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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX01747

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX01747

mardi 16 décembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX01747
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantELFASSI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 juin 2023, 16 novembre 2023, 30 janvier 2024, 28 mars 2024, 4 octobre 2024 et 13 juin 2025, l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine, Mme C... F..., M. D... F... et M. B... E..., représentés par Me Radé, demandent à la cour :

1°) d’annuler l’arrêté de la préfète de la Haute-Vienne du 27 février 2023 actant du porter à connaissance d'une modification des installations et complétant les dispositions de l'arrêté du 14 mai 2019 portant autorisation unique délivrée à la société par actions simplifiée Énergie Saint Barbant d’exploiter un parc éolien sur le territoire de la commune déléguée de Saint-Barbant (commune de Val-d'Oire-et-Gartempe) ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- les modifications contenues dans l’arrêté du 27 février 2023 présentent caractère substantiel et auraient dû donner lieu à une nouvelle autorisation ; dès lors que le dossier envisage trois modèles d’aérogénérateurs dont les conséquences sur l’environnement sont différentes, le préfet n’était pas en mesure de se prononcer sur le caractère substantiel ou non des modifications ;
- s’agissant de l’avifaune, l’étude d’impact réalisée en 2016 est dépassée, dès lors qu’elle ne prend pas en compte l’augmentation de l’aire des pales de 21 % à 41,7 % selon le modèle ; alors que l’étude d’impact recommande un écart de 1 000 mètres, cette distance ne peut être respectée entre les éoliennes E1 et E2 et E3 et E4, ou un éloignement de mat à mat de moins de 450 m est prévu et de moins de 300 m de pale à pale ; depuis l’étude d’impact de 2016, trois nichées de cigognes noires ont été découvertes ; le passage des migrateurs est également limité par le nouveau gabarit des éoliennes, et le projet entraine des risques de collision et d’effet barrière significatifs compte tenu de la densité des projets éoliens dans le nord du département au 21 mars 2024 ;
- l’étude d’impact réalisée en 2016 est incomplète et approximative, dès lors qu’elle ne tient pas compte des espèces nicheuses et ne retient que les espèces figurant sur la liste rouge nationale, sans intégrer les statuts régionaux ; les mesures d’évitement qu’elle prévoit sont obsolètes ;
- s’agissant des chiroptères, le dossier de porter à connaissance ne détaille pas les modifications de garde au sol et de distance aux boisements et leur influence, alors qu’il ressort de l’étude d’impact que l’une des prescriptions pour limiter le risque de collision et une garde au sol de plus de 50 mètres ; de plus, l’augmentation de la taille des rotors a un impact considérable sur la mortalité des chiroptères, et l’augmentation de la surface des pales augmente mécaniquement le risque de barotraumatisme ;
- le rapport de l’inspection des installations classées indique que depuis l’étude d’impact de 2016, certaines haies se sont densifiées, d’autres sont été supprimées et une des parcelles agricoles est devenue une prairie, de sorte que les conclusions de l’étude d’impact sur la répartition des haies accueillant les espèces ne sont plus valables ;
- le périmètre d’étude de 2 km retenu par l’étude d’impact de 2016 est insuffisant pour les chiroptères, dont les rayons d’activités nocturnes peuvent atteindre 5 à 10 km, ce qui impose une nouvelle étude d’impact, et aucune actualisation de l’étude n’a été produite, en méconnaissance de l’article R. 122-9 du code de l’environnement ;
- la dérogation espèces protégées est injustifiable au regard de l’article L. 411-1 du code de l’environnement et l’étude d’impact ne permet pas de fonder une telle dérogation ;
- s’agissant de la zone humide, il y a augmentation de 13 % de la superficie de zone humide concernée ;
- s’agissant des paysages et du patrimoine, avec l’augmentation de l’aire des pales de 7 %, il y a augmentation de 42 % du papillotement et l’augmentation de la taille augmente nécessairement l’impact visuel et l’effet stroboscopique ;
- s’agissant des conséquences acoustiques,
- l’augmentation de l’aire des pales fait nécessairement dépasser les seuils admissibles, et la mise en place de deux mesures de contrôle dans les 18 premiers mois d’exploitation pour ajuster le bridage est insuffisante ;
- l’étude acoustique n’a été faite que pour le modèle Vesta V150 et pas pour les autres modèles envisagés ;
- à ce jour, et en conséquence de l’arrêt du CE du 8 mars 2024 n° 465036 et de l’abandon du projet de norme NSF 31-114, il n’existe qu’une seule norme homologuée pour le contrôle des émissions sonores des ICPE, la norme NFS 31-010 ; or, l’étude d’impact produite fait référence à la norme NFS 31-114 qui n’était plus applicable au moment du dépôt du dossier de porter à connaissance ; il y a lieu d’écarter par la voie de l’exception les articles 28 et 29 de l’arrêté du 26 août 2011 ;

Sur le montant des garanties financières, l’arrêté contesté ne prend pas en compte l’augmentation exponentielle des couts de démantèlement ;

Sur la justification de la capacité financière, les fonds propres de la société présentent des capitaux propres lourdement négatifs.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 octobre 2023, 28 mai 2024, 26 juillet 2024, 3 octobre 2024, 15 novembre 2024 et 12 mai 2025, la SAS Energie Saint-Barbant, représentée par Me Elfassi, demande à la cour :

1°) de rejeter de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, de modifier l’arrêté s’agissant du montant des garanties financières ;

3°) à titre subsidiaire, de surseoir à statuer dans l’attente d’une régularisation ;

4°) de mettre à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la requête est irrecevable faute d’intérêt pour agir des requérants ;
- le moyen tiré de l’insuffisance de l’étude acoustique, réalisée sur la base du projet de norme NFS 31-114 est irrecevable en application de l’article R. 611-7-2 du code de justice administrative ;
- les autres moyens soulevés par ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 aout 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’environnement ;
- l’arrêté du 26 août 2011 relatif aux installations de production d'électricité utilisant l'énergie mécanique du vent au sein d'une installation soumise à autorisation au titre de la rubrique 2980 de la législation des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- l’arrêté du 23 janvier 1997 relatif à la limitation des bruits émis dans l’environnement par les installations classées pour la protection de l’environnement ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Frédérique Munoz-Pauziès,
- les conclusions de Mme Pauline Reynaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Radé, représentant, l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine, Mme C... F..., M. D... F... et M. B... E..., et Me Maestle pour la SAS Energie Saint-Barbant.


Une note en délibéré présentée par l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres a été enregistrée le 1er décembre 2025.


1. Par arrêté du 14 mai 2019, le préfet de la Haute-Vienne a délivrée à la SAS Energie Saint-Barbant l’autorisation d’exploiter sur le territoire de la commune déléguée de Saint-Barbant un parc éolien comprenant quatre éoliennes et un poste de livraison. Par un arrêt n° 19BX03656 du 8 février 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a modifié l’article 6 de cet arrêté, relatif aux montant des garanties financières, et rejeté le surplus des conclusions de la requête dirigé contre cet arrêté. Le 31 mars 2022, la SAS Energie Saint Braibant a déposé auprès de la préfecture de la Haute-Vienne un porter à connaissance relatif à la modification de certaines caractéristiques des éoliennes et par l’arrêté contesté du 27 février 2023, la préfète a acté de ce porter à connaissance.

Sur la nécessité d’une nouvelle autorisation :

2. D’une part, aux termes de l’article L. 181-1 du code de l’environnement : « L'autorisation environnementale, dont le régime est organisé par les dispositions du présent livre ainsi que par les autres dispositions législatives dans les conditions fixées par le présent titre, est applicable aux activités, installations, ouvrages et travaux suivants, lorsqu'ils ne présentent pas un caractère temporaire : (…) 2° Installations classées pour la protection de l'environnement mentionnées à l'article L. 512-1 ; (…) ». Aux termes de l’article L. 181-3 du même code : « I. L'autorisation environnementale ne peut être accordée que si les mesures qu'elle comporte assurent la prévention des dangers ou inconvénients pour les intérêts mentionnés aux articles L. 211-1 et L. 511-1 du code de l'environnement (…) ». Et l’article L. 511-1 de ce code dispose : « A... soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. (…) ».

3. D’autre part, aux termes de l’article L. 181-14 du code de l’environnement : « Toute modification substantielle des activités, installations, ouvrages ou travaux qui relèvent de l'autorisation environnementale est soumise à la délivrance d'une nouvelle autorisation, qu'elle intervienne avant la réalisation du projet ou lors de sa mise en œuvre ou de son exploitation. / En dehors des modifications substantielles, toute modification notable intervenant dans les mêmes circonstances est portée à la connaissance de l'autorité administrative compétente pour délivrer l'autorisation environnementale dans les conditions définies par le décret prévu à l'article L. 181-32. / L'autorité administrative compétente peut imposer toute prescription complémentaire nécessaire au respect des dispositions des articles L. 181-3 et L. 181-4 à l'occasion de ces modifications, mais aussi à tout moment s'il apparaît que le respect de ces dispositions n'est pas assuré par l'exécution des prescriptions préalablement édictées. ». L’article R. 181-46 de ce code dispose : « I. – Est regardée comme substantielle, au sens de l'article L. 181-14, la modification apportée à des activités, installations, ouvrages et travaux soumis à autorisation environnementale qui : / 1° En constitue une extension devant faire l'objet d'une nouvelle évaluation environnementale en application du II de l'article R. 122-2 ; / 2° Ou atteint des seuils quantitatifs et des critères fixés par arrêté du ministre chargé de l'environnement ; / 3° Ou est de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3. / La délivrance d'une nouvelle autorisation environnementale est soumise aux mêmes formalités que l'autorisation initiale. / II. – Toute autre modification notable apportée aux activités, installations, ouvrages et travaux autorisés, à leurs modalités d'exploitation ou de mise en œuvre ainsi qu'aux autres équipements, installations et activités mentionnés au dernier alinéa de l'article L. 181-1 inclus dans l'autorisation doit être portée à la connaissance du préfet, avant sa réalisation, par le bénéficiaire de l'autorisation avec tous les éléments d'appréciation. / S'il y a lieu, le préfet, après avoir procédé à celles des consultations prévues par les articles R. 181-18, R. 181-19, R. 181-21 à R. 181-32-1 et R. 181-33-1 que la nature et l'ampleur de la modification rendent nécessaires et, le cas échéant, à une consultation du public dans les conditions de l'article L. 123-19-2 ou, lorsqu'il est fait application du III de l'article L. 122-1-1, de l'article L. 123-19, fixe des prescriptions complémentaires ou adapte l'autorisation environnementale dans les formes prévues à l'article R. 181-45. (…) ».

4. Il résulte de l’instruction, et notamment du dossier de porter à connaissance, que les modifications apportées au projet initial consistent principalement en une modification du gabarit des éoliennes : la hauteur en bout de pales passe de 180,3 m à 192 m maximum, le diamètre de rotor, initialement de 126 à 136 m, sera de 150 m maximum, la puissance unitaire maximale, initialement de 3 à 3,45 MW passe à 4,2 MW, et la hauteur de moyeu, initialement de 112 à 117 m, sera de 112 à 126 m. A... également prévus le déplacement de l’éolienne E3 de 4 m vers l’ouest et de l’éolienne E4 de 5 m vers l’est, et la modification des accès à l’éolienne E1. Les requérants soutiennent que ces modifications doivent donner lieu à une nouvelle autorisation, dès lors qu’elles sont de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3 et doivent donc être regardées comme substantielles au sens des dispositions des articles L. 181-14 et R. 181-46 du code de l’environnement.

En ce qui concerne l’absence de précision dans le porter à connaissance du modèle d’éolienne retenu :

5. Le porter à connaissance, s’il ne précise pas le modèle d’éolienne qui sera effectivement installé, précise les valeurs maximales des machines envisagées en termes de hauteur de moyeu et de hauteur en bout de pales, de diamètre de rotor et de puissance, et évalue les effets des modifications de gabarit en se fondant sur ces valeurs maximales. De même, l’actualisation de l’étude acoustique réalisée le 1er décembre 2021 se fonde sur des éoliennes de type Vestas V150 qui, selon le rapport d’inspection de l’installation des installations classées, présentent le gabarit maximal prévu par le projet. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier envisageant trois modèles d’éoliennes sans préciser celui qui sera effectivement installé, le porter à connaissance n’apportait pas d’éléments suffisants permettant à la préfète d’évaluer les conséquences, inconvénients et dangers susceptibles de résulter des modifications envisagées et de s’assurer que les intérêts visés à l’article L. 511-1 du code de l’environnement, auquel renvoie l’article L. 181-3 du même code, seront préservés.

En ce qui concerne l’avifaune :

6. Le porter à connaissance apporte des compléments à l’étude d’impact réalisée en 2016, et affirme que le changement de gabarit des éoliennes, après mise en place des mesures d’évitement, de réduction et de compensation, n’aura que des impacts résiduels non significatifs sur les espèces protégées, en l’absence d’augmentation sensible du risque de collision.

7. Les requérants soutiennent que l’étude d’impact initiale est incomplète et approximative, dès lors qu’elle limite l’aire rapprochée d’analyse à un rayon de seulement 2 km autour du site, qu’elle ne tient pas compte des espèces nicheuses, que l’analyse se limite aux seules espèces figurant sur la liste rouge nationale, à l’exclusion des statuts régionaux, et que les mesures d’évitement prévues sont obsolètes en raison de l’augmentation du gabarit des éoliennes. Il résulte toutefois de l’instruction que si l’aire d’étude rapprochée est limitée à 2 km autour de l’aire d’étude immédiate, l’étude d’impact a également étudié l’avifaune caractéristique des différentes zones de protection recensées dans le périmètre éloigné jusqu’à 15 kilomètres. L’étude comporte, outre l’inventaire complet des oiseaux, des développements détaillés sur les intérêts faunistiques en jeu et recense les effets du projet sur les différentes espèces d’oiseaux nicheuses et migratrices en fonction des différentes phases de travaux et de l’implantation des éoliennes. La direction régionale de l’environnement et du logement de la Nouvelle Aquitaine a d’ailleurs estimé dans son avis du 28 mars 2019 que les méthodes appliquées pour la conduite des états initiaux, s’agissant notamment des inventaires et de l’identification des enjeux, sont adaptées au contexte du projet. Les requérants ne précisent pas en quoi les très nombreuses mesures d’évitement, de réduction et de compensation prévues seraient obsolètes en raison des modifications contenues dans le porter à connaissance.

8. Si les requérants soutiennent que l’augmentation du gabarit des éoliennes augmentera mécaniquement les risques de collisions, le rapport de l’inspection des installations classées affirme que le changement de gabarit n’aura pas d’impact supplémentaire sur les habitats et sur les espèces nicheuses et que, s’agissant des oiseaux migrateurs, le risque de destruction par collision directe ainsi que le dérangement dû à l’effet « barrière » sont faibles à modérés avant les mesures d’évitement et de réduction, et non significatifs après prise en compte de ces mesures. Alors que l’étude d’impact réalisée en 2016 prévoyait, au titre des recommandations pour la réduction des impacts potentiels, un écart entre les machines de plus de 260 mètres et de plus d’un kilomètre entre les deux groupes d’éoliennes, il résulte de l’instruction, alors que l’écart ainsi prévu s’apprécie non de pale à pale, mais de mat à mat, que l’écart sera de 443 m entre E1 et E2, de 404 m entre E3 et E4 et de 1 427 m entre E2 et E3. Les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le projet augmentera la densité des parcs éoliens dans le nord du département et donc le risque de collision et d’effet barrière, dès lors que le projet en cause est déjà autorisé par une décision devenue définitive et que le présent litige porte exclusivement sur la modification des installations autorisées. Enfin, il ne résulte pas de l’instruction, d’une part, que le projet serait situé dans la zone du domaine vital de la cigogne noire et d’autre part et en tout état de cause, que l’augmentation du gabarit entrainerait un accroissement du risque pour cette espèce. Ainsi, il ne résulte pas de l’instruction que les modifications dans le gabarit des éoliennes seraient de nature à entrainer des dangers et inconvénients significatifs pour l’avifaune.

En ce qui concerne les chiroptères :

9. Il résulte de l’instruction, et notamment du porter à connaissance, que si l’aire d’étude immédiate est une zone relativement sensible en termes d’enjeux chiroptérologiques, les éoliennes sont implantées dans des secteurs ouverts peu favorables à une activité importante et que, grâce à la mesure d’arrêt programmé de toutes les éoliennes en période nocturne (MN-E2), l’impact résiduel sur les chiroptères est jugé non significatif. Si les requérants font valoir que le dossier de porter à connaissance ne détaille pas les modifications de garde au sol et leur influence, alors que selon le modèle d’éolienne retenue, la garde au sol peut être plus basse de 4 m et que pour limiter les collisions, il est nécessaire d’avoir une garde au sol de plus de 50 mètres, le rapport de l’inspection des installations classées, qui a relevé cette circonstance, estime que les mesures prévues aux articles 7 et 8 de l’arrêté d’autorisation du 14 mai 2019 restent adaptées et permettent de conclure que la modification de gabarit n’aura pas d’impact significatif supplémentaire. Il ne résulte pas de l’instruction que les modifications survenues sur le terrain, dont fait mention le rapport de l’inspection des installations classées, tenant à la densification ou la suppression de certaines haies et à l’abandon de pratiques agricoles sur certaines prairies, modifieraient les impacts du projet sur les habitats des chiroptères et rendraient nécessaire une nouvelle étude d’impact. Si les requérants soutiennent que le périmètre d’étude de 2 km retenu par l’étude d’impact de 2016 est insuffisant pour les chiroptères, dont les rayons d’activités nocturnes peuvent atteindre 5 à 10 km, il résulte de l’instruction que s’agissant des chiroptères, l’étude d’impact a retenu une aire d’étude rapprochée de 200 m autour de l’aide immédiate, une aire intermédiaire de 2 km autour de l’aide immédiate et une aire éloignée de 20 km autour de l’aide immédiate. Il ne résulte en tout état de cause pas de l’instruction que les modifications du gabarit des éoliennes seraient de nature à entrainer des dangers et inconvénients significatifs pour les chiroptères rendant nécessaire une nouvelle étude d’impact.

En ce qui concerne la zone humide :

10. La modification apportée au projet entraine une augmentation de 13 % de la surface de zone humide impactée par le projet. Toutefois, et alors que l’arrêté initial prévoyait une compensation consistant en la préservation et la gestion du double de la surface de zones humides de même valeur écologique que celle détruite, le rapport de l’inspection des installations classées relève que « l’augmentation de l’impact brut sur les zones humides est compensée par une superficie affectée à la compensation augmentée de 66 %, (…) avec un emplacement plus favorable à la pérennisation des zones humides dans le secteur d’implantation du projet ». Ainsi, la modification dont l’arrêté litigieux donne acte n’entraine pas de dangers ou d’inconvénients significatifs pour les zones humides.

En ce qui concerne l’atteinte aux paysages, à la commodité du voisinage et au patrimoine :

11. Si les requérants soutiennent que l’augmentation de la taille augmente nécessairement l’impact visuel, l’effet stroboscopique et le papillotement, il résulte toutefois de l’instruction, et notamment du rapport de l’inspection des installations classées, que les modifications apportées n’apparaissent pas visuellement significatives.

En ce qui concerne les conséquences acoustiques :

S’agissant du modèle d’éolienne sur lequel a porté l’étude acoustique :

12. La société Énergie Saint Barbant a produit dans son porter à connaissance une actualisation de l’étude acoustique réalisée par le bureau d’études Erea Ingénierie et portant sur quatre éoliennes de type Vestas V 150, 4,2 MW de 115 m de hauteur de moyeu, équipées de dispositifs installés sur les pales permettant de diminuer les émissions sonores (peignes). Ce modèle est celui des trois modèles envisagés par la société Energie Saint-Barbant présentant le gabarit maximal et produisant les nuisances sonores les plus importantes. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier envisageant trois modèles d’éoliennes, les émergences acoustiques auraient dû être évaluées pour chacun d’eux.

S’agissant de l’utilisation de la norme NFS 31-114 :

13. En premier lieu, les requérants soutiennent que la norme NFS 31-114 n’étant jamais entrée en vigueur, la norme NF S 31-010 aurait dû être retenue par le bureau d’études. Toutefois, il ressort de l’article 1er de l’arrêté du 23 janvier 1997 relatif à la limitation des bruits émis dans l’environnement par les installations classées pour la protection de l’environnement, qui prescrit l’utilisation de la norme NF S 31-010 comme méthode de mesure des émissions sonores d’une installation classée, qu’il n’est pas applicable aux installations de production d’électricité utilisant l’énergie mécanique du vent soumises à autorisation au titre de la rubrique 2980. Pour ces dernières, l’article 28 de l’arrêté du 26 août 2011, dans sa rédaction initiale que l’annulation prononcée par le Conseil d’Etat dans sa décision n° 465036 du 8 mars 2024 a fait revivre, prévoit que les mesures réalisées pour vérifier le respect des émergences admissibles « sont effectuées selon les dispositions de la norme NF 31-114 dans sa version en vigueur six mois après la publication du présent arrêté ou à défaut selon les dispositions de la norme NFS 31-114 dans sa version de juillet 2011 ». S’il est constant que cette norme NF 31-114 est restée à l’état de projet, il ne résulte pas de l’instruction que son application, qui est au demeurant préconisée par le « Guide de l’étude d’impact sur l’environnement des parcs éoliens », élaboré en 2010 par le ministère chargé de l’environnement, aurait, en tout état de cause, affecté les résultats de l’étude acoustique dans une proportion telle qu’elle aurait conduit, dans le cas particulier du parc éolien en litige, à ignorer des dépassements des seuils réglementaires.

14. En second lieu, l’illégalité d’un acte administratif, qu’il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d’exception à l’appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l’application du premier acte ou s’il en constitue la base légale.

15. Les requérants demandent par la voie de l’exception que soient écartées les dispositions des articles 28 et 29 de l’arrêté du 26 août 2011. Toutefois, l’arrêté contesté n’a pas été pris pour l’application de ces dispositions, qui n’en constituent pas la base légale. Par suite, le moyen tiré, par voie d’exception, de l’illégalité de ces articles doit être écarté comme inopérant. En tout état de cause, s’agissant de l’article 28, d’une part, par la décision n° 465036 du 8 mars 2024, le Conseil d’Etat a prononcé l’annulation de l’article 14 de l’arrêté du 10 décembre 2021 en tant qu’il insérait un II à l’article 28 de l’arrêté du 26 août 2011. Cette décision a fait revivre la rédaction du texte antérieure à l’entrée en vigueur de l’arrêté du 10 décembre 2021. Par suite, les moyens tirés de ce que « l’autorité ayant créé cette nouvelle disposition n’était pas compétente pour le faire » et de ce que serait ainsi réintroduite en droit une méthodologie dérogatoire à la norme NFS 31-010 en méconnaissance du principe de non régression environnementale doivent être écartés. D’autre part, le moyen tiré de l’absence d’évaluation environnementale préalablement à l’adoption de l’arrêté du 26 aout 2011 est inopérant dans le cadre d’une exception d’illégalité. S’agissant de l’article 29 de l’arrêté du 26 août 2011 relatif au démantèlement des installations, les requérants ne soulèvent aucun moyen à l’appui de leur contestation de sa légalité.

S’agissant des émergences liées au nouveau gabarit des éoliennes :

16. L’analyse des émergences globales calculées hors plan de fonctionnement optimisé fait apparaitre des risques de dépassement des seuils réglementaires en période de jour et surtout en période de nuit au droit de neuf hameaux. Toutefois, d’une part, en plan de fonctionnement optimisé, les émergences globales calculées sont conformes à la réglementation ; d’autre part et surtout, l’arrêté portant autorisation du 14 mai 2019 a prescrit un plan de bridage et deux campagnes de mesures acoustiques en période hivernale et estivales au cours des dix-huit premiers mois de fonctionnement du parc éolien, afin le cas échéant d’adapter le plan de bridage. Il ne résulte pas de l’instruction que ces mesures seraient insuffisantes et inadaptées au nouveau gabarit des éoliennes.

Sur la dérogation « espèces protégées » :

17. L’arrêté contesté ne comporte pas de dérogation « espèces protégées ». Par suite, les moyens tirés de ce que la dérogation « espèces protégées » serait « injustifiable » au regard de l’article L. 411-1 du code de l’environnement et que l’étude d’impact ne permettrait pas de fonder une telle dérogation, sont inopérants et doivent être écartés.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les modifications figurant dans le porter à connaissance ne sont pas de de nature à entraîner des dangers et inconvénients significatifs pour les intérêts mentionnés à l'article L. 181-3 du code de l’environnement, et ne peuvent dès lors être regardées comme substantielles. Par suite, la société Energie Saint-Barbant n’était pas tenue, en application des dispositions de l’article L. 181-14 du code de l’environnement, de solliciter auprès de la préfète de la Haute-Vienne la délivrance d’une nouvelle autorisation.

Sur les capacités et les garanties financières :

19. Aux termes de l’article L. 181-27 du code de l’environnement : « L'autorisation prend en compte les capacités techniques et financières que le pétitionnaire entend mettre en œuvre, à même de lui permettre de conduire son projet dans le respect des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et d'être en mesure de satisfaire aux obligations de l'article L. 512-6-1 lors de la cessation d'activité. » Aux termes de l’article D. 181-15-2 du même code : « Lorsque l'autorisation environnementale concerne un projet relevant du 2° de l'article L. 181-1, le dossier de demande est complété (…) des pièces et éléments suivants : (…) 3° Une description des capacités techniques et financières mentionnées à l'article L. 181-27 dont le pétitionnaire dispose, ou, lorsque ces capacités ne sont pas constituées au dépôt de la demande d'autorisation, les modalités prévues pour les établir au plus tard à la mise en service de l'installation ».

20. Il résulte de ces dispositions que lorsque le juge se prononce sur la légalité de l’autorisation avant la mise en service de l’installation, il lui appartient, si la méconnaissance de ces règles de fond est soulevée, de vérifier la pertinence des modalités selon lesquelles le pétitionnaire prévoit de disposer de capacités financières et techniques suffisantes pour assumer l’ensemble des exigences susceptibles de découler du fonctionnement, de la cessation éventuelle de l’exploitation et de la remise en état du site au regard des intérêts mentionnés à l’article L. 511-1 du code de l'environnement, ainsi que les garanties de toute nature qu'il peut être appelé à constituer à cette fin en application des articles L. 516-1 et L. 516-2 du même code.

En ce qui concerne les capacités financières :

21. Dans son arrêt n° 19BX03656 du 8 février 2022, devenu définitif à la suite de la non admission du pourvoi en cassation, la cour, saisie de l’arrêté du 14 mai 2019 autorisant la société Energie Saint-Barbant à exploiter le parc éolien en cause, a estimé que les indications précises et étayées du dossier de la société sur ses capacités financières étaient de nature à informer de manière suffisante l’autorité compétente et le public sur le montage financier de l’opération et à s’assurer que la société Energie Saint-Barbant aura les capacités financières nécessaires au bon fonctionnement du parc éolien ainsi qu’au respect de la réglementation tout au long de la phase d’exploitation de l’installation. Alors que les requérants se bornent à soutenir que « les fonds propres de la société (…) présentent des capitaux propres lourdement négatifs depuis des années », sans se prévaloir de changement depuis l’autorisation initiale, il ne résulte pas de l’instruction que, eu égard au nouveau gabarit des éoliennes, la société Energie Saint-Barbant ne serait pas à même de conduire son projet dans le respect des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et d’être en mesure de satisfaire aux obligations de l'article L. 512-6-1 lors de la cessation d'activité.

En ce qui concerne les garanties financières :

22. Aux termes de l’article R. 515-101 du code de l’environnement : « I. La mise en service d'une installation de production d'électricité utilisant l'énergie mécanique du vent soumise à autorisation au titre du 2° de l'article L. 181-1 est subordonnée à la constitution de garanties financières visant à couvrir, en cas de défaillance de l'exploitant lors de la remise en état du site, les opérations prévues à l'article R. 515-106. Le montant des garanties financières exigées ainsi que les modalités d'actualisation de ce montant sont fixés par l'arrêté d'autorisation de l'installation. / II. Un arrêté du ministre chargé de l'environnement fixe, en fonction de l'importance des installations, les modalités de détermination et de réactualisation du montant des garanties financières qui tiennent notamment compte du coût des travaux de démantèlement. (…) ». Aux termes de l’article R. 515-106 du même code : « Les opérations de démantèlement et de remise en état d'un site après exploitation comprennent : / 1° Le démantèlement des installations de production ; / 2° L'excavation de tout ou partie des fondations ; / 3° La remise en état des terrains sauf si leur propriétaire souhaite leur maintien en l'état ; / 4° La réutilisation, le recyclage, la valorisation ou à défaut l'élimination des déchets de démolition ou de démantèlement dans les filières dûment autorisées à cet effet. / 5° L'intervention, conformément à l'avant dernier alinéa de l'article L. 512-6-1, d'une entreprise certifiée dans le domaine des sites et sols pollués ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine, pour attester de la mise en œuvre des opérations prévues par les points 1° à 4°. (…) ». L’article 29 de l’arrêté du 26 aout 2011 dispose : « I. - Les opérations de démantèlement et de remise en état prévues à l'article R. 515-106 du code de l'environnement s'appliquent également au démantèlement des aérogénérateurs qui font l'objet d'un renouvellement. Elles comprennent : / - le démantèlement des installations de production d'électricité ; / -le démantèlement des postes de livraison ainsi que les câbles dans un rayon de 10 mètres autour des aérogénérateurs et des postes de livraison. Dans le cadre d'un renouvellement dûment encadré par arrêté préfectoral, les postes de livraison ainsi que les câbles dans un rayon de 10 mètres autour des aérogénérateurs et des postes de livraison peuvent être réutilisés ; / - l'excavation de la totalité des fondations jusqu'à la base de leur semelle, à l'exception des éventuels pieux. Par dérogation, la partie inférieure des fondations peut être maintenue dans le sol sur la base d'une étude adressée au préfet et ayant été acceptée par ce dernier démontrant que le bilan environnemental du décaissement total est défavorable, sans que la profondeur excavée ne puisse être inférieure à 2 mètres dans les terrains à usage forestier au titre du document d'urbanisme opposable et 1 m dans les autres cas. Les fondations excavées sont remplacées par des terres de caractéristiques comparables aux terres en place à proximité de l'installation. Dans le cadre d'un renouvellement dûment encadré par arrêté préfectoral, les fondations en place peuvent ne pas être excavées si elles sont réutilisées pour fixer les nouveaux aérogénérateurs. / - la remise en état du site avec le décaissement des aires de grutage et des chemins d'accès sur une profondeur de 40 centimètres et le remplacement par des terres de caractéristiques comparables aux terres à proximité de l'installation, sauf si le propriétaire du terrain sur lequel est sise l'installation souhaite leur maintien en l'état. (…) ». Enfin, l’article 30 de cet arrêté dispose : « Le montant des garanties financières mentionnées à l'article R. 515-101 du code de l'environnement est déterminé selon les dispositions de l'annexe I du présent arrêté. Ce montant est réactualisé par un nouveau calcul lors de leur première constitution avant la mise en service industrielle. ».

23. En premier lieu et contrairement à ce que soutiennent les requérants, il résulte de la combinaison de ces dispositions que les garanties financières visent à couvrir non pas les seuls frais inhérents au démantèlement des installations aériennes mais également l'excavation de la totalité des fondations jusqu’à la base de leur semelle.

24. En second lieu, l’arrêté contesté fixe le montant des garanties que l’exploitant est dans l’obligation de constituer à la somme de 521 700 euros. En se bornant à soutenir que l’arrêté « ne prend pas du tout en compte l’augmentation exponentielle des couts de démantèlements et donc des garanties financières correspondantes », sans remettre en cause la conformité du montant retenu avec les textes mentionnés au point 20 et la méthode de calcul du montant des garanties prévue à l’annexe I de l’arrêté du 26 aout 2011, les requérants ne critiquent pas utilement le montant des garanties retenu eu égard au changement de gabarit des éoliennes.

25. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les fins de non recevoir soulevées en défense, que l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres ne sont pas fondés à demander l’annulation de l’arrêté de la préfète de la Haute-Vienne du 27 février 2023 actant du porter à connaissance de la modification des installations autorisées par l’arrêté du 14 mai 2019.

Sur les frais de l’instance :

26. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres demandent au titre des frais de l’instance. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu, au titre de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres la somme que la SAS Energie Saint-Barbant demande au titre des frais de l’instance.

27. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l’Etat aurait engagé pour sa défense devant la cour des frais justifiant que l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres soient condamnés à les lui rembourser sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Les conclusions de la préfète à ce titre ne peuvent ainsi qu’être rejetées.






DECIDE :



Article 1er :
La requête de l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine et autres est rejetée.

Article 2 :
Les conclusions de l’Etat et de la SAS Energie Saint-Barbant présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :
Le présent arrêt sera notifié à l’association pour la défense et la protection du patrimoine paysage de Saint Barbant, Saint Martial et Bussière Poitevine, désignée en qualité de représentant unique des requérants en application de l’article R. 751-3 du code de justice administrative, à la SAS Energie Saint-Barbant et à la ministre de la transition écologique de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l’audience du 25 novembre 2025 à laquelle siégeaient :

Mme Frédérique Munoz-Pauziès, présidente,
Mme Bénédicte Martin, présidente-assesseure,
Mme Lucie Cazcarra, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.

La présidente-assesseure,
B. MARTIN
La présidente-rapporteure,
F. MUNOZ-PAUZIÈS
La greffière,
L. MINDINE


La République mande et ordonne la ministre de la transition écologique de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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