mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-23BX02302 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre (formation à 3) |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La Fédération française de spéléologie a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 du préfet de la Dordogne portant protection du biotope constitué de la grotte de la Fontanguillère et de ses abords en ce qu'il soumet à autorisation l'activité de spéléologie.
Par une ordonnance n° 2300818 du 21 juin 2023, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux a donné acte du désistement de la requête de Fédération française de spéléologie en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 août 2023 et le 28 février 2024, la Fédération française de spéléologie, représentée par Me Mandile, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance du 21 juin 2023 de la présidente de la quatrième chambre du tribunal administratif de Bordeaux ;
2°) d'annuler les articles 2 et 3 de l'arrêté du 22 décembre 2022 du préfet de la Dordogne portant protection du biotope constitué de la grotte de la Fontanguillère et de ses abords ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal a fait une application irrégulière de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative ; alors que l'instruction venait de débuter, rien ne permettait de s'interroger sur l'intérêt que conservait son recours ; elle n'en en outre accusé réception du courrier l'interrogeant quant au maintien de sa requête que le 26 juin 2023 ;
- l'arrêté litigieux, qui restreint les conditions d'exercice de la spéléologie, a été pris en méconnaissance du principe du contradictoire ;
- cet arrêté, en ce qu'il soumet à autorisation l'activité de spéléologie, repose sur une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 16 février 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 janvier, la clôture d'instruction a été fixée au 28 février 2024.
Un mémoire a été présenté par la Fédération française de spéléologie le 29 février 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy ;
- les conclusions de Mme Isabelle Le Bris ;
- et les observations de Me Mandile, représentant la Fédération française de spéléologie.
Considérant ce qui suit :
1. La Fédération française de spéléologie a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2022 du préfet de la Dordogne portant protection du biotope constitué de la grotte de la Fontanguillère et de ses abords en ce qu'il soumet à autorisation l'activité de spéléologie. Par une ordonnance du 21 juin 2023, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux a donné acte du désistement de la requête de la Fédération française de spéléologie en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative. La Fédération française de spéléologie relève appel de cette ordonnance.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative : " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement () peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions ".
3. A l'occasion de la contestation en appel de l'ordonnance prenant acte du désistement d'un requérant en l'absence de réponse à l'expiration du délai qui lui a été fixé en application des dispositions qui viennent d'être citées, il incombe au juge d'appel, saisi de moyens en ce sens, de vérifier que l'intéressé a reçu la demande mentionnée par ces dispositions, que cette demande fixait un délai d'au moins un mois au requérant pour répondre et l'informait des conséquences d'un défaut de réponse dans ce délai, que le requérant s'est abstenu de répondre en temps utile, et d'apprécier si le premier juge, dans les circonstances de l'affaire, a fait une juste application des dispositions de l'article R. 612-5-1.
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance que la requête de la Fédération française de spéléologie a été enregistrée le 17 février 2023. Le courrier par lequel la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux l'a invitée à confirmer le maintien de sa requête lui a été adressé le 9 mai 2023, soit moins de trois mois après l'enregistrement de sa demande, alors que le défendeur n'avait pas produit de mémoire. Dès lors, rien ne permettait de s'interroger sur l'intérêt que la requête conservait pour son autrice, qui restait au demeurant dans l'ignorance de la position du défendeur sur son recours contentieux. Dans ces conditions, la première juge ne peut être regardée comme ayant fait une juste application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
5. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'ordonnance de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux doit être annulée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de renvoyer l'affaire devant ce tribunal pour qu'il soit statué sur la demande de la Fédération française de spéléologie.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la Fédération française de spéléologie tendant à l'application, au titre de la présente instance, des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : L'ordonnance n° 2300818 du 21 juin 2023 de la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Bordeaux est annulée.
Article 2 : L'affaire est renvoyée devant le tribunal administratif de Bordeaux.
Article 3 : Les conclusions présentées par la Fédération française de spéléologie sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la Fédération française de spéléologie et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Dordogne.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Laurent Pouget, président,
Mme Marie-Pierre Beuve Dupuy, présidente-assesseure,
M. Manuel Bourgeois, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La rapporteure,
Marie-Pierre Beuve-Dupuy
Le président,
Laurent Pouget La greffière,
Chirine Michallet
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026