jeudi 11 janvier 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX00930 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de La Réunion d'annuler l'arrêté du 18 février 2022 par lequel le préfet de La Réunion a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étranger malade, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2200679 du 7 novembre 2022, le tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2023, Mme A, représentée par Me Ali, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de La Réunion du 7 novembre 2022 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de La Réunion du 18 février 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet de La Réunion de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure, la preuve du caractère collégial de la délibération du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) n'étant pas apportée par l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est estimé à tort lié par l'avis du collège de médecins et n'a pas exercé son pouvoir d'appréciation ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les articles 2 et 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2023, le préfet de La Réunion conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/018291 du 26 janvier 2023 du bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la cour a désigné, par une décision du 21 décembre 2022, Mme Karine Butéri, présidente, pour statuer par voie d'ordonnance en application des dispositions de l'article R.222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B A, ressortissante comorienne née le 13 février 1993 à Adda Daoueni (Union des Comores), est entrée le 12 mai 2021 à La Réunion, depuis Mayotte, dans le cadre d'une évacuation sanitaire. Elle a sollicité, le 3 novembre 2021, la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade. Le 9 février 2022, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a émis un avis défavorable. Par un arrêté du 18 février 2022, le préfet de La Réunion a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai d'un mois et a fixé le pays de renvoi. Mme A relève appel du jugement du 7 novembre 2022 par lequel le tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, Mme A soutient nouvellement en appel que la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors que, faute pour l'administration d'apporter la preuve du caractère collégial de la délibération du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), l'avis rendu par cette instance est irrégulier. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'avis rendu par le collège de médecins de l'OFII le 9 février 2022 est revêtu des signatures des trois médecins composant ce collège et porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant " laquelle atteste du caractère collégial de l'avis et fait foi jusqu'à preuve contraire. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme A reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en se prévalant de la gravité de la pathologie cardiaque dont elle souffre. A l'appui de ce moyen, elle produit, comme en première instance, un certificat médical du 10 mars 2021 attestant d'une " insuffisance cardiaque ", un certificat médical du 26 août 2021 indiquant une hospitalisation " pour une pathologie cardiologique grave nécessitant un suivi cardiaque régulier et un séjour permanent à La Réunion " ainsi qu'un certificat médical du 23 mai 2022 relevant que son état de santé " nécessite sa présence à la Réunion pour un suivi cardiologique trimestriel pour sa valvulopathie mitrale ". Il ressort de l'avis émis le 9 février 2022 par le collège de médecins de l'OFII que si l'état de santé de Mme A nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Ainsi que l'a estimé à juste titre le tribunal, les éléments versés au dossier par Mme A ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII sur les conséquences du défaut de prise en charge de son état de santé qui requiert seulement un suivi médical dont aucune pièce ne permet de démontrer qu'il ne pourrait être assuré dans son pays d'origine. Mme A n'est dès lors pas fondée à soutenir que la décision de refus de titre de séjour méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, Mme A n'est pas fondée à invoquer la méconnaissance du droit à la vie, protégé par l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. En quatrième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence.
7. En cinquième lieu, Mme A soutient que le préfet s'est estimé en compétence liée dans la fixation du délai de départ volontaire et n'a pas porté d'appréciation sur sa situation personnelle. Il ressort toutefois des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a relevé que l'intéressée ne faisait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, qui est le délai de droit commun, lui soit accordé. Il y a donc lieu d'écarter les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation.
8. En dernier lieu, Mme A reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Elle n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme A est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Fait à Bordeaux, le 11 janvier 2024.
La présidente désignée,
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026