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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-25BX01816

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-25BX01816

mercredi 22 octobre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-25BX01816
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantAYMARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler l’arrêté du 20 août 2024 par lequel le préfet de la Gironde a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Par un jugement n° 2407092 du 3 avril 2025, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour administrative d’appel :

Par une requête, enregistrée le 19 juillet 2025, M. B..., représenté par Me Aymard, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 3 avril 2025 ;

2°) d’annuler l’arrêté du 20 août 2024 du préfet de la Gironde ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » ou à défaut « salarié », dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard, ou à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et lui délivrer, dans un délai de huit jours, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler pendant le temps de ce réexamen ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée, ce qui révèle un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- elle méconnait les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que le préfet s’est borné à retenir que la promesse d’embauche dont il se prévaut ne constitue pas un motif d’admission exceptionnelle au séjour sans se prononcer sur l’adéquation des caractéristiques de l’emploi proposé avec ses qualifications et son expérience professionnelle ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation dès lors qu’il démontre une durée de présence significative de six ans en France où résident également ses deux enfants mineurs et qu’il a pu obtenir une promesse d’embauche ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l’annulation de la décision de refus de titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors que le centre de ses intérêts privés et familiaux est situé en France.

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision n° 2025/001573 du 12 juin 2025 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours, (…) peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

2. M. B..., ressortissant congolais né en 1978, est entré en France en février 2018 sous couvert d’un visa de court séjour. Il a déposé une demande d’asile qui a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d’asile le 20 novembre 2019. Il a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, le 5 février 2020, qu’il n’a pas exécutée. Le 8 mars 2023, il a présenté une demande d’admission au séjour au titre de ses liens familiaux en France et pour des motifs exceptionnels. Par un arrêté du 20 août 2024, le préfet de la Gironde a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B... relève appel du jugement du 3 avril 2025 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.

3. M. B... se borne à reprendre, dans des termes similaires et sans critique utile du jugement attaqué ni pièce nouvelle, certains des moyens invoqués en première instance, visés ci-dessus, au soutien desquels il n’apporte en appel aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l’appréciation des premiers juges, qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu’être rejetées par voie de conséquence.


ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.

Fait à Bordeaux, le 22 octobre 2025.


La présidente de la 6ème chambre



K. Butéri


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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