mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01190 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BONNET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2202669 du 30 mars 2023, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête enregistrée le 2 mai 2023, M. A, représenté par Me Bonnet, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 30 mars 2023 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 octobre 2022 du préfet de la Vienne ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit de son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier dès lors que le mémoire complémentaire qu'il a produit en première instance n'a pas été communiqué au préfet ni pris en compte par le tribunal alors qu'il contenait des pièces nouvelles concernant sa situation familiale ;
- la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il réside en France depuis six ans, qu'il a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité d'étudiant, qu'il a occupé plusieurs emplois, qu'il vit depuis le 21 septembre 2021 en concubinage avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité et que leur enfant commun est né postérieurement à l'arrêté litigieux ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public du fait de la condamnation dont il a fait l'objet puisque, postérieurement à celle-ci, le préfet lui a délivré un titre de séjour.
Par une décision n° 2023/006850 du 8 juin 2023, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant gabonais, est entré en France le 2 septembre 2016 sous couvert d'un visa étudiant valable du 31 août 2016 au 31 août 2017. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en qualité d'étudiant valable du 1er septembre 2017 au 31 août 2018. Par un arrêté du 14 juin 2019, qu'il n'a pas exécuté, le préfet de la Vienne lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Il s'est toutefois vu délivrer un titre de séjour " étudiant " valable du 9 avril 2021 au 8 avril 2022. Le 17 février 2022, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour mention " vie privée et familiale ". Par un arrêté du 14 octobre 2022, le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du 30 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Aux termes de l'article R. 613-3 du code de justice administrative : " Les mémoires produits après la clôture de l'instruction ne donnent pas lieu à communication, sauf réouverture de l'instruction. ". Lorsque, postérieurement à la clôture de l'instruction, le juge est saisi d'une production, d'un mémoire ou d'une pièce, émanant d'une partie à l'instance, il lui appartient de prendre connaissance de cette production pour déterminer s'il y a lieu de rouvrir l'instruction afin de la soumettre au débat contradictoire et de pouvoir en tenir compte dans le jugement de l'affaire. S'il s'abstient de rouvrir l'instruction, le juge doit se borner à viser la production sans l'analyser et ne peut la prendre en compte sans entacher sa décision d'irrégularité.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a produit devant le tribunal administratif de Poitiers un mémoire en production de pièces enregistré le 13 mars 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience du 16 mars 2023. Ce mémoire qui se bornait à produire des pièces postérieures à l'arrêté litigieux et par conséquent sans incidence sur sa légalité, ne justifiait pas la réouverture de l'instruction et n'avait pas à être communiqué au préfet de la Vienne. Par suite, les premiers juges qui ont visé ce mémoire sans l'analyser, n'ont pas entaché leur jugement d'irrégularité.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
5. En premier lieu, M. A reprend, dans des termes similaires à ceux de première instance, ses moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il se prévaut nouvellement en appel de sa qualité de père d'un enfant français né le 19 février 2023, cette naissance postérieure à l'arrêté contesté est sans incidence sur sa légalité. Dans ces conditions, ainsi que l'a à juste titre considéré le tribunal, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Vienne n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulation et disposition précitées doivent être écartés.
6. En second lieu, M. A reprend son moyen tiré de ce que le préfet de la Vienne a commis une erreur d'appréciation en fondant sa décision sur la menace à l'ordre public qu'il représenterait alors que son casier judiciaire ne fait apparaître qu'une seule condamnation à payer une amende avec sursis et qu'il a bénéficié d'un titre de séjour postérieurement à cette condamnation. Toutefois, il ressort du jugement attaqué que le tribunal a neutralisé ce motif en considérant que le préfet aurait pris la même décision de refus de délivrance du titre de séjour sollicité en se fondant sur les autres motifs de son arrêté tenant notamment à l'absence d'insertion socio-professionnelle de M. A et à la circonstance qu'il ne justifiait pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Contrairement à ce que M. A se borne à soutenir en appel, la circonstance qu'il a bénéficié d'un contrat à durée indéterminée dès le 18 octobre 2021, déjà alléguée devant le tribunal, ne suffit pas à considérer qu'il serait intégré socialement et professionnellement au sein de la société française. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige ne reposerait pas sur des motifs de nature à la justifier.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 1, y compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 27 septembre 2023.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026