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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-25BX01539

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-25BX01539

mercredi 29 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-25BX01539
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantKAOULA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B... A... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler, d’une part, l’arrêté du 12 novembre 2024 par lequel le préfet de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi, et d’autre part, l’arrêté du 24 mars 2025 par lequel la préfète de la Dordogne l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement nos 2407824, 2502079 du 11 avril 2025, le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 17 juin 2025, Mme A..., représentée par Me Kaoula, demande à la cour :

1°) d’annuler le jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 11 avril 2025 ;

2°) d’annuler l’arrêté du préfet de la Dordogne du 12 novembre 2024 portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

3°) d’enjoindre à la préfète de la Dordogne de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement, à son conseil, de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Elle soutient que :
- sa requête est recevable en raison de la présentation de sa demande d’aide juridictionnelle dans le délai de recours contentieux ;

S’agissant de l’arrêté pris dans son ensemble :
- il est entaché d’une insuffisance de motivation qui révèle un défaut d’examen particulier et approfondi de sa situation ;
- son droit à être entendu a été méconnu ;

S’agissant de la décision de refus de délivrance d’un titre de séjour :
- elle est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation ;

S’agissant de la décision d’obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation dès lors qu’elle est arrivée à l’âge de 16 ans en France, a été victime de l’exploitation de ses proches ainsi que de la carence de service de l’aide sociale à l’enfance de la Haute Garonne ;
- elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa vie privée et familiale est aujourd’hui en France avec ses amis, que si elle a quitté le Maroc très jeune pour venir chercher une vie meilleure en France c'est qu'elle n'a plus de vie privée et familiale dans son pays d'origine, sa vie est désormais en France où elle envisage de concrétiser ses projets professionnels et personnels ;

S’agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours :
- elle est disproportionnée alors qu’elle ne représente aucune menace pour l’ordre public.

Par une décision n° 2025/001268 du 15 mai 2025, le bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux a accordé le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale à Mme A....

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

2. Mme A..., ressortissante marocaine née le 6 juillet 2002, déclare être entrée en France le 2 janvier 2019, sans pouvoir en justifier, munie d’un passeport revêtu d’un visa C Schengen délivré par les autorités espagnoles. Le 13 février 2024, elle a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 12 novembre 2024, le préfet de la Dordogne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de renvoi. Par un second arrêté du 24 mars 2025, la préfète de la Dordogne l’a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Mme A... relève appel du jugement n° 2407824 du 11 avril 2025 par lequel le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du 12 novembre 2024 portant refus de délivrance d’un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours en fixant le pays de renvoi.

3. En reprenant dans des termes similaires ses moyens de première instance visés ci-dessus, sans critiques utiles du jugement, Mme A... n’apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’appréciation du premier juge qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fins d’injonction ainsi que celles tendant à l’application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ne peuvent qu’être rejetées par voie de conséquence.


ORDONNE :


Article 1er :
La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Une copie sera adressée à la préfète de la Dordogne.

Fait à Bordeaux, le 29 octobre 2025.

La présidente de la 4ème chambre,



F. MUNOZ-PAUZIÈS


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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