mardi 15 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-25BX00886 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SCP BREILLAT DIEUMEGARD MASSON |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieuses antérieures :
Mme A C et Mme B C ont demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler, d'une part, les arrêtés du 3 février 2025 par lesquels la préfète des Deux-Sèvres a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans en les informant qu'elles faisaient l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, et d'autre part, les arrêtés du 18 février 2025 par lesquels la préfète des Deux-Sèvres les a assignées à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Par le jugement no 2500685- 2500686 du 21 mars 2025, le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes.
Procédures devant la cour administrative d'appel :
I- Par une requête, enregistrée le 8 avril 2025 sous le n° 25BX00886, Mme A C, représentée par la SCP Breillat-Dieumegard-Masson, demande à la cour :
1°) de lui accorder provisoirement le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 21 mars 2025 ;
3°) d'annuler les arrêtés de la préfète des Deux-Sèvres des 3 et 18 février 2025 ;
4°) d'enjoindre à la préfète des Deux-Sèvres de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'une durée d'un an dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard jusqu'à ce que l'autorité administrative ait statué sur sa situation administrative et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, à son conseil, de la somme de
1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une incompétence de son signataire en ce que la délégation de signature consentie est extrêmement large ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est arrivée en France en octobre 2015 où elle a installé le centre de ses intérêts personnels, justifie d'efforts sérieux d'intégration et où elle bénéficie de la présence de toute sa famille à l'exception de son frère qui est en Russie ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est parfaitement intégrée en France où sa présence n'est pas constitutive d'une menace pour l'ordre public et où elle dispose d'une activité professionnelle, qu'elle vit en France avec toute sa famille et ne dispose plus de famille en Arménie ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors que la préfète se devait de prendre en compte l'intérêt supérieur de ses neveux et nièces dans le cadre de sa décision ;
S'agissant de la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la préfète a commis une erreur d'appréciation en ce qu'elle dispose de garanties de représentation suffisantes dès lors qu'elle vit dans un domicile dont l'adresse est parfaitement connue de l'administration et qu'elle n'a pas manqué de déférer à une quelconque convocation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est insuffisamment motivée ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation dès lors qu'elle justifie de circonstances humanitaires qui auraient dû conduire la préfète à ne pas prononcer d'interdiction de retour à son égard ;
S'agissant de la décision d'assignation à résidence :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen attentif et approfondi de sa situation.
Par une décision n° 2025/001093 du 30 avril 2025, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme A C.
II- Par une requête, enregistrée le 8 avril 2025 sous le n° 25BX00887, Mme B C, représentée par la SCP Breillat-Dieumegard-Masson, conclut, pour ce qui la concerne, aux mêmes fins que la requête 25BX00886, par les mêmes moyens.
Mme B C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par la décision n° 2025/001094 du 30 avril 2025 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mmes A et B C, ressortissantes arméniennes nées respectivement les 4 août 1992 et 30 septembre 1988, sont entrées en France le 8 octobre 2015, selon leurs déclarations. Elles ont présenté, chacune, une demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", qui ont été reçues le 25 octobre 2024. Par deux arrêtés du 3 février 2025, la préfète des Deux-Sèvres a refusé de faire droit à leur demande, leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans en les informant qu'elles faisaient l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Puis par deux arrêtés du 18 février 2025, la préfète des Deux-Sèvres les a assignées à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Les requérantes relèvent appel du jugement du 21 mars 2025 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
Sur la jonction :
3. Les requêtes nos 25BX00886 et 25BX00887 concernent les membres d'une même famille et amènent à juger des mêmes questions. Il y a lieu, par suite, de joindre ces deux requêtes afin qu'il y soit statué par une seule ordonnance.
Sur les conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
4. Mmes A et B C ont été admises au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par les décisions nos 2025/001093 et 2025/001094 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux du 30 avril 2025. Par suite, leurs conclusions tendant à obtenir l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, en appel, Mmes A et B C reprennent leur moyen de première instance tiré de l'incompétence du signataire de l'acte en soutenant que la délégation consentie est extrêmement large et ne permet pas de s'assurer que M. Patrick Vautier était compétent pour signer ce type de décisions. Toutefois, ainsi que l'a déjà relevé le premier juge, par un arrêté n° 79-2024-11-07-0006 en date du 7 novembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture des Deux-Sèvres du 8 novembre 2024, la préfète des Deux Sèvres a donné délégation à M. Patrick Vautier, secrétaire général de la préfecture des Deux-Sèvres, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département des Deux-Sèvres, y compris les saisines du juge des libertés et de la détention aux fins de prolongation de la rétention administrative d'un étranger, à l'exception de certains domaines au nombre desquels ne figurent pas les actes relevant du champ d'application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Contrairement à ce que les requérantes soutiennent en appel, cette délégation n'est ni trop large ni trop imprécise. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés litigieux doit être écarté par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers et par ceux qui viennent d'être exposés.
6. D'autre part, Mmes C reprennent dans des termes similaires leurs autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement. Si elles produisent nouvellement en appel, en ce qui concerne Mme A C, la copie d'une attestation établie le 18 mars 2025 certifiant qu'elle a participé le 6 décembre 2024 à la session d'information/formation relative à la mise en œuvre de l'activité Natation, et en ce qui concerne Mme B C, la copie de son contrat de travail à durée indéterminée à compter du 24 mars 2025 en qualité d'aide-ménagère 3h/semaine, ces éléments, au demeurant postérieurs aux décisions attaquées, ne sont toutefois pas de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge, qui a pertinemment répondu aux moyens invoqués. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Poitiers.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction, d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoires présentées par Mmes C.
Article 2 : Les requêtes de Mmes C sont rejetées pour le surplus.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et à Mme B C.
Une copie sera adressée pour information à la préfète des Deux-Sèvres.
Fait à Bordeaux, le 15 juillet 2025.
La présidente de la 1ère chambre
Evelyne Balzamo
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
2, 25BX00887
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026