vendredi 7 octobre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-21NT00172 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LAURANT ET MICHAUD |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au tribunal administratif de Nantes de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2011 et 2012.
Par un jugement n° 1801465 du 20 novembre 2020, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 janvier et 18 juin 2021 M. A, représenté par Mes Prevot et Duceaux, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge sollicitée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a pu authentifier la provenance des sommes de 129 100 euros et 16 180 euros, qui ont été créditées sur ses comptes bancaires respectivement en 2011 et 2012 ; la somme globale de 145 280 euros correspond à des avances de trésorerie consenties par un ami de longue date ; cette somme ne peut pas être qualifiée de revenu d'origine indéterminée ;
- il verse un contrat de prêt conclu entre lui et cet ami et daté du 28 décembre 2015 aux termes duquel il doit rembourser la somme de 118 530 euros ; l'attestation du prêteur et le contrat de prêt revêtent un caractère probant dès lors que l'analyse des relevés bancaires du prêteur corrobore l'origine de la provenance des fonds ;
- il justifie d'un remboursement de 5 680 euros ; compte tenu des remboursements, le solde dû par lui s'élève au 18 juin 2021 à 112 850 euros ;
- il est dans une situation financière désastreuse du fait de l'absence de paiement des loyers par les locataires des biens de la SCI C-F et, pour faire face aux dettes, il a dû vendre son domicile principal et ses véhicules alors qu'il aurait pu rembourser le solde de son prêt ;
- la somme de 5 000,01 euros correspond à des gains de paris ;
- la somme de 3 300 euros correspond à un prêt consenti par la SARL " Etudes et services du bâtiment " ;
- il se prévaut, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des dispositions du paragraphe 110 de l'instruction référencée BOI-CTX-DG-20-20-40 du 12 septembre 2012.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 juillet 2021 et 6 septembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Brasnu, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours d'un examen de situation fiscale personnelle portant sur les revenus de M. A en 2011 et 2012, l'administration a constaté des discordances entre le montant des revenus qu'il avait déclarés, au demeurant plus de trente jours après une mise en demeure, et les sommes créditées sur ses comptes bancaires. M. A n'a pas répondu à la demande d'éclaircissements ou de justifications dans le délai imparti de deux mois, selon la procédure prévue aux articles L. 10 et L.16 du livre des procédures fiscales. Par une proposition de rectification du 5 septembre 2014, l'administration a taxé d'office les revenus d'origine indéterminée ainsi révélés. Par un jugement du 20 novembre 2020, le tribunal administratif de Nantes a rejeté la demande de M. A tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2011 et 2012. M. A relève appel de ce jugement.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, à supposer que le requérant ait entendu soulever le moyen tiré de ce qu'il n'aurait pas reçu toutes les pièces de la procédure de la part de l'administration lors de la phase de contrôle et de rectification, un tel moyen manque en fait dès lors qu'en réponse à sa demande, l'administration lui a adressé le 3 mai 2018 l'ensemble des pièces de procédure, dont notamment la proposition de rectification du 5 septembre 2014 comprenant 23 feuillets.
3. En second lieu, si M. A soutient que des pièces de la procédure sont manquantes, il ne justifie pas avoir effectué des démarches pour obtenir ou recevoir communication des pièces prétendument manquantes.
Sur le bien-fondé des cotisations supplémentaires :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
S'agissant des sommes de 112 100 euros et 16 180 euros :
4. L'administration a constaté que les sommes de 112 100 euros et 16 180 euros ont été créditées sur les comptes bancaires de M. A respectivement en 2011 et 2012. Si M. A soutient que ces sommes correspondent à des avances de trésorerie consenties sous forme de chèques émis par un ami de longue date et associé à 50% comme lui au sein de la SCI C-F et verse au dossier un contrat de prêt d'un montant de 118 350 euros établi le 28 décembre 2015, toutefois ce contrat est postérieur aux années d'imposition et présente un caractère incomplet notamment sur la durée du prêt, les modalités du remboursement, la rémunération du prêt ou l'échéancier. Ainsi, à l'exception de la somme de 17 000 euros qui a été admise par l'administration fiscale en raison du caractère probant des documents établissant qu'il s'agissait de remboursements, c'est à bon droit que le surplus de la somme a été imposé en tant que revenu d'origine indéterminée.
5. S'agissant de la somme de 16 180 euros relative à l'année 2012, le contrat de prêt, qui est mentionné au point 4, précise que le prêteur aurait versé une somme globale de 145 280 euros, qui se subdivise selon la proposition de rectification en un versement de 129 100 euros en 2011 et un autre de 16 180 euros en 2012 et que l'emprunteur doit rembourser une somme de 118 350 euros. Toutefois, aucun prêt initial indiquant ce montant de 145 280 euros n'est produit dans le dossier. C'est donc également à bon droit que l'administration a imposé la somme de 16 180 euros en tant que revenu d'origine indéterminée.
S'agissant de la somme de 3 300 euros :
6. Il est constant que trois chèques d'un montant global de 11 300 euros ont été crédités sur les comptes bancaires de M. A en 2012 en provenance de la SARL " Etude et Services du Bâtiment ". L'administration a admis un remboursement justifié de 8 000 euros mais en ce qui concerne la somme restante de 3 300 euros, le requérant n'apporte aucun élément justificatif d'un prêt consenti par la SARL en 2012. L'administration a, à bon droit, imposé cette somme en tant que revenu d'origine indéterminée.
S'agissant de la somme de 5 000,01 euros :
7. L'administration a constaté des chèques non identifiés sur deux comptes bancaires pour un montant global de 5 000,01 euros. M. A affirme que ces sommes correspondent à des gains de PMU mais il n'en justifie pas. Dès lors, c'est à bon droit que le service a imposé cette somme en tant que revenu d'origine indéterminée.
8. Les circonstances que M. A est dans une situation financière difficile du fait de l'absence de paiement des loyers par les locataires des biens de la SCI C-F et que, pour faire face à ses dettes, il a dû vendre son domicile principal et ses véhicules alors qu'il aurait pu rembourser le solde de son prêt sont sans incidence.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
9. M. A n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des termes du paragraphe 110 de l'instruction référencée BOI-CTX-DG-20-20-40 du 12 septembre 2012 selon lesquels : " La preuve peut être administrée au moyen de documents divers : actes authentiques ou sous seing privés, actes judiciaires, pièces d'état civil, livres de commerce, procès-verbaux, registres portatifs, titres de mouvement ou certificats de décharge, documents privés (correspondance notamment), attestations écrites, avis de réception postaux () ", qui ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale qui serait opposable à l'administration.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Perrot, présidente de chambre,
- M. Geffray, président-assesseur,
- Mme Picquet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2022.
Le rapporteur
J.E. CLa présidente
I. Perrot
La greffière
A. Marchais
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026