vendredi 19 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-25BX01270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DESROCHES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D A a demandé au tribunal administratif de Poitiers d'annuler l'arrêté du 19 juin 2023 par lequel le préfet de la Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par le jugement n° 2301956 du 6 février 2025, le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2025, M. A, représenté par Me Desroches, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du tribunal administratif de Poitiers du 6 février 2025 ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet de la Vienne du 19 juin 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Vienne de lui délivrer une carte de séjour d'un an dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à défaut, de lui délivrer dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail jusqu'à ce que l'autorité administrative ait statué sur sa situation administrative, et en tout état de cause, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement, au profit de son conseil, de la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il justifie d'une ancienneté de séjour de six années, a bénéficié d'une mesure de régularisation de sa situation administrative par l'autorité préfectorale qui lui a délivré des titres de séjour à compter de 2020, justifie entretenir des liens très forts avec son frère et la famille de celui-ci chez lequel il a vécu pendant près de cinq ans, qu'il justifie également entretenir une relation sentimentale, que sa compagne séjourne régulièrement sur le territoire avec une carte de résident de dix années et qu'ils viennent d'avoir un enfant ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour sur laquelle elle est fondée ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant dès lors qu'il est justifié qu'il entretient des liens très intenses avec son neveu depuis la naissance de celui-ci et qu'il vit en couple avec leur enfant ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire sur laquelle elle est fondée ;
- elle n'est pas suffisamment motivée dès lors qu'elle ne vise pas l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2025/000852 du 17 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant camerounais né le 15 mai 1999, est entré en France le 23 juin 2017, selon ses déclarations. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé mais après un avis défavorable du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration rendu le 16 août 2018, sa demande a été rejetée. Il a alors fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 7 février 2019 à laquelle il s'est soustrait. Cependant, M. A a, par la suite, été mis en possession d'un titre de séjour en qualité d'étudiant qui a fait l'objet de renouvellement jusqu'au 27 novembre 2022. Le 21 septembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale- liens personnels et familiaux en France " ou portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 19 juin 2023, le préfet de la Vienne lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du 6 février 2025 par lequel le tribunal administratif de Poitiers a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. D'une part, au soutien de son moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales qu'il reprend en appel, dans des termes similaires, M. A fait valoir qu'il dispose de son logement personnel depuis janvier 2022, qu'il entretient une relation sentimentale depuis avril 2022 avec Mme C, qui séjourne régulièrement sur le territoire sous couvert d'une carte de résident de dix années et est mère d'une enfant issue d'une précédente union, âgée de 10 ans au jour de la décision et de nationalité française, et qu'ils résident ensemble depuis la fin de l'année 2023. S'il produit en appel la copie du contrat de travail à durée indéterminée de Mme C, l'acte de naissance et la pièce d'identité française de Jade, première fille de sa compagne, l'acte de naissance de leur fille B née le 5 avril 2025 ainsi qu'une attestation datée du 1er avril 2025 établie par le Pôle Femme-mère-enfant du CHU de Poitiers indiquant qu'il a accompagné sa compagne en consultation de grossesse, il est toutefois constant que ces éléments sont postérieurs à l'arrêté litigieux, dont la légalité doit s'apprécier à sa date d'édiction, et que M. A ne produit aucun document venant établir la communauté de vie alléguée avec sa compagne depuis la fin de l'année 2023. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui a été opposé a porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale, ni qu'il a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers et par ceux qui viennent d'être exposés.
4. D'autre part, M. A, en reprenant dans des termes similaires ses autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans critique utile du jugement, n'apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges, qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Poitiers.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ne peuvent qu'être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A.
Une copie sera adressée au préfet de la Vienne.
Fait à Bordeaux, le 19 septembre 2025.
La présidente de la 4ème chambre,
Frédérique Munoz-Pauziès
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026