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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX00483

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX00483

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX00483
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantLELONG DUCLOS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2202032 du 19 janvier 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête, enregistrée le 17 février 2023, M. B, représenté par Me Lelong, demande à la cour :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 19 janvier 2023 ;

3°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 du préfet de la Vienne ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de 10 jours suivant l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa demande en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour le temps de ce réexamen, dans les mêmes conditions de délai et sous la même astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, et en cas d'attribution de l'aide juridictionnelle, le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité du jugement attaqué :

- le tribunal a passé sous silence les nombreuses pièces qu'il a produites et n'a accordé crédit qu'aux seules affirmations du préfet.

En ce qui concerne l'arrêté en litige dans son ensemble :

- il est entaché d'incompétence en raison du défaut de publication d'une délégation de signature.

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- cette décision est entachée d'erreurs de fait et d'appréciation au regard des stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'il a longtemps été en situation de concubinage, que les difficultés administratives ont fait échec à leur projet de mariage mais que de leur relation est née le 1er avril 2022 une petite fille, qu'il dispose de liens personnels et familiaux en France où sa famille nucléaire et sa sœur résident, qu'il a une formation de plombier chauffagiste et qu'il est venu en France dans l'espoir d'y trouver un emploi.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est dépourvue de base légale dès lors que la décision de refus de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet n'est jamais tenu d'obliger un étranger à quitter le territoire et que le seul fait d'avoir été entendu par la police ou la gendarmerie n'est pas de nature à caractériser une menace à l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

- cette décision doit être annulée en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle doit être annulée en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire français.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2023/002508 du 30 mars 2023 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant tunisien, est entré en France le 2 février 2018 selon ses déclarations. Il a fait l'objet, le 21 mai 2021, d'un arrêté du préfet de la Vienne portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le 30 mai 2022, il a déposé une demande de titre de séjour en qualité de " parent d'enfant français ". Par un arrêté du 8 juillet 2022, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B relève appel du jugement du 19 janvier 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la décision n° 2023/002508 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 30 mars 2023. Par suite, ses conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur la régularité du jugement attaqué :

4. Si M. B soutient que le tribunal a dénaturé les pièces du dossier en passant sous silence les nombreuses pièces qu'il a produites et en ne tenant compte que des seules affirmations du préfet, un tel moyen a trait au bien-fondé du raisonnement suivi par le tribunal et est donc sans incidence sur la régularité du jugement attaqué.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. M. B, en reprenant dans des termes similaires ses moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges qui y ont pertinemment et suffisamment répondu en tenant compte de l'ensemble des éléments produits par les parties. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée pour le surplus.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.

Fait à Bordeaux, le 13 juillet 2023.

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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