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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-22BX02747

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-22BX02747

lundi 22 mai 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-22BX02747
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantDIA;SELAS D'AVOCATS EXEME ACTION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C a demandé au tribunal administratif de Limoges d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 par lequel le préfet de la Corrèze lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à compter de sa date de libération, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par un jugement n°s 2201389 et 2201401 du 4 octobre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 25 octobre 2022, M. C, représenté par Me Dia, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné du tribunal administratif de Limoges du 4 octobre 2022 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 du préfet de la Corrèze ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Corrèze de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé valable six mois, durant le temps de l'examen approfondi de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 400 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement est entaché d'une insuffisance de motivation en ce qu'il n'expose pas les motifs pour lesquels il a écarté les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- les éléments relatifs à sa vie personnelle n'ont pas été pris en compte ;

- l'arrêté litigieux ne porte pas mention de la délégation de signature ni de sa publication régulière au recueil des actes administratifs ;

- il est entaché d'une insuffisance de motivation, ce qui révèle un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit dès lors qu'il a été identifié comme " Monsieur A " ;

- il méconnaît le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 dès lors qu'étant entré sur le territoire français après être passé par la Suisse et les Pays-Bas, il ne pouvait être éloigné que vers ces pays ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel qu'il est garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il a purgé sa peine, qu'il est en couple et qu'il ne constitue plus une menace pour l'ordre public.

M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/015170 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 8 décembre 2022.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. C, ressortissant marocain, déclare être entré en France en 2019. Par un arrêté du 27 septembre 2022, alors qu'il était incarcéré, le préfet de la Corrèze lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à compter de sa date de libération, a fixé le pays de renvoi et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. L'intéressé relève appel du jugement du 4 octobre 2022 par lequel le magistrat désigné par le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2022.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, le jugement expose précisément en son point 7 les motifs pour lesquels le premier juge a estimé que les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision en litige et du défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle devaient être écartés. Il n'est donc pas fondé à soutenir que le jugement attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation.

4. En second lieu, si M. C soutient que le premier juge, pour répondre aux moyens soulevés, n'a pas suffisamment tenu compte des éléments dont il s'est prévalu devant lui, cette circonstance, dès lors que le requérant n'invoque ni une omission à statuer sur des conclusions ni un défaut de réponse à un moyen, relève du bien-fondé du jugement et est sans incidence sur sa régularité.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, si l'intéressé fait valoir que l'arrêté en litige ne fait pas mention de la délégation de signature consentie à M. Jean-Luc Tarrega, secrétaire général de la préfecture de la Corrèze, et n'indique pas sa publication régulière au recueil des actes administratifs, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige dès lors qu'elles ne remettent pas en cause la qualité de l'auteur de l'acte qui n'est pas contestée. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

6. En second lieu, l'intéressé reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Il n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le premier juge a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Limoges.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Corrèze.

Fait à Bordeaux, le 22 mai 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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