mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-22BX03179 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 6ème chambre (formation à 3) |
| Avocat requérant | MATTOIR |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E G a demandé au tribunal administratif de Mayotte, à titre principal, d'annuler la décision du 16 juin 2020 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté sa réclamation formée contre le titre exécutoire du 18 décembre 2019 émis à son encontre pour le recouvrement de la somme de 30 000 euros au titre de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, à titre subsidiaire de condamner l'Etat à réduire le montant de la contribution à 2 000 fois le taux minimum garanti, et à lui accorder des délais de paiement.
Par un jugement n° 2001002 du 18 octobre 2022, le tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2022, M. E G, représenté par la SELARL IM Avocats, agissant par Me Mattoir, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Mayotte du 18 octobre 2022 ;
2°) de faire droit à sa demande de première instance ;
3°) de prononcer la décharge de la contribution spéciale mise à sa charge par le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
4°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de la contribution spéciale à 2 000 fois le taux minimum horaire garanti ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été auditionné par un agent le 9 août 2018 qui n'avait pas encore la qualité d'officier de police judiciaire dont il s'est prévalu ; l'audition et les constatations de cet agent, entachées d'irrégularité, devront être écartées des débats ;
- les seuls procès-verbaux ayant permis de fonder la sanction ont été annulés par la juridiction pénale ;
- le nom des personnes qu'il aurait employées irrégulièrement ne lui a pas été communiqué, si bien qu'il ne peut organiser sa défense ; les droits de la défense n'ont pas été non plus été respectés dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de demander copie de la procédure détenue par l'OFII ;
- ayant été relaxé par le tribunal correctionnel pour l'emploi d'étrangers en situation irrégulière, l'amende est infondée ;
- il n'était pas l'employeur des personnes en situation irrégulière engagées pour décharger les matériaux sur le chantier ; la contribution en litige doit être mise à la charge de l'entrepreneur qui a engagé ces personnes ;
- compte tenu de ses capacités financières, l'amende doit être minorée, ou des délais de paiement doivent être accordés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par Me De Froment, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. G le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G sont inopérants ou mal fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 3 mai 2024 à 12h00 par une ordonnance du 14 février 2024.
Le 14 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'arrêt était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen tiré de la méconnaissance des droits de la défense, soulevé à l'encontre de la décision appliquant la contribution forfaitaire, laquelle était devenue définitive à la date à laquelle ce moyen a été soulevé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, ont été entendus :
- le rapport de M. D,
- les conclusions de M. Duplan, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de contrôles effectués les 1er et 3 août 2018 sur un chantier de construction d'un bâtiment appartenant à un membre de la famille de M. G, les services de police de Mayotte ont constaté la présence en action de travail de deux étrangers en situation irrégulière. Des procès-verbaux ont été établis et transmis au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui a invité M. G à présenter des observations, par courrier du 30 novembre 2018. Par une décision du 19 juin 2019, le directeur général de l'OFII a décidé d'appliquer à M. G la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour l'emploi d'un étranger démuni d'autorisation de travail, à hauteur de 30 000 euros. Un titre de perception a été émis le 18 décembre 2019 en vue de recouvrer cette somme. La réclamation que M. G a présentée à l'encontre de ce titre a été rejetée par un courrier du directeur général de l'OFII du 16 juin 2020, dont l'intéressé a demandé l'annulation au tribunal administratif de Mayotte. Par jugement du 18 octobre 2022, le tribunal a rejeté la demande, qu'il a regardée comme tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 30 000 euros. M. G relève appel de ce jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. En premier lieu, le destinataire d'un ordre de versement est recevable à contester, à l'appui de son recours contre cet ordre de versement, et dans un délai de deux mois suivant la notification de ce dernier, le bien-fondé de la créance correspondante, alors même que la décision initiale constatant et liquidant cette créance est devenue définitive.
3. M. G soutient pour la première fois en appel qu'il n'a pas reçu l'information quant à la possibilité de demander copie de la procédure détenue par l'OFII avant que ne soit prise à son encontre la sanction, et que les droits de la défense ont été méconnus. Toutefois, d'une part, ce moyen ne critique pas le bien-fondé de la créance mais conteste la régularité de la décision du 19 juin 2019 par laquelle le directeur général de l'OFII a décidé d'appliquer à M. G la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail à hauteur de 30 000 euros. D'autre part, l'OFII soutient, sans être contredit, que cette décision a été adressée à M. G par courrier présenté le 25 juin 2019, retourné à l'administration avec la mention " pli avisé non réclamé ", si bien qu'elle doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à l'intéressé à cette date, et était devenue définitive lorsque le moyen a été soulevé le 30 décembre 2022. Par suite, ce moyen doit, en tout état de cause, être écarté comme irrecevable.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : () / 4° Emploi d'étranger non autorisé à travailler ; () ". Aux termes de l'article L. 8251-1 de ce code : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Et aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. () ". Et aux termes de son article R. 8253-3 de ce code : " Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ".
5. Si les faits constatés par le juge pénal et qui commandent nécessairement le dispositif d'un jugement ayant acquis force de chose jugée s'imposent à l'administration comme au juge administratif, la même autorité ne saurait s'attacher aux motifs d'un jugement de relaxe tiré de ce que les faits reprochés à l'accusé ne sont pas établis ou qu'un doute subsiste sur leur réalité. Il appartient, dans ce cas, à l'autorité administrative d'apprécier si la matérialité de ces faits est avérée et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application d'une sanction administrative. Il n'en va autrement que lorsque la légalité de la décision administrative est subordonnée à la condition que les faits qui servent de fondement à cette décision constituent une infraction pénale, l'autorité de la chose jugée s'étendant alors exceptionnellement à la qualification juridique donnée aux faits par le juge pénal, ce qui n'est pas le cas pour l'application des dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail.
6. M. G fait valoir que, par jugement du tribunal correctionnel de Mamoudzou du 14 septembre 2018 devenu définitif, il a été relaxé du chef d'infraction d'emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié. Toutefois, les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail ne subordonnent pas la mise à la charge de l'employeur de la contribution spéciale à la condition que les faits qui les fondent constituent une infraction pénale. Par suite, la circonstance que M. G ait été relaxé, sans d'ailleurs que la copie du jugement du tribunal correctionnel versée au dossier ne fasse apparaître les motifs de cette relaxe, ne faisait pas obstacle au prononcé de la sanction administrative prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 8271-1 du code du travail : " Les infractions constitutives de travail illégal mentionnées à l'article L. 8211-1 sont recherchées et constatées par les agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 dans la limite de leurs compétences respectives en matière de travail illégal ".
8. M. G soutient que l'agent ayant procédé aux constatations et dressé les procès-verbaux d'auditions n'avait pas encore été, à la date d'accomplissement de ces actes, habilité en qualité d'officier de police judiciaire. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le juge pénal aurait constaté la nullité de l'ensemble de la procédure pénale, motif pris du défaut d'habilitation de l'officier de police judiciaire qui l'avait initiée. Par suite, l'irrégularité alléguée à l'encontre de la procédure pénale suivie est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de la décision en litige.
9. En quatrième lieu, s'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation du titre exécutoire émis pour recouvrer la contribution spéciale infligée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner les moyens mettant en cause le bien-fondé de cette sanction et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point 4, ou en décharger l'employeur.
10. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment des procès-verbaux établis par la brigade mobile de recherches de Dzaoudzi, que le 1er août 2018, les policiers ont constaté la présence de M. F B, et le 3 août 2018 de M. C B, ressortissants comoriens démunis d'autorisation de travail, en situation de travail sur un chantier d'extension d'une maison appartenant à un membre de la famille de M. G, située au 70 rue du commerce à Dzaoudzi. Si M. G soutient ne pas être l'employeur des deux travailleurs étrangers mais avoir fait appel, pour la livraison de palettes de parpaings, aux services de M. A, désigné par les deux travailleurs lors de leurs auditions comme la personne les ayant recrutés, il résulte de l'instruction que G était présent sur les lieux du chantier, qu'il surveillait, que les travaux étaient menés pour son compte, et qu'une partie de la rémunération qu'il versait à M. A devait revenir aux ouvriers, et dont M. G a au surplus reconnu, selon ses propres déclarations aux services de police du 10 août 2018, la qualité de " clandestin ". Dans ces conditions, le directeur général de l'OFII n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que les deux travailleurs étrangers devaient être regardés comme placés sous la subordination de M. G, et que celui-ci les avait employés.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 8253-1 du code du travail : " La contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est due pour chaque étranger employé en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ". Et aux termes de l'article R. 8253-2 de ce code : " I.- Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II.- Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : / 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; / 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7. / III.- Dans l'hypothèse mentionnée au 2° du II, le montant de la contribution spéciale est réduit à 1 000 fois le taux horaire du minimum garanti lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne l'emploi que d'un seul étranger sans titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". Enfin, aux termes de l'article L. 822-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, à l'article L. 822-2 du présent code et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues aux articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du même code ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues aux articles L. 823-1 à L. 823-10 du présent code ".
12. En application de ces dispositions, le montant de la contribution spéciale à acquitter par M. G a été liquidé à la somme de 37 500 euros, correspondant au salaire horaire minimum, s'élevant à 3,57 euros multipliés par 5 000 pour chacun des deux étrangers démunis de titre de travail, puis limitée à 30 000 euros en application de l'article L. 822-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il est constant que l'intéressé n'entre pas dans les cas de réduction de la contribution prévus au II de l'article R. 8253-3 du code du travail. Si M. G soutient que ce montant est disproportionné en raison de ses capacités financières, il n'apporte aucune précision sur celles-ci, alors qu'il résulte de l'instruction qu'il est notamment propriétaire de plusieurs biens immobiliers. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de le décharger de la sanction prononcée à son encontre.
Sur les conclusions subsidiaires à fin de modulation de la sanction et de délais de paiement :
13. Ainsi qu'il a été dit au point 9 de l'arrêt, il n'appartient pas au juge administratif, pas plus qu'à l'administration, de procéder à la modulation du montant de la contribution spéciale, fixé forfaitairement par les textes. Enfin, il n'appartient pas davantage au juge administratif d'octroyer des délais de paiement. Ainsi, ces conclusions doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'OFII, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. G demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de G une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'OFII et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : M. G versera à l'OFII la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à M. E G et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Frédéric Faïck, président,
Mme Caroline Gaillard, première conseillère,
M. Julien Dufour, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juin 2024.
Le rapporteur,
Julien D
Le président,
Frédéric Faïck
La greffière,
Catherine Jussy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026