jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00160 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de C d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un certificat de résidence algérien, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2203656 du 7 décembre 2022, le tribunal administratif de C a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 17 janvier et 9 février 2023, M. A, représenté par Me Lassort, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de C du 7 décembre 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2022 de la préfète de la Gironde ;
3°) d'enjoindre à la préfète de la Gironde de lui délivrer un certificat de résidence algérien, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits ;
- elle méconnaît les stipulations des titres III et IV du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et est entachée d'erreur d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la durée d'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision n° 2022/018154 du 26 janvier 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de C a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de C a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant algérien, né le 5 mars 2004, est entré en France le 15 mars 2019, muni d'un visa de type C, valable du 18 octobre 2018 au 15 avril 2019. Par une ordonnance du 14 août 2020, prolongée par une ordonnance du 18 janvier 2021, puis par un jugement du tribunal pour enfants de C du 23 juillet 2021, il a été placé auprès de l'aide sociale à l'enfance du département de la Gironde jusqu'à sa majorité, le 5 mars 2022. Le 19 janvier 2022, M. A a sollicité un certificat de résidence sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 29 avril 2022, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A relève appel du jugement du 7 décembre 2022 par lequel le tribunal administratif de C a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, M. A reprend ses moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation et méconnaît les stipulations des titres III et IV du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Toutefois, ainsi que l'ont à juste titre relevé les premiers juges, M. A, qui au demeurant n'a pas sollicité de titre de séjour sur le fondement de ces stipulations, est entré en France sous couvert d'un visa de court séjour et non dans le cadre du regroupement familial. Ainsi, faute de remplir les conditions prévues par les stipulations précitées, il ne pouvait prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence sur leur fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par la préfète desdites stipulations doit être écarté par adoption des motifs pertinents retenus par le tribunal. Il en va de même de celui tiré de l'erreur d'appréciation dont la décision prise serait entachée.
4. En deuxième lieu, M. A reprend ses moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 6-5° de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. S'il produit nouvellement en appel des lettres de ses parents, tous deux bénéficiaires de certificats de résidence, faisant état de liens entre eux et avec sa sœur de nationalité française, qui est atteinte d'un handicap et vit chez eux, ces seuls documents ne suffisent pas à établir l'intensité des liens qu'entretiendrait M. A avec ces membres de sa famille alors que depuis son entrée en France en mars 2015 à l'âge de 15 ans il est placé auprès de l'aide sociale à l'enfance et réside en foyer à C. En outre, les nouveaux documents produits attestant de ce qu'il a poursuivi son activité professionnelle entre novembre 2022 et janvier 2023 ne suffisent pas davantage à établir une intégration particulière sur le territoire. Ainsi, l'intéressé n'apporte en appel aucun élément de nature à infirmer l'appréciation portée par les premiers juges qui ont écarté à juste titre ces moyens en relevant notamment que M. A ne démontre pas l'existence d'autres attaches en France que ses parents, sa sœur et ses deux frères en situation irrégulière avec lesquels il était interdit d'entrer en contact jusqu'au 11 juin 2022, qu'il est célibataire et sans enfant à charge, et qu'il ne justifie pas de son intégration en France où il ne réside que depuis trois ans et a été placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son renvoi devant le tribunal pour enfants pour des faits de complicité de cession ou offre, acquisition et détention en bande organisée de prégabaline. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par les motifs qui viennent d'être exposés et par adoption des motifs pertinemment retenus par les premiers juges.
5. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas davantage les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, M. A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus, sans aucune critique utile du jugement. Il n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de C.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à C, le 22 juin 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026