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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01291

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01291

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01291
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B D a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2205724 du 2 février 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d'appel :

Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, Mme D, représentée par Me Astié, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 2 février 2023 ;

2°) d'annuler l'arrêté de la préfète de la Gironde du 7 juillet 2022 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun à toutes les décisions :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :

- cette décision est insuffisamment motivée ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du même code ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est entachée d'illégalité dès lors que la décision de refus de titre de séjour est illégale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne les moyens dirigés contre la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'illégalité dès lors que la décision portant refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français sont illégales.

Par une décision n° 2023/4012 du 25 avril 2023, le bureau de l'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux a rejeté la demande d'aide juridictionnelle déposée par Mme D.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la cour a désigné, par une décision du 21 décembre 2022, Mme Karine Butéri, présidente, pour statuer par voie d'ordonnance en application des dispositions de l'article R.222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme D, ressortissante angolaise née le 1er décembre 1982, est entrée en France selon ses dires le 21 janvier 2018. Sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 22 août 2019. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 15 septembre 2020. Mme D a déposé une demande de titre de séjour le 17 décembre 2021. Par un arrêté du 7 juillet 2022, la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme D relève appel du jugement du 2 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, comme l'a indiqué à juste titre le tribunal, par un arrêté du 21 juin 2022 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 33-2022-104, la préfète de la Gironde a donné délégation à M. A C, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment toutes les décisions relatives au séjour prises en application des livres IV, VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, parmi lesquelles figurent les décisions en litige. L'appelante, à laquelle cette délégation n'avait pas à être notifiée, n'établit pas que la préfète de la Gironde n'aurait pas été absente ou empêchée le jour de la signature de l'acte contesté. Dès lors, le moyen réitéré en appel tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

4. En deuxième lieu, Mme D reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au soutien duquel elle produit nouvellement une promesse d'embauche en qualité d'employée de restauration datée du 10 janvier 2023. Toutefois, ce document, au demeurant postérieur à la décision litigieuse, n'est pas de nature à infirmer l'appréciation portée par les premiers juges qui ont écarté à juste titre ce moyen en relevant notamment que Mme D, qui ne justifie pas d'une durée de résidence significative et ininterrompue en France, est célibataire et sans enfant et n'établit pas être démunie de liens avec l'Angola, son pays d'origine, où elle a vécu trente-six ans et où réside encore sa mère. Par suite, il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux et par ceux qui viennent d'être exposés.

5. En troisième lieu, Mme D reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens invoqués en première instance visés ci-dessus. Elle n'apporte en appel aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune nouvelle pièce à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité, que la requête d'appel de Mme D est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D.

Copie en sera adressée au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 11 janvier 2024.

La présidente désignée,

Karine Butéri

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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