LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA44-20NT02373

Cour Administrative d'Appel de Nantes — Décision N° CAA44-20NT02373

vendredi 3 juin 2022

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nantes
SectionCour Administrative d'Appel de Nantes
N° DossierCAA44-20NT02373
TypeDécision
Recoursplein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSELARL DUVIVIER & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C A a demandé au tribunal administratif d'Orléans de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution sur les hauts revenus et de contributions sociales mises à sa charge au titre des années 2011, 2012 et 2013.

Par un jugement n° 1804305, 1902232 du 3 juin 2020, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 3 août 2020 M. C A, représenté par

Me Pironnet, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) de prononcer la décharge sollicitée ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- c'est à tort que le service a fait application des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts ; les sommes en litige ne présentent pas de caractère occulte ; son père, M. D A, était le gérant de fait de la société civile immobilière (SCI) ; il a notamment encaissé les chèques provenant des sociétés commerciales ; M. D A lui avait indiqué que ces sommes constituaient des prêts consentis par lui, par le biais des sociétés commerciales ; ces prêts sont attestés par l'existence de sommes portées au débit du compte courant d'associé de M. D A au sein des sociétés commerciales, et par un inscription dans le compte courant de M. D A au sein de la SCI ; le requérant, qui était sous l'emprise de son père, n'avait pas conscience qu'il recevait par ce biais des libéralités ; il n'a pas appréhendé les sommes en cause ;

- le service n'apporte pas la preuve du caractère délibéré du manquement.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2021 le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- et les conclusions de Mme Chollet, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Les sociétés à responsabilité limitée (SARL) F, détenues par les parents de M. C A, ont fait l'objet de vérifications de comptabilité qui ont révélé que ces sociétés avaient procédé au versement de sommes au profit de la SCI E, société relevant du régime de l'article 8 du code général des impôts dont M. C A détenait 49 % puis 50,07 % au cours des années 2011 à 2013, et, accessoirement, au profit direct de M. C A. Les contrôles des sociétés commerciales ont également révélé que ces sociétés avaient pris en charge des travaux réalisés sur des biens appartenant à la SCI E. Dans le cadre d'un examen de la situation fiscale personnelle de M. C A, le service a, notamment, décidé d'imposer ces sommes sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts. Après rejet partiel de sa réclamation, M. A a demandé au tribunal administratif d'Orléans de prononcer la décharge, en droit et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution sur les hauts revenus et de contributions sociales demeurant à sa charge au titre des années 2011, 2012 et 2013, pour un montant total de 774 050 euros. Il relève appel du jugement du 3 juin 2020 par lequel le tribunal a rejeté sa demande.

Sur le bien-fondé des impositions :

2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () / c. Les rémunérations et avantages occultes () ".

En ce qui concerne les sommes perçues directement par M. C A sur son compte bancaire :

3. Il est constant que M. C A a perçu, sur ses comptes bancaires personnels, de la part des sociétés commerciales détenues par ses parents, la somme de

17 133 euros en 2011 et la somme de 11 518,5 euros en 2012. Il est également constant que ces sommes ont été versées sans contrepartie. Enfin, il est également constant que M. A ne pouvait ignorer le fait qu'il bénéficiait, à travers ces versements, d'une libéralité consentie par ces sociétés commerciales. Dans ces conditions, le service apporte la preuve du caractère occulte de ces versements au sens du c. de l'article 11 du code général des impôts. Il suit de là que c'est à bon droit que le service a imposé ces sommes sur le fondement de ces dispositions.

En ce qui concerne les sommes versées à la SCI E :

4. Les quatre sociétés commerciales F détenues par les parents de M. A, ont procédé à des versements sur le compte bancaire de la SCI E et pris directement en charge le coût de travaux réalisés sur des biens dont la SCI était propriétaire. Le montant de ces paiements a été imposé entre les mains de M. A, sur le fondement des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts, à proportion de sa participation au capital social. Après application de cette quote-part, le montant de ces revenus s'élève 353 573 euros pour 2011, 218 737 euros pour 2012 et 146 088 euros pour 2013.

5. M. C A fait valoir que ces sommes constituaient en réalité des prêts consentis par M. D A, par l'intermédiaire des sociétés commerciales F dont il était le gérant. Toutefois, s'il fait état de l'existence d'un compte courant d'associé ouvert au sein de la SCI au nom de M. D A, cette circonstance ne saurait à elle-seule permettre de démontrer l'existence d'un prêt de la part de l'intéressé. Au demeurant, il est constant que la SCI ne tenait aucune comptabilité et que M. D A, qui n'était pas associé de la SCI au cours des années en litige, ne pouvait y détenir un compte courant. Enfin, si M. C A a présenté au vérificateur des contrats de prêt qui auraient été consentis à la SCI par les quatre sociétés commerciales précitées, le service fait valoir sans être contredit qu'aucun remboursement n'a été constaté de la part de la SCI, qu'aucun échéancier de remboursement de prêt n'a été produit et que ces prêts n'ont pas fait l'objet d'un enregistrement auprès du service des impôts des entreprises en application du 3 de l'article 242 ter du code général des impôts. Par conséquent, l'administration apporte la preuve de l'existence d'un avantage sans contrepartie consenti par les sociétés commerciales à la SCI E et, partant, à son associé M. C A.

6. En outre, compte tenu de l'existence de liens familiaux, l'intention libérale doit en l'espèce être présumée. Pour renverser cette présomption, M. C A fait valoir que son père était le gérant de fait de la SCI. Toutefois, si certains éléments produits démontrent que M. D A s'impliquait effectivement dans la gestion de cette SCI, ces éléments ne permettent pas d'établir que M. C A ignorait l'existence des versements sans contrepartie effectués par les sociétés commerciales détenues par son père, alors qu'il résulte de l'instruction que, en sa qualité de gérant de la SCI jusqu'au mois de mai 2012, le contribuable recevait à son domicile les relevés du compte bancaire de la SCI et qu'il avait passé lui-même certaines commandes de travaux. Dans ces conditions, l'administration fiscale apporte bien la preuve de ce que M. C A avait conscience qu'il recevait, par l'intermédiaire de la SCI, une libéralité. Enfin, si M. C A fait valoir qu'il n'a pas appréhendé les sommes en litige, il est constant que les versements ont été encaissés soit par la SCI, soit directement par des entrepreneurs réalisant des travaux sur des biens appartenant à la SCI. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a imposé ces sommes sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts.

Sur la majoration pour manquement délibéré :

7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / 40 % en cas de manquement délibéré () ".

En ce qui concerne les sommes perçues directement par M. C A sur son compte bancaire :

8. L'administration fiscale fait valoir que M. C A ne pouvait de bonne foi ignorer que ces sommes, versées par des sociétés commerciales sans contrepartie, constituaient des revenus de capitaux mobiliers imposables à l'impôt sur le revenu. Dans ces conditions, le service apporte la preuve du caractère délibéré du manquement.

En ce qui concerne les sommes versées à la SCI E :

9. Ainsi qu'il a été exposé aux points 5 et 6, l'administration fiscale établit que

M. C A ne pouvait ignorer que la SCI E bénéficiaire d'avantages sans contrepartie de la part des sociétés commerciales F, soit par le biais de versement directs permettant à la SCI de financer des acquisitions, soit par le biais d'une prise en charge de travaux sur ces biens. Ainsi, M. C A ne pouvait de bonne foi ignorer le fait que ces avantages, qui lui ont permis d'accroître son patrimoine, étaient imposables à l'impôt sur le revenu. Il suit de là que le service apporte la preuve du caractère délibéré du manquement.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. C A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Par conséquent, sa requête, y compris ses conclusions relatives aux frais liés au litige, doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.

Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. C A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Délibéré après l'audience du 12 mai 2022, à laquelle siégeaient :

- Mme Perrot, présidente de chambre,

- M. Giraud, premier conseiller,

- M. Brasnu, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2022.

Le rapporteur

H. BLa présidente

I. Perrot

La greffière

A. Marchais

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 20NT02373

Décisions similaires

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276

La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.

04/05/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

04/05/2026

CAA13plein contentieux

Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426

Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.

04/05/2026

← Retour aux décisions