LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA33-25BX02469

Cour administrative d'appel de Bordeaux — Décision N° CAA33-25BX02469

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Bordeaux
SectionCour administrative d'appel de Bordeaux
N° DossierCAA33-25BX02469
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge des référés
Avocat requérantDOUNIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... E... a demandé au tribunal administratif de Limoges d’annuler l’arrêté du 30 juillet 2025 par lequel le préfet de l’Indre lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.

Par un jugement n° 2501545 du 3 septembre 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

I- Par une requête enregistrée le 2 octobre 2025 sous le n° 25BX02469, M. E..., représenté par Me Dounies, demande à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Limoges du 3 septembre 2025 ;

2°) d’annuler l’arrêté du préfet de l’Indre du 30 juillet 2025 ;

3°) d’enjoindre au préfet de l’Indre de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, en lui délivrant dans l’attente une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d’ordonner l’effacement de son signalement aux fins de non admission dans le système d’information Schengen découlant de l’interdiction de retour sur le territoire français ;

5°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Il soutient que :

- l’arrêté est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation au regard des dispositions des articles L. 423-7 et L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’il est parent d’un enfant français mineur résidant en France et qu’il contribue à l’entretien et l’éducation de cet enfant ;
- il méconnaît les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l’enfant en portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à l’intérêt supérieur de l’enfant ;
- il méconnaît les stipulations de l’article 6-5 de l’accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié.

II- Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2025 sous le n° 25BX02475, M. E..., représenté par Me Dounies, demande à la cour de surseoir à l’exécution de ce jugement du
3 septembre 2025.

Il soutient que la requête au fond par laquelle il a saisi la cour contient des moyens sérieux de nature à justifier l’annulation de ce jugement et que l’exécution de la décision du 30 juillet 2025 lui causerait un préjudice considérable en ce qu’elle conduirait à une séparation immédiate et irréversible de la cellule familiale, aggraverait la situation économique et sociale de la famille et porterait une atteinte grave à l’intérêt des enfants du requérant.

Le préfet de l’Indre, à qui les requêtes ont été communiquées, n’a pas produit de mémoire en défense.

M. E... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 6 novembre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale des droits de l’enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 31-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

M. E..., également identifié sous les alias D... C... et E... A..., ressortissant algérien né le 25 février 1994, est entré en France en 2016, selon ses déclarations, où il s’est maintenu depuis en situation irrégulière en méconnaissance de deux obligations de quitter le territoire français assorties d’interdictions de retour sur le territoire français prises à son encontre le 22 février 2019 et le 8 septembre 2021. Il a sollicité son admission au séjour et la régularisation de sa situation en qualité de parent d’enfants français. L’irrégularité de sa présence a été confirmée par son interpellation le 29 juillet 2025 par les services de police, dans le cadre d’un placement en garde à vue pour des faits de vol à l’étalage à Châteauroux. Par un arrêté du 30 juillet 2025, le préfet de l’Indre lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. M. E... relève appel du jugement du 3 septembre 2025 par lequel le tribunal administratif de Limoges a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.


Sur la jonction :

Les requêtes enregistrées sous les n° 25BX02469 et n° 25BX02475 concernent un même requérant et présentent à juger des questions connexes. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule ordonnance.


Sur la légalité de l’arrêté attaqué :

En premier lieu, et à supposer même que M. E... puisse se prévaloir de la qualité de parent d’un enfant français mineur résidant en France, en ce que la nationalité française de ce dernier pouvait être déduite de sa filiation maternelle, et s’il se prévaut nouvellement en appel du témoignage de la mère de l’enfant, qui se borne à indiquer qu’il s’occupe de l’éducation et de l’entretien de sa fille, de l’attestation de la directrice de l’école élémentaire de son autre fille ainée indiquant qu’il l’accompagne à l’école les matins, ou encore de la production de tickets de caisse sur des périodes discontinues allant de décembre 2022 à janvier 2025, ces éléments sont insuffisants pour justifier qu’il subvient effectivement aux besoins matériels et alimentaires de cet enfant, alors d’ailleurs qu’il ne déclare aucun revenu personnel. En tout état de cause,
M. E... représente une menace à l’ordre public du fait de son comportement et son activité délictuelle depuis son arrivée en France en 2016 jusqu’à son interpellation pour des faits de vol le 29 juillet 2025.

Il en résulte que, en ne délivrant pas à M. E... le titre de séjour sollicité, puisqu’il n’en remplissait pas les conditions prévues, et que sa présence constituait une menace pour l’ordre public, le préfet de l’Indre, qui a pris sa décision à l’issue d’un examen particulier de la situation de l’intéressé, n’a pas à cette occasion entaché cette décision d’une erreur d’appréciation.

En deuxième lieu, M. E... reprend ses moyens, déjà soulevés en première instance, tirés de ce que la décision d’obligation de quitter le territoire méconnaîtrait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 3-1 de la convention relative aux droits de l’enfant et serait alors entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation. Mais, et ainsi que l’a, à juste titre, relevé le premier juge au point 20 du jugement attaqué, M. E... ne démontre pas l’existence d’une insertion particulière dans la société française, alors qu’il ne dispose d’aucune ressource légale et que la seule production d’une promesse d’embauche, du reste postérieure à la décision attaquée, n’est pas suffisante pour justifier d’une insertion professionnelle. De plus, son passé délictuel, qui n’avait pas cessé au jour de son interpellation pour des faits de vol, témoigne de son refus de respecter les lois et valeurs de la République. Enfin, l’appelant ne justifie pas participer effectivement à l’entretien et l’éducation de ses enfants et mener avec leur mère la vie privée et familiale qu’il allègue, d’autant qu’il n’est pas non plus dépourvu d’attaches dans son pays d’origine où il a vécu jusqu’à ses vingt-deux ans et où il a nécessairement tissé des liens. Par suite, il y a lieu d’écarter les moyens précités.

En troisième et dernier lieu, M. E... reprend son moyen tiré de ce que la décision d’obligation de quitter le territoire méconnaitrait les stipulations de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, sans critiques utiles du jugement, et n’apporte en appel aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l’appréciation du premier juge, qui y a pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d’écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Limoges.

Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte ainsi que celles tendant à l’application des dispositions combinées des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ne peuvent qu’être rejetées par voie de conséquence.

Sur les conclusions aux fins de sursis à exécution du jugement :

La cour statuant par la présente ordonnance sur les conclusions de la requête n° 25BX02469 tendant à l’annulation du jugement attaqué, les conclusions de la requête n° 25BX02475 tendant à ce qu’il soit sursis à l’exécution de ce jugement sont privées d’objet. Il n’y a pas lieu, par suite, d’y statuer.





DÉCIDE :




Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de sursis à exécution de la requête n° 25BX02475 de M. E....

Article 2 : La requête de M. E... est rejetée.



Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E....

Copie en sera adressée pour information au préfet de l’Indre.

Fait à Bordeaux le 22 janvier 2026.


Le président de la 2ème chambre,



Éric Rey-Bèthbéder



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions