jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX01732 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | REIX |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2022 par lequel la préfète de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2206719 du 16 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions du 2 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour administrative d'appel :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, Mme B, représentée par Me Reix, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 16 mars 2023 en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2022 de la préfète de la Gironde en tant qu'il porte refus de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal a mal apprécié les faits sur lesquels il s'est fondé pour écarter le moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation ou d'une erreur de fait qui était donc fondé ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle justifie de la gravité de son état de santé et de l'absence de traitement adapté au Nigéria ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de son intégration professionnelle et de la présence de sa fille en France ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant en raison des risques encourus par sa fille en cas de retour au Nigéria.
Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2023/006047 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bordeaux du 25 mai 2023.
Le président de la cour administrative d'appel de Bordeaux a, par une décision du 21 décembre 2022, désigné Mme Karine Butéri, présidente, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante nigériane née en 1996, déclare être entrée en France en septembre 2016. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 17 mars 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 2 août 2021. Elle a bénéficié d'un titre de séjour, le 4 mars 2021, en qualité d'étranger malade, renouvelé jusqu'au 29 septembre 2022. Le 18 juillet 2022, elle a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour. Par un arrêté du 2 décembre 2022, la préfète de la Gironde a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du 16 mars 2023, le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les décisions du 2 décembre 2022 portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Mme B relève appel de ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande qui tendait également à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 2 décembre 2022.
3. En premier lieu, Mme B reprend en appel le moyen tiré de ce que sa situation n'avait pas fait l'objet d'un examen sérieux ou de ce que la décision était entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionnait à tort qu'elle n'avait pas sollicité l'asile pour sa fille. Il ressort du point 8 du jugement attaqué que le tribunal a neutralisé ce motif en considérant que " Si la requérante fait valoir que la décision de refus de séjour est entachée d'erreur de fait dès lors qu'elle mentionne à tort que Mme B n'a pas sollicité l'asile pour sa fille, il ressort des pièces du dossier que la préfète aurait pris la même décision et aurait procédé à la même appréciation de sa situation personnelle si elle avait pris en compte cette demande, dès lors que, par décision du 30 juin 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile présentée pour sa fille ". D'une part, en se bornant à soutenir que " le tribunal a mal apprécié les faits " et que " la préfète de la Gironde s'est méprise expressément sur l'absence de demande d'asile déposée pour sa fille mineure qui est un élément déterminant de l'appréciation de (son) droit au séjour ", Mme B ne critique pas utilement cette neutralisation de motif. D'autre part, le moyen repris en appel est inopérant.
4. En deuxième lieu, l'intéressée reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au soutien duquel elle produit un certificat médical du 19 avril 2023 attestant de l'évolution défavorable de son état psychiatrique. Toutefois, ce certificat médical peu circonstancié n'est pas de nature à justifier, en l'absence de toute autre précision et alors qu'il est postérieur à l'arrêté contesté de plus de quatre mois, que l'état de santé de l'intéressée aurait évolué défavorablement entre sa demande de renouvellement de son titre de séjour et l'intervention de l'arrêté en litige. Il ne permet pas davantage que les documents produits en première instance de remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII dans son avis du 11 octobre 2022 et par la préfète de la Gironde sur la disponibilité effective d'un traitement approprié à sa pathologie dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen doit être écarté pour les motifs pertinents retenus par les premiers juges et par les motifs qui viennent d'être exposés.
5. En troisième lieu, Mme B reprend, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement, les autres moyens visés ci-dessus invoqués en première instance. Elle n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait nouveau, ni aucune pièce nouvelle à l'appui de ces moyens auxquels le tribunal administratif de Bordeaux a suffisamment et pertinemment répondu. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par les premiers juges.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 7 mars 2024.
Karine Butéri
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026