Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L’association Stop méthanisation Espoey, Mme U... W..., M. C... W..., M. A... AO..., Mme AC... AO..., M. AF... R..., Mme N... X..., M. G... AB..., Mme F... Y..., M. AD... I..., Mme Q... H..., M. D... H..., M. AI... AM..., Mme F... AM..., Mme AG... S..., M. B... S..., Mme AL... T..., M. O... T..., M. P... M..., Mme Z... AJ..., M. O... AJ..., M. AK... AP..., Mme J... E..., M. AA... E..., Mme AH... AE..., M. O... AE..., Mme AN... K... et Mme L... V... ont demandé au tribunal administratif de Pau d’annuler l’arrêté du 3 août 2023 par lequel le préfet des Pyrénées Atlantiques a délivré à la société Agro 64 un permis de construire en vue de l’édification d’une unité de méthanisation sur le territoire de la commune d’Espoey.
Par un jugement n° 2302556 du 20 juin 2024, le tribunal administratif de Pau a sursis à statuer sur cette demande en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, en invitant la société Agro 64 à justifier de la délivrance d’un permis de construire modificatif permettant d’assurer le respect des dispositions préliminaires de la section 2 applicable à la zone A du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal du territoire d’Ousse Gabas.
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a, par un arrêté du 13 décembre 2024, délivré à la société Agro 64 un permis de construire modificatif en vue, notamment, de régulariser le vice retenu par le tribunal.
Par un jugement n° 2302556 du 5 mai 2025, le tribunal administratif de Pau a condamné l’État à verser à l’association Stop méthanisation Espoey et autres une somme globale de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus de leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 juillet et 27 novembre 2025, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 27 janvier 2026, l’association Stop méthanisation Espoey, Mme U... W..., M. C... W..., M. A... AO..., Mme AC... AO..., M. AF... R..., Mme N... X..., M. G... AB..., Mme F... Y..., Mme Q... H..., M. D... H..., M. AI... AM..., Mme F... AM..., M. B... S..., Mme AL... T..., M. O... T..., M. P... M..., Mme Z... AJ..., M. O... AJ..., M. AK... AP..., Mme AH... AE..., M. O... AE... et Mme AN... K..., représentés par Me Poudampa, demandent à la cour :
1°) d’annuler le jugement du 5 mai 2025 du tribunal administratif de Pau rejetant leur demande d’annulation de l’arrêté du 3 août 2023 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques a délivré à la société Agro 64 un permis de construire en vue de l’édification d’une unité de méthanisation sur le territoire de la commune d’Espoey et de l’arrêté du 13 décembre 2024 par lequel le préfet des Pyrénées-Atlantiques lui a délivré un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ; le projet litigieux porte atteinte aux conditions de jouissance des biens des demandeurs personnes physiques, de sorte que ces derniers justifient de leur intérêt à agir ; l’association justifie de son intérêt et de sa capacité à agir ; ils ont respecté l’obligation de notification de la requête d’appel à la préfecture et à la société pétitionnaire, sur le fondement de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions préliminaires de la section 2 applicable à la zone A du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal du territoire d’Ousse Gabas n’a pas été régularisé par le permis de construire modificatif du 13 décembre 2024 ; l’intérêt particulier du site interdit toute construction d’ampleur qui viendrait porter atteinte à la visibilité sur la chaine des Pyrénées ; les solutions retenues par le pétitionnaire portent toujours atteinte à cet intérêt particulier et ne réduisent pas l’atteinte au paysage depuis la route départementale n° 817 ; le « filtre végétal » masquera la vue sur la chaine des Pyrénées ; la « ceinture végétale » et le « filtre végétal », dont la hauteur sera limitée, ne masqueront pas l’unité de méthanisation ;
- l’arrêté du 13 décembre 2024 est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation ; la « ceinture végétale » et le « filtre végétal » présentent des risques ; les arbres vont être enracinés sur des lignes électriques à haute tension sur la parcelle cadastrée section ZE n° 101 ; le « filtre végétal » crée un risque pour la sécurité routière en masquant la sortie des engins de l’unité de méthanisation ; les racines des arbres de la « ceinture végétale » au nord du projet vont fragiliser les fondations des bassins et de la lagune ; le dépôt de feuilles mortes va perturber les bassins de décantation ;
- les modifications apportées au projet initial nécessitaient la délivrance d’un nouveau permis de construire ; l’ajout d’une buse reliée au bassin de régulation modifie l’économie globale du projet, notamment sa soumission à la loi sur l’eau ; la superficie des surfaces imperméabilisées de la toiture augmente de 41 % ; la superficie des surfaces imperméabilisées de l’unité de méthanisation augmente de 73 % ;
- le dossier de permis de régularisation est incomplet ; il aurait dû contenir la convention conclue avec le gestionnaire de l’exutoire des eaux pluviales ; il ne donne aucune information sur les caractéristiques de la buse reliée au bassin de régulation, ainsi que sur la coupe et le plan du fossé receveur des eaux pluviales ; la longueur de ce fossé receveur est incomplète ; ce fossé n’est pas prolongé jusqu’à la rivière La Bayée qui traverse la parcelle cadastrée section ZE n° 49 ; aucune convention n’a été signée avec le propriétaire de cette parcelle ; la rivière La Bayée ne dispose d’aucune buse permettant d’accueillir les eaux du fossé receveur ; l’étude d’évacuation des eaux est incomplète ;
- le dossier de demande du permis de construire modificatif déposé le 29 septembre 2025 est incomplet pour les mêmes motifs ; il ne contient pas la preuve que le propriétaire de la parcelle cadastrée section ZE n° 101 ait donné son accord pour l’enfouissement des câbles électriques à haute tension ni qu’il aurait signé une convention avec ENEDIS ; il n’est pas établi que le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ait autorisé l’implantation d’une partie du « filtre végétal » sur sa parcelle ; il ne comporte pas une intégration paysagère à jour ;
- le dossier de demande du permis de construire n° 2 déposé le 29 septembre 2025 est entaché d’une fraude ;
- la nouvelle implantation de la « ceinture végétale » prévue par la demande de permis déposé 29 septembre 2025 va fragiliser les fondations des bassins et de la lagune ;
Par des mémoires enregistrés les 26 septembre 2025, 6 et 12 janvier 2026, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées les 13 octobre 2025 et 16 février 2026, ces dernières n’ayant pas été communiquées, la société Agro 64, représentée par Lexion Avocats, conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à la mise en œuvre des dispositions de l’article L. 600-5-1 du code de justice administrative, et à la mise à la charge solidaire des appelants d’une somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu’il n’est pas établi que les appelants lui aient notifié la requête d’appel sur le fondement de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme ;
- la requête est irrecevable, dès lors que les pièces 3 à 18 n’ont pas été produites par les appelants, en méconnaissance de l’article R. 412-2 du code de justice administrative ;
- les personnes physiques qui se sont associées à la requête de l’association ne justifient pas d’un intérêt à agir contre le permis de construire en litige ; M. G... X... n’était pas partie à la première instance ;
- le moyen tiré de ce que les modifications apportées au projet initial nécessitaient la délivrance d’un nouveau permis de construire est inopérant en cause d’appel du jugement clôturant l’instance ; il est également inopérant s’agissant de la buse exutoire au titre de l’indépendance des législations ; en tout état de cause, les modifications au projet ne bouleversent pas l’économie générale du projet ;
- le dossier du permis de construire initial du 3 août 2023 est complet et suffisant ; la convention conclue avec le gestionnaire de l’exutoire des eaux pluviales n’avait pas être présente dans le dossier ;
- le dossier du permis de construire de régularisation du 13 décembre 2024 est complet et suffisant ;
- le dossier du permis de construire modificatif du 11 décembre 2025 est complet et suffisant ; il n’a pas pour objet de modifier l’implantation de la haie brise vue ; les appelants ne peuvent utilement se prévaloir du défaut de promesse d’acquisition avec le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques ; en tout état de cause, une promesse a été signée le 9 septembre 2025 ;
- le vice retenu par le jugement avant dire droit a été régularisé ; le projet s’insère à proximité d’une zone fortement anthropisée ; le filtre « végétal » permet une insertion paysagère du projet ;
- la « ceinture végétale » et le « filtre végétal » ne créent aucun risque au titre de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme ;
- les autres moyens de la requête sont infondés.
Par un mémoire enregistré le 31 octobre 2025, le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande de première instance, en ce qu’elle émanait de personnes physiques, était irrecevable ;
- les moyens soulevés par les appelants ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 9 février 2026, l’association Stop méthanisation Espoey et autres déclarent se désister de toutes leurs conclusions.
Par un mémoire enregistré le 12 février 2026, la société Agro 64 accepte le désistement et renonce à sa demande de présentée sur le fondement de l’article L 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Bureau,
- les conclusions de M. Kauffmann, rapporteur public,
- et les observations de Me Soulard, représentant la société Agro 64.
Considérant ce qui suit :
Par un arrêté du 3 août 2023, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a délivré à la société Agro 64 un permis de construire en vue de l’édification d’une unité de méthanisation sur le territoire de la commune d’Espoey. L’association Stop méthanisation Espoey et plusieurs personnes physiques ont demandé au tribunal administratif de Pau d’annuler cet arrêté. Par un jugement du 20 juin 2024, le tribunal administratif a sursis à statuer sur cette demande en application de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, en invitant la société Agro 64 à justifier de la délivrance d’un permis de construire modificatif permettant d’assurer le respect des dispositions préliminaires de la section 2 applicable à la zone A du règlement du plan local d’urbanisme intercommunal du territoire d’Ousse Gabas. Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a, par un arrêté du 13 décembre 2024, délivré à la société Agro 64 un permis de construire modificatif en vue, notamment, de régulariser le vice retenu par le tribunal, dont l’association Stop méthanisation Espoey et autres ont également demandé l’annulation. Par un jugement du 5 mai 2025, le tribunal administratif de Pau a condamné l’État à verser à l’association Stop méthanisation Espoey et autres une somme globale de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et a rejeté le surplus de leur demande. L’association Stop méthanisation Espoey et autres relèvent appel du jugement du 5 mai 2025 du tribunal administratif de Pau.
Par un arrêt n° 24BX02028 du 3 juin 2025, la cour administrative d’appel, saisie du jugement avant dire droit du 20 juin 2024, a annulé l’arrêté du 3 août 2023 en tant que le projet prévoit, pour le hangar, une toiture dont les pans ne respectent pas un rapport minimum 1/3 – 2/3 et a laissé à la société Agro 64 un délai expirant le 30 septembre 2025 pour régulariser ce vice « hors prétoire ». Par un arrêté du 11 décembre 2025, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a délivré à la société Agro 64 un permis de construire modificatif en vue, d’une part, de régulariser le vice retenu par la cour et, d’autre part, de modifier les limites parcellaires et les bassins d’infiltration. Par un arrêté du 23 décembre 2025, le préfet des Pyrénées-Atlantiques a modifié l’arrêté du 11 décembre 2025 s’agissant de ses voies et délais de recours, pour prendre en compte l’entrée en vigueur de l’article L. 612-12-2 du code de l’urbanisme.
Par un mémoire enregistré le 9 février 2026, l’association Stop méthanisation Espoey et autres se sont désistés de leur requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
DECIDE :
Article 1er :
Il est donné acte du désistement de la requête de l’association Stop méthanisation Espoey et autres.
Article 2 :
Le présent arrêt sera notifié à l’association Stop méthanisation Espoey, représentant unique, désignée en application de l’article R. 751-3 du code de justice administrative, à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, des négociations internationales sur le climat et la nature et à la société par actions simplifiée unipersonnelle Agro 64.
Copie en sera adressée au préfet des Pyrénées-Atlantiques.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Balzamo, présidente,
Mme Molina-Andréo, présidente-assesseure,
M. Bureau, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2026.
Le rapporteur,
V. BUREAULa présidente,
E. BALZAMOLe greffier,
C. PELLETIER
La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Atlantiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.