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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-23BX02331

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-23BX02331

mardi 16 avril 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-23BX02331
TypeDécision
Recoursexécution décision justice adm
Formation6ème chambre (formation à 3)
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS MAUVEZIN SOULIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par un jugement n° 1800927 du 12 juillet 2019, le tribunal administratif de Pau a rejeté la demande de Mme A B tendant à l'annulation de la décision du 1er mars 2018, par laquelle le président du centre intercommunal d'action sociale (CIAS) Bastides de Lomagne l'a placée en disponibilité à compter du 21 mars 2018 à titre conservatoire jusqu'à l'issue de la procédure de mise à la retraite pour invalidité.

Par un arrêt n° 19BX03461 du 14 décembre 2020, la Cour a annulé le jugement du 12 juillet 2019 et l'arrêté du président du CIAS Bastides de Lomagne du 1er mars 2018.

Procédure d'exécution :

Par un courrier enregistré le 26 mai 2023, Mme A B a demandé au président de la Cour, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'assurer l'exécution de l'arrêt du 14 décembre 2020 en faisant valoir que si le CIAS Bastides de Lomagne a pris, le 20 février 2023, un arrêté la plaçant en disponibilité d'office du 21 mars 2018 au 2 décembre 2019 afin de régulariser sa situation administrative, celui-ci n'est pas conforme aux motifs d'annulation de l'arrêté du 1er mars 2018.

Par un courrier, enregistré le 10 juillet 2023, le CIAS Bastides de Lomagne, représenté par la SELARL Soulié Mauvezin, agissant par Me Soulié, fait valoir que l'annulation par la Cour de l'arrêté du 21 mars 2018 emporte sa disparition rétroactive et conduit à prendre un nouvel arrêté pour déterminer la situation de Mme B du 21 mars 2018 au 2 décembre 2019 en s'assurant qu'elle puisse accéder à son dossier médical. En raison de l'épuisement de ses droits à congés ordinaires à compter du 20 mars 2018, seule une disponibilité était envisageable. Cet examen s'inscrit dans la procédure qui a donné lieu, après avis du comité médical supérieur du 3 décembre 2019, à l'arrêté du 12 février 2020 portant mise en disponibilité dans l'attente d'un reclassement et à l'arrêté du 1er mars 2021 portant réintégration dans de nouvelles fonctions au terme de la procédure de reclassement.

Par courrier du 25 août 2023, Mme B estime que le CIAS n'a pas correctement exécuté l'arrêt de la Cour du 17 décembre 2020 et demande l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par une ordonnance du 29 août 2023, le président de la Cour a, en application de l'article R. 921-6 du code de justice administrative, décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Procédure devant la Cour :

Par un mémoire, enregistré le 11 décembre 2023, le CIAS ajoute que, contrairement à ce que soutient Mme B, l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2018 ne conduit pas à la disparition des arrêtés du 12 février 2020 et 1er mars 2021 en l'absence de recours de sa part introduits à l'encontre de ces actes, qui ne trouvent pas leur fondement juridique dans l'arrêté du 1er mars 2018. Le CIAS a ainsi parfaitement exécuté l'arrêt de la Cour du 17 décembre 2020.

Par une ordonnance du 13 février 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 29 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de M. Duplan, rapporteur public,

- et les observations de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. En particulier, la rectification des erreurs de droit ou de fait dont serait entachée la décision en cause ne peut procéder que de l'exercice, dans les délais fixés par les dispositions applicables, des voies de recours ouvertes contre cette décision

3. Mme A B, titularisée à compter du 1er juin 2009 au grade de rédacteur territorial sur l'emploi de directrice du CCAS de Saint-Clar, a été placée en congé maladie imputable au service rétroactivement à compter du 24 avril 2012, en exécution d'un arrêt de la Cour du 23 mai 2016, puis placée en congé maladie ordinaire à compter du 21 mars 2017, prolongé jusqu'au 20 mars 2018. A la suite de l'avis du comité médical départemental du 16 janvier 2018, émis en faveur d'une disponibilité d'office et concluant à son inaptitude totale et définitive à l'exercice de ses fonctions, le centre intercommunal d'action sociale (CIAS) Bastides de Lomagne, venu aux droits du CCAS de Saint-Clar, a par un arrêté du 1er mars 2018 placé Mme B en disponibilité d'office à titre conservatoire et provisoire à compter du 21 mars 2018, jusqu'à l'issue de la procédure de mise à la retraite pour invalidité. Mme B a sollicité l'annulation de cet arrêté du 1er mars 2018 auprès du tribunal administratif de Pau, qui a rejeté sa demande. Par un arrêt du 14 décembre 2020, la Cour, saisie par Mme B, a annulé ce jugement ainsi que l'arrêté du 1er mars 2018 au motif qu'elle n'avait pu avoir accès à son dossier médical en dépit de la demande qu'elle avait adressée, ce dont elle a justifié en appel, cette irrégularité l'ayant ainsi privée d'une garantie. Mme B demande à la Cour d'assurer l'exécution de l'arrêt du 14 décembre 2020.

4. Si l'arrêt de la Cour ne comporte pas d'injonction au CIAS Bastides de Lomagne de procéder au réexamen de la situation de Mme C, l'exécution de cet arrêt impliquait nécessairement, eu égard au motif qui fonde l'annulation de l'arrêté du 1er mars 2018, que le comité médical soit de nouveau saisi de la demande de congé de longue maladie ou de longue durée que Mme C avait sollicité à compter du 21 mars 2018 et que cette dernière puisse avoir accès à son dossier médical. Il résulte de l'instruction que, par courrier du 16 août 2022, le comité médical a été saisi à nouveau de la demande de Mme B tendant à bénéficier d'un congé de longue durée à l'issue de son congé de maladie ordinaire ayant pris fin le 20 mars 2018 et il lui a été également demandé de vérifier l'aptitude de Mme B à tout poste. Puis, Mme B ayant pu consulter son dossier le 5 décembre 2022 ainsi qu'elle l'indique elle-même, le comité médical s'est prononcé le 6 décembre suivant en réitérant son avis en faveur d'une disponibilité d'office du 21 mars 2018 au 2 décembre 2019. Sur la base de ce nouvel avis médical, le président du CIAS Bastides de Lomagne a pris, le 20 février 2023, un nouvel arrêté plaçant Mme C, après expiration de ses droits statutaires à maladie, en disponibilité d'office du 21 mars 2018 au 2 décembre 2019 et rejetant ainsi de manière implicite sa demande de congé de longue durée, arrêté qu'il appartient à Mme B de contester le cas échéant.

5. Il résulte de ce qui précède que le CIAS Bastides de Lomagne a réexaminé la situation administrative de Mme B après avoir procédé à une nouvelle consultation du comité médical. Il y a lieu, par suite, de rejeter la demande d'exécution présentée par Mme C.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B et au CIAS Bastides de Lomagne.

Délibéré après l'audience du 25 mars 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Ghislaine Markarian, présidente,

M. Frédéric Faïck, président-assesseur,

Mme Caroline Gaillard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 avril 2024.

La présidente-rapporteure,

Ghislaine D

Le président-assesseur,

Frédéric Faick

La greffière,

Catherine Jussy La République mande et ordonne au préfet du Lot-et-Garonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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