
TypeOrdonnance
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler les arrêtés du 3 août 2022 par lesquels le préfet de Lot-et-Garonne, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et d'autre part, l'a assigné à résidence.

Par un jugement n° 2204331 du 8 août 2022, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2022, M. A B, représenté par Me Thiam, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 8 août 2022 ;

2°) d'annuler les arrêtés du 3 août 2022 du préfet de Lot-et-Garonne ;

3°) d'enjoindre au préfet de Lot-et-Garonne d'instruire sa demande de titre de séjour en date du 3 août 2022 et de lui délivrer dans l'attente un récépissé l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa situation n'a pas été examinée par l'autorité préfectorale dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ce qu'il avait déposé une demande de titre de séjour, le tribunal ayant à cet égard considéré à tort que sa demande de titre de séjour n'avait pas été réceptionnée par les services de la préfecture lorsque la mesure d'éloignement litigieuse a été prise à son encontre ;

- la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'un défaut de motivation ;

- sa situation n'entre pas dans le champ d'application de cette mesure dès lors qu'aucun élément ne permet de considérer que sa présence constitue une menace pour l'ordre public, que s'il a été interpellé le 3 août 2022 pour des faits de conduite sans permis et d'infraction à la législation sur les étrangers, aucune pièce au dossier ne met en évidence une condamnation pénale ;

- la décision d'interdiction de retour sur le territoire français méconnaît les dispositions de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il ne s'oppose pas à tout retour dans son pays d'origine, qu'il dispose de ressources légales sur le territoire français et qu'il justifie de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A B, ressortissant marocain né le 1er janvier 1956, est entré en France en 2013, selon ses déclarations. Par un arrêté du 24 septembre 2020, le préfet de Lot-et-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un jugement du 20 novembre 2020 du tribunal administratif de Bordeaux. Le 22 octobre 2021, l'intéressé a fait l'objet d'un nouveau refus de séjour. A la suite de son interpellation le 3 août 2022, le préfet de Lot-et-Garonne a pris le jour même à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ainsi qu'une décision l'assignant à résidence. M. A B relève appel du jugement du 8 août 2022 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

3. En premier lieu, M. A B reprend en appel son moyen tiré du défaut d'examen de sa situation par l'autorité préfectorale qui n'aurait pas tenu compte de sa demande de titre de séjour. Ainsi que l'a à juste titre estimé le tribunal, il ressort des pièces du dossier que cette demande, déposée auprès des services postaux le 3 août 2022 à 17h25, n'a été expédiée que le lendemain, de sorte qu'elle n'avait pas été réceptionnée par les services de la préfecture lorsque l'arrêté litigieux a été pris. Il ressort par ailleurs de la lecture de cet arrêté qu'il mentionne les deux précédents refus de séjour des 24 septembre 2020 et 22 octobre 2021 dont M. A B a fait l'objet et précise que l'intéressé s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français. Il indique également qu'il ne fait état d'aucune considération humanitaire ou circonstance exceptionnelle de nature à lui ouvrir un droit à l'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du même code. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation de M. A B doit être écarté.

4. En second lieu, M. A B reprend en appel, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance. Il n'apporte aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le magistrat désigné du tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le premier juge.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de Lot-et-Garonne.

Fait à Bordeaux, le 29 mars 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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