Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C... B... et Mme A... B... ont demandé au tribunal administratif de Bordeaux d’annuler les arrêtés du 26 mars 2024 et 12 avril 2024 par lesquels le préfet de la Gironde a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans.
Par un jugement n° 2404379,2404382 du 28 mai 2025, le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes.
Procédures devant la cour administrative d’appel :
I- Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2025, sous le n° 25BX03179, Mme B..., représentée par Me Duten, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du tribunal administratif de Bordeaux du 28 mai 2025 la concernant ;
2°) d’annuler l’arrêté du 12 avril 2024 du préfet de la Gironde ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Gironde de lui délivrer un titre de séjour « vie privée et familiale » dans le mois suivant la décision à intervenir, et de lui remettre dans l’attente une autorisation provisoire de séjour et de travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou à défaut de réexaminer sa situation et de lui délivrer sans délai un récépissé l’autorisant à travailler, sous la même astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l’administration devra justifier de la régularité de la délégation consentie par le préfet à la signataire de l’arrêté en litige ;
- le refus de séjour est insuffisamment motivé, ce qui révèle un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- le refus de séjour a méconnu l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ainsi que les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales dès lors qu’elle vit depuis sept ans en France où vivent ses quatre enfants mineurs scolarisés, placés à l’aide sociale à l’enfance compte tenu de la précarité de la situation de son couple et où elle s’est intégrée ;
- il contrevient à l’intérêt supérieur de ses enfants scolarisés, protégé par l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant, d’autant que le juge des enfants a prononcé la mainlevée de la mesure de placement dès lors que son couple dispose d’un logement ;
- il est entaché d’une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
- la mesure d’éloignement est privée de base légale dès lors qu’elle est fondée sur un refus de séjour entaché d’illégalité ;
- elle a méconnu les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- la décision fixant le pays de renvoi et l’interdiction de retour sont illégales en raison des illégalités affectant la mesure d’éloignement ;
- l’interdiction de retour apparaît injustifiée et infondée et dans sa durée et a méconnu l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.
Mme C... B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision n° 2025/002074 du 21 août 2025 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
II- Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2025, sous le n° 25BX03190, M. B..., représenté par Me Duten, conclut, pour ce qui le concerne, aux mêmes fins que la requête de son épouse enregistrée sous le n° 35BX03179 en reprenant les mêmes moyens dans des termes identiques.
M. B... été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision n° 2025/002075 du 21 août 2025 du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Bordeaux.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d’appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
2. M. et Mme B..., ressortissants nigérians nés respectivement en 1980 et 1983 ont déclaré être entrés en France en janvier 2019. Ils ont déposé des demandes d’asile, lesquelles ont été rejetées en dernier lieu par la Cour nationale du droit d’asile le 2 février 2021. Ils ont tous deux fait l’objet d’une mesure d’éloignement édictée le 21 février 2021 et d’un refus de séjour le 3 août de la même année. M. et Mme B... ont sollicité le 21 avril 2023 leur admission au séjour en raison de leurs liens privés et familiaux sur le terrtioire et à titre exceptionnel. Par un premier arrêté du 26 mars 2024, le préfet de la Gironde a refusé de déliver un titre de séjour à M. B..., lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un second arrêté du 12 avril 2024, le même préfet a pris les mêmes décisions à l’encontre de Mme B.... M. et Mme B... relèvent chacun appel du jugement du 28 mai 2025 par lequel le tribunal administratif de Bordeaux a rejeté leurs demandes tendant à l’annulation des arrêtés les concernant.
Sur la jonction :
3. Les requêtes enregistrées sous les nos 25BX03179 et 25BX03190 sont relatives aux membres d’une même famille et présentent à juger de questions identiques. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule et même ordonnance.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
4. En premier lieu, M. et Mme B... reprennent en appel, sans élément nouveau les moyens invoqués en première instance tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant. Si les requérants se prévalent d’une durée de séjour en France conséquente de sept années, de la naissance en France du dernier de leurs quatre enfants scolarisés et d’une intégration réussie, notamment pour M. B... par le travail, il ressort toutefois des pièces du dossier que la couple n’a séjourné régulièrement en France que le temps de l’examen des demandes de titres de séjour, que M. et Mme B... ont fait l’objet d’une mesure d’éloignement qu’ils n’ont pas exécutée et qu’il ne démontre ni disposer d’autres attaches familiales ou privées en France ni une intégration particulière sur le territoire. En outre, si la décision du 10 mars 2023 par laquelle le juge des enfants a ordonné le placement des enfants à l’aide sociale à l’enfance de leurs quatre enfants pour des faits de violence physiques et psychiques perpétrés par leurs parents a été levée quelques mois après l’arrêté en litige, cette circonstance, au demeurant postérieure à l’arrêté en litige, n’apparaît pas de nature à remettre en cause l’appréciation du préfet sur leur vie privée et familiale, alors que rien ne semble devoir faire obstacle à la reconstitution de la cellule familiale au Nigéria, dont tous les membres ont la nationalité, où le couple a vécu jusqu’en 2019 et ne soutient ni même n’allègue qu’il y serait totalement isolé et où les enfants pourront poursuivre leur scolarité. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En second lieu, les requérants, en reprenant dans des termes similaires, les autres moyens de première instance visés ci-dessus, sans pièce nouvelle, n’apporte en appel aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l’appréciation des premiers juges, qui y ont pertinemment répondu. Par suite, il y a lieu d’écarter ces autres moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif de Bordeaux.
6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes d’appel sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées selon la procédure prévue par les dispositions citées au point 1 du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte ainsi que celles tendant à l’application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu’être rejetées par voie de conséquence.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de Mme et M. B... sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... et M. C... B....
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Gironde.
Fait à Bordeaux, le 2026.
La présidente de la 3ème chambre,
K. BUTERI
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.