mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-21NT01330 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL GAIA;LABRUSSE |
Vu les procédures suivantes :
Procédure contentieuse antérieure :
L'association J'aime le Home, M. et A C et M R, W S, V H, M. et A B et Z E, M. T J et A O E, M. G P, M. L U, l'ASL Le Clos des Sables, la SCI Abel TM, M. et A F et Q D et X Y ont demandé au tribunal administratif de Caen d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2019 par lequel le maire de Varaville a délivré à la société Proméo IDF un permis de construire en vue de la construction d'une résidence de vacances sur un terrain situé 1, rue Guillaume le Conquérant, ainsi que la décision implicite de rejet de leur recours gracieux.
Par un jugement n° 2000515 du 23 mars 2021, le tribunal administratif de Caen a, dans son article 1er, donné acte du désistement de A N S, de M. et A B et AA Z E, dans son article 2, annulé l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux, dans son article 3, condamné la commune de Varaville à verser la somme de 2 000 euros solidairement à M. et A R, à A H, à M. J, à A E, à M. P et à la SCI Abel TM, dans son article 4, rejeté les conclusions propres de l'association j'aime le Home, de l'association syndicale libre Le clos de sables, de M. U, de M. et A D et AA A Y, dans son article 5, rejeté les conclusions de la commune de Varaville présentées sur le fondement des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, dans son article 6, rejeté les conclusions de la commune de Varaville et de la société Promeo IDF tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Procédures devant la cour :
I. Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés sous le n° 21NT01330, le 12 mai 2021 et les 6 juillet et 19 août 2022, la société Proméo IDF, représentée par Me Peru, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 23 mars 2021 du tribunal administratif de Caen en tant qu'il a, dans son article 2, annulé l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux ;
2°) de rejeter, dans cette mesure, la demande présentée par l'association J'aime le Home et les autres requérants devant le tribunal administratif de Caen ;
3°) de mettre à la charge de l'association J'aime le Home et autres la somme globale de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la circonstance que le conseil municipal ait autorisé, par une délibération du 22 février 2022, le maire de Varaville à signer une promesse de vente avec la société Le Clos Polet en vue de la cession à celle-ci du terrain d'assiette du projet n'a pas pour effet de la priver de son intérêt à faire appel du jugement attaqué ;
- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal administratif, M. et A R, A H, M. J et A E, M. P et la SCI Abel TM ne peuvent se prévaloir de la qualité de voisins immédiats et ne disposaient pas, dès lors, d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté, faute, pour eux, de faire état, dans leurs écritures, d'éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que la réalisation du projet serait susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens respectifs ; en outre, la copie du bail produite par M. P pour justifier de son intérêt à agir en première instance était un faux document, ainsi qu'en a attesté le bailleur, mère de l'intéressé, dans un courrier adressé au maire de Varaville ; en tout état de cause, M. P ne pouvait utilement se prévaloir de la qualité d'habitant de Varaville, et notamment de celle de voisin, pour demander l'annulation de l'arrêté contesté, la date de signature du bail dont il se prévaut étant postérieure à la date de dépôt en mairie du dossier de demande de permis de construire ;
- en application de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme, l'association J'aime le Homme n'était pas recevable à demander l'annulation de l'arrêté contesté, ses statuts ayant été déposés en préfecture après l'affichage en mairie de la demande de permis de construire ;
- les autres requérants n'avaient pas intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté ;
- les motifs d'annulation retenus par le tribunal administratif ne sont pas fondés :
o le nombre de places de stationnement prévu par le projet est suffisant au regard des règles fixées en la matière par les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme pour la catégorie " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " ;
o l'emprise au sol du projet ne dépasse pas la limite de 30 % de la superficie de l'unité foncière fixée par les dispositions de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme pour les constructions autres que celles destinées à accueillir des logements ;
o la distance, comptée horizontalement, séparant les balcons de la façade ouest du bâtiment projeté de la limite séparative de propriété la plus proche est supérieure à la moitié de la hauteur de ces balcons, conformément aux dispositions de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- les vices relevés étaient, en tout état de cause, régularisables, le respect des règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le tribunal administratif a statué n'impliquant pas d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même ;
- le moyen, soulevé par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la délibération du 8 juillet 2019 du conseil municipal de Varaville approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme au regard des dispositions des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales, a été soulevé plus de six mois à compter de la prise d'effet de la délibération, de sorte que ce moyen est irrecevable en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- le moyen, soulevé par voie d'exception, tiré de l'illégalité de la délibération du 8 juillet 2019 du conseil municipal de Varaville approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme au regard des dispositions des articles R. 123-9 et R. 123-11 du code de l'environnement est inopérant, ces dispositions étant applicables aux seules procédures de modification de droit commun ;
- les autres moyens soulevés en première instance, et repris en appel, ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 avril, 8 juillet et 2 septembre 2022, M. G P, représentés par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Proméo IDF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la société Proméo IDF n'a plus intérêt à faire appel du jugement attaqué, la commune de Varaville ayant décidé, postérieurement à l'introduction de la requête, de céder le terrain d'assiette du projet à une autre société en vue de la réalisation d'un lotissement ;
- l'association J'aime le Home dispose, en vertu de son objet social, d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté ;
- les requérants disposent d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté dès lors que la réalisation du projet litigieux, en modifiant les conditions de circulation actuelles du quartier, affectera nécessairement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens respectifs ;
- la délibération du 8 juillet 2019 approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme est entachée d'illégalité et le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions pertinentes des articles U 9 et U 12 du règlement dans leur version antérieure à cette modification simplifiée :
o la convocation à la séance du 8 juillet 2019 ne mentionne pas, parmi les points inscrits à l'ordre du jour, l'examen du projet de modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme, ni n'informe les conseillers municipaux de la possibilité, pour eux, de consulter en mairie ce projet de modification ;
o l'information donnée aux conseillers municipaux avant la séance du 8 juillet 2019 ne satisfait pas aux exigences résultant des dispositions des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;
o la délibération du 15 mai 2019 définissant les modalités de la mise à disposition au public n'expose pas les véritables raisons de la procédure de modification simplifiée, ni n'indique d'adresse électronique à laquelle le public pouvait transmettre ses observations et propositions ;
o l'avis du maire de Varaville relatif à l'organisation de la mise à disposition au public n'a pas été publié en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département au moins huit jours avant le début de la mise à disposition au public ;
o le dossier mis à la disposition du public est incomplet : d'une part, il omet de préciser que le terrain d'assiette du projet était classé en " espace boisé classé " par le règlement graphique et qu'il était identifié comme " espace vert " par le rapport de présentation du plan local d'urbanisme ; d'autre part, il ne comporte pas les " documents structurants " du dossier de révision du plan local d'urbanisme, et notamment celui relatif à la présentation du diagnostic et des orientations d'aménagement ;
o le rapport de présentation du projet de modification n'était pas consultable sur le site internet de la commune pendant la phase de mise à disposition au public ;
o le maire de Varaville n'a pas, au cours de la séance du 8 juillet 2019, ni avant celle-ci, tiré le bilan de la mise à disposition au public du projet de modification simplifiée, en méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 153-47 du code de l'urbanisme ;
o les modifications apportées au plan local d'urbanisme ne relèvent pas du champ de la procédure de modification simplifiée, mais du champ de la procédure de révision ou, à tout le moins, de la procédure de modification de droit commun ;
o ces modifications sont entachées d'erreurs manifestes d'appréciation au regard du classement du secteur Uc en zone verte du plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives ;
o elles sont incohérentes par rapport à la définition donnée des secteurs Uc par le préambule du règlement de la zone U du plan local d'urbanisme ;
o elles portent atteinte aux caractéristiques du quartier " du Home ", telles qu'elles sont décrites dans le préambule du règlement applicable à la zone U et dans le rapport de présentation du plan local d'urbanisme ;
o elles caractérisent l'existence d'un détournement de pouvoir ;
o la rédaction de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas suffisamment précise au regard des catégories de destination et de sous-destination retenues par le code de l'urbanisme ;
o la modification, dans un sens moins restrictif, de la règle relative au nombre minimum de places de stationnement prévue pour la catégorie " Hôtels, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " par l'article U 12 du règlement est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le permis de construire méconnaît le préambule du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme, les secteurs Uc n'ayant pas vocation à accueillir, selon la définition qu'en donne ce préambule, une résidence de tourisme de quatre-vingt-trois appartements ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 1 du règlement du plan local d'urbanisme, celles-ci interdisant, en zone U, la construction des établissements recevant du public, destinés à accueillir des enfants, des personnes malades ou handicapées, sur les terrains dont le sol naturel est compris entre 3,55 mètres et 4,55 mètres NGF ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 3 du règlement du plan local d'urbanisme : d'une part, la largeur de l'accès au projet depuis la rue Adrien Lebeaux est inférieure à six mètres ; d'autre part, aucune aire de retournement n'est aménagée sur la voie de desserte interne accessible depuis cet accès au projet ; enfin, cet accès, réservé au service, génère un risque pour la sécurité publique ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme, la distance, comptée horizontalement, séparant la façade ouest du bâtiment projeté de la limite séparative de propriété la plus proche étant inférieure à la moitié de la hauteur, mesurée à l'égout du toit, de cette façade ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme, l'emprise au sol du projet dépassant la limite de 25 % fixée par ces dispositions pour les constructions destinées à accueillir des logements ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme : d'une part, la " hauteur droite " du projet, mesurée à partir du sol naturel avant travaux, dépasse la limite de 6 mètres 50 fixée par ces dispositions ; d'autre part, en l'absence de relevé altimétrique du sol naturel avant travaux, il n'est pas possible de s'assurer du respect de la règle de " hauteur au faîtage " maximale de 10 mètres fixée par ces dispositions ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et celles de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme, la réalisation du projet étant susceptible de porter atteinte au caractère ou à l'intérieur des lieux avoisinants ;
- le permis de construire méconnaît le point III de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme, en l'absence de clôture séparant la rue Guillaume le Conquérant de l'emprise du projet et des places de stationnement prévues à cet endroit ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme, le nombre de places de stationnement prévu par le projet étant insuffisant par rapport à celui exigé par ces dispositions et pour répondre, en tout état de cause, aux besoins générés par l'activité du projet ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme, la surface d'espaces verts plantés étant insuffisante pour respecter le seuil de 50 % de l'unité foncière fixé par ces dispositions ;
- le permis de construire méconnaît l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme : d'une part, le projet litigieux ne prend pas en compte l'espace boisé classé grevant la partie nord-est du terrain d'assiette ; d'autre part, les balcons qui surplombent l'espace boisé classé grevant la partie est du terrain d'assiette remettent en cause la protection dont celui-ci bénéficie ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, en ce que la réalisation du projet litigieux aggravera les difficultés de stationnement préexistantes dans le quartier.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 8 juillet et 12 août 2022, la commune de Varaville, représentée par Me Gorand, demande à la cour de faire droit aux conclusions de la requête de la société Proméo IDF et de mettre à la charge de l'association J'aime le Home et autres la somme globale de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal administratif, M. et A R, A H, M. J et A E, M. P et la SCI Abel TM ne disposaient pas d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté, faute, pour eux, de faire état, dans leurs écritures, d'éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que la réalisation du projet serait susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens respectifs ; en outre, la copie du bail produite par M. P pour justifier de son intérêt à agir en première instance était un faux document, ainsi qu'en a attesté le bailleur, mère de l'intéressé, dans un courrier adressé au maire de Varaville ;
- les motifs d'annulation retenus par le tribunal administratif ne sont pas fondés :
o le nombre de places de stationnement prévu par le projet est suffisant au regard des règles fixées en la matière par les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme pour la catégorie " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " ;
o l'emprise au sol du projet ne dépasse pas la limite de 30 % de la superficie de l'unité foncière fixée par les dispositions de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme pour les constructions autres que celles destinées à accueillir des logements ;
o la distance, comptée horizontalement, séparant la façade ouest du bâtiment projeté de la limite séparative de propriété la plus proche est supérieure à la moitié de la hauteur de cette façade, conformément aux dispositions de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme, que les balcons soient pris en compte, ou non ;
- les moyens, soulevés par voie d'exception, et contestant la légalité de la délibération du 8 juillet 2019 du conseil municipal de Varaville approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme, sont irrecevables, le permis de construire n'étant pas un acte d'application de cette délibération et n'entrant pas dans le champ d'une opération complexe ;
- les moyens, soulevés par voie d'exception, et tirés de la méconnaissance des articles R. 123-9 et R. 123-11 du code de l'environnement, sont inopérants, la procédure de modification simplifiée d'un plan local d'urbanisme ne relevant pas du champ de la procédure de l'enquête publique environnementale ;
- le moyen tiré de la méconnaissance du plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives est irrecevable, en l'absence de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé ; ce moyen est, en tout état de cause, inopérant, ce plan de prévention des risques littoraux n'étant pas encore approuvé à la date de signature de l'arrêté contesté ;
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 1 du règlement du plan local d'urbanisme est inopérant, le projet de construction n'étant pas un établissement recevant du public spécifiquement dédié à l'accueil des enfants, des personnes malades ou handicapées ;
- aucun des moyens soulevés en première instance, et repris en appel, n'est, en tout état de cause, fondé.
Par une ordonnance du 16 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 septembre 2022, à 12 heures.
Un nouveau mémoire en intervention, présenté pour la commune de Varaville, a été enregistré le 6 septembre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
II. - Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés sous le numéro 21NT01404, le 21 mai 2021, le 8 juillet 2022 et le 12 août 2022, la commune de Varaville, représentée par Me Gorand, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 23 mars 2021 du tribunal administratif de Caen en tant qu'il a, dans son article 2, annulé l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux ;
2°) de rejeter, dans cette mesure, la demande présentée par l'association J'aime le Home et autres devant le tribunal administratif de Caen, à défaut, de faire application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme ou de celles de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de l'association J'aime le Home et autres la somme globale de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est entaché d'irrégularité : le tribunal administratif, en regardant le projet litigieux comme une construction destinée à accueillir des logements, alors que les requérants ne s'étaient pas prévalus d'une telle qualification dans leurs écritures, a relevé d'office un moyen qui n'était pas d'ordre public et a, ce faisant, statué ultra petita ;
- contrairement à ce qu'a jugé le tribunal administratif, M. et A R, A H, M. J et A E, M. P et la SCI Abel TM ne disposaient pas d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté, faute, pour eux, de faire état, dans leurs écritures, d'éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que la réalisation du projet serait susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens respectifs ; en outre, la copie du bail produite par M. P pour justifier de son intérêt à agir en première instance était un faux document, ainsi qu'en a attesté le bailleur, mère de l'intéressé, dans un courrier adressé au maire de Varaville ;
- la circonstance que le conseil municipal a autorisé, par une délibération du 22 février 2022, le maire de Varaville à signer une promesse de vente avec la société Le Clos Polet en vue de la cession à celle-ci du terrain d'assiette du projet n'a pas pour effet de la priver de son intérêt à faire appel du jugement attaqué ;
- les motifs d'annulation retenus par le tribunal administratif ne sont pas fondés :
o le nombre de places de stationnement prévu par le projet est suffisant au regard des règles fixées en la matière par les dispositions de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme pour la catégorie " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " ;
o l'emprise au sol du projet ne dépasse pas la limite de 30 % de la superficie de l'unité foncière fixée par les dispositions de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme pour les constructions autres que celles destinées à accueillir des logements ;
o la distance, comptée horizontalement, séparant la façade ouest du bâtiment projeté de la limite séparative de propriété la plus proche est supérieure à la moitié de la hauteur de cette façade, conformément aux dispositions de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme, que les balcons soient pris en compte, ou non ;
- les moyens, soulevés par voie d'exception, et contestant la légalité de la délibération du 8 juillet 2019 du conseil municipal de Varaville approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme, sont irrecevables, le permis de construire n'étant pas un acte d'application de cette délibération et n'entrant pas dans le champ d'une opération complexe ;
- les moyens, soulevés par voie d'exception, et tirés de la méconnaissance des articles R. 123-9 et R. 123-11 du code de l'environnement, sont inopérants, la procédure de modification simplifiée d'un plan local d'urbanisme ne relevant pas du champ de la procédure de l'enquête publique environnementale ;
- le moyen tiré de l'incompatibilité du plan local d'urbanisme avec le plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives est irrecevable, en l'absence de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé ; ce moyen est, en tout état de cause, inopérant, ce plan de prévention des risques littoraux n'étant pas encore approuvé à la date de signature de l'arrêté contesté ;
- le moyen tiré de la méconnaissance par le permis de construire contesté de l'article U 1 du règlement du plan local d'urbanisme est inopérant, le projet de construction n'étant pas un établissement recevant du public spécialement dédié à l'accueil des enfants, des personnes malades ou handicapées ;
- aucun des moyens soulevés en première instance, et repris en appel, n'est, en tout état de cause, fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 avril, 4 août et 2 septembre 2022, M. G P, représenté par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la commune de Varaville au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commune de Varaville n'a plus intérêt à faire appel du jugement attaqué, la commune de Varaville ayant décidé, postérieurement à l'introduction de la requête, de céder le terrain d'assiette du projet à une autre société en vue de la réalisation d'un lotissement ;
- l'association J'aime le Home disposait, en vertu de son objet social, d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté ; les autres demandeurs disposaient d'un intérêt à demander l'annulation de l'arrêté contesté dès lors que la réalisation du projet, en modifiant les conditions de circulation actuelles du quartier, affectera nécessairement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens respectifs ;
- la délibération du 8 juillet 2019 approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme est entachée d'illégalité et le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions pertinentes des articles U 9 et U 12 dans leur version antérieure à cette modification simplifiée :
o la convocation à la séance du 8 juillet 2019 ne mentionne pas, parmi les points inscrits à l'ordre du jour, l'examen du projet de modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme, ni n'informe les conseillers municipaux de la possibilité, pour eux, de consulter en mairie ce projet de modification ;
o l'information donnée aux conseillers municipaux avant la séance du 8 juillet 2019 ne satisfait pas aux exigences résultant des dispositions des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales ;
o la délibération du 15 mai 2019 définissant les modalités de la mise à disposition au public n'expose pas les véritables raisons du projet de modification, ni n'indique d'adresse électronique à laquelle le public pouvait transmettre ses observations et propositions ;
o l'avis du maire de Varaville relatif à l'organisation de la mise à disposition au public n'a pas été publié en caractères apparents dans un journal diffusé dans le département au moins huit jours avant le début de la mise à disposition ;
o le dossier mis à la disposition du public est incomplet : d'une part, il omet de préciser que le terrain d'assiette du projet était classé en " espace boisé classé " par le règlement graphique et qu'il était identifié comme " espace vert " par le rapport de présentation du plan local d'urbanisme ; d'autre part, il ne comporte pas les " documents structurants " du dossier de révision du plan local d'urbanisme, et notamment celui relatif à la présentation du diagnostic et des orientations d'aménagement ;
o le rapport de présentation du projet de modification n'était pas consultable sur le site internet de la commune durant la phase de mise à disposition au public du projet de modification ;
o le maire de Varaville n'a pas, au cours de la séance du 8 juillet 2019, ni avant celle-ci, tiré le bilan de la mise à disposition du projet de modification simplifiée au public, en méconnaissance du dernier alinéa de l'article L. 153-47 du code de l'urbanisme ;
o les modifications apportées au plan local d'urbanisme ne relèvent pas du champ de la procédure de modification simplifiée, mais du champ de la procédure de révision ou, à tout le moins, de la procédure de modification de droit commun ;
o ces modifications sont entachées d'erreurs manifestes d'appréciation au regard du classement de la zone Uc en zone verte du plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives ;
o elles sont incohérentes avec la définition donnée des secteurs Uc par le préambule du règlement de la zone U du plan local d'urbanisme ;
o elles portent atteinte aux caractéristiques du quartier " du Home ", telles qu'elles sont décrites dans le préambule du règlement applicable à la zone U et dans le rapport de présentation du plan local d'urbanisme ;
o elles caractérisent l'existence d'un détournement de pouvoir ;
o la rédaction de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas suffisamment précise au regard des catégories de destination et de sous-destination retenues par le code de l'urbanisme ;
o la modification, dans un sens moins restrictif, de la règle relative au nombre minimum de places de stationnement prévue pour la catégorie " Hôtels, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " par l'article U 12 du règlement est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- le permis de construire méconnaît le préambule du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme, les secteurs Uc n'ayant pas vocation à accueillir, selon la définition qu'en donne ce préambule, une résidence de tourisme de quatre-vingt-trois appartements ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 1 du règlement du plan local d'urbanisme, celles-ci interdisant, en zone U, la construction des établissements recevant du public, destinés à accueillir des enfants, des personnes malades ou handicapées, sur les terrains dont le sol naturel est compris entre 3,55 mètres et 4,55 mètres NGF ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 3 du règlement du plan local d'urbanisme, la largeur des accès au projet étant inférieure à six mètres ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme, la distance, comptée horizontalement, séparant la façade ouest du bâtiment projeté de la limite séparative de propriété la plus proche étant inférieure à la moitié de la hauteur, mesurée à l'égout du toit, de cette façade ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme, l'emprise au sol du projet dépassant la limite de 25 % fixée par ces dispositions pour les constructions destinées à accueillir des logements ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme, la hauteur du projet, mesurée à partir du sol naturel avant travaux, dépassant la limite de 6 mètres 50 fixée par ces dispositions ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et celles de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme, la réalisation du projet étant susceptible de porter atteinte au caractère ou à l'intérieur des lieux avoisinants ;
- le permis de construire méconnaît le point III de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme, en l'absence de clôture séparant la rue Guillaume le Conquérant de l'emprise du projet et des places de stationnement prévues à cet endroit ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme et celles de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme, le nombre de places de stationnement prévu par le projet étant insuffisant par rapport à celui exigé par ces dispositions et pour répondre, en tout état de cause, aux besoins générés par l'activité du projet ;
- le permis de construire méconnaît les dispositions de l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme, la surface d'espaces verts plantés étant insuffisante pour respecter le seuil de 50 % de l'unité foncière fixé par ces dispositions ;
- le permis de construire méconnaît l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme, les balcons compromettant la conservation ou la protection de l'espace boisé classé qu'ils surplombent ;
- le permis de construire est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard du classement du terrain d'assiette du projet en zone verte du plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives, en l'absence de prise en compte des recommandations associées à cette zone verte.
Par une ordonnance du 16 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 septembre 2022, à 12 heures.
Un mémoire présenté pour la commune de Varaville a été enregistré le 6 septembre 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'environnement ;
- le code du tourisme ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. K ;
- les conclusions de A Bougrine, rapporteure publique ;
- dans l'instance n° 21NT01330, les observations de Me Farrugia, représentant la Sté Proméo IDF, les observations de Me Le Brouder, substituant Me Labrusse, représentant M. P, et les observations de Me Debuys, substituant Me Gorand, représentant la commune de Varaville ;
- dans l'instance n° 21NT01404, les observations de Me Le Brouder, substituant Me Labrusse, représentant M. P, et les observations de Me Debuys, substituant Me Gorand, représentant la commune de Varaville.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 septembre 2019, le maire de Varaville a délivré à la société Proméo IDF un permis de construire en vue de la construction d'une résidence de vacances sur un terrain situé 1, rue Guillaume le Conquérant à Varaville. La société Proméo et la commune de Varaville relèvent appel du jugement du 23 mars 2021 du tribunal administratif de Caen en tant qu'il a annulé, à la demande de l'association J'aime le Home et autres, dans son article 2, l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux.
2. Les requêtes n° 21NT01330 et n° 21NT01404 présentées, respectivement, par la société Proméo IDF et la commune de Varaville sont dirigées contre le même jugement du tribunal administratif de Caen et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul arrêt.
Sur la recevabilité de l'intervention de la commune de Varaville au soutien des conclusions de la société Proméo IDF dans l'instance n° 21NT01330 :
3. En vertu des principes généraux de procédure, tels qu'ils sont rappelés à l'article
R. 811-1 du code de justice administrative, la commune de Varaville, qui était présente en première instance, avait qualité pour faire appel du jugement attaqué, ce qu'elle a d'ailleurs fait dans l'instance n° 21NT01404. Dès lors, son intervention au soutien des conclusions de la société Proméo IDF dans l'instance n° 21NT01330 est irrecevable.
Sur les fins de non-recevoir :
En ce qui concerne l'intérêt à faire appel de la société Proméo IDF et de la commune de Varaville :
4. La commune de Varaville et la société Proméo IDF, qui étaient parties en première instance, ont intérêt à faire appel du jugement du 23 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Caen a annulé le permis de construire du 9 septembre 2019, sans qu'ait d'incidence la circonstance que la propriété du terrain d'assiette du projet, objet du litige, a été transférée en cours de procédure à une autre société.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne les motifs d'annulation retenus par le tribunal administratif :
5. En premier lieu, aux termes de l'article U 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville : " 1- Les constructions sont implantées : () / - à une distance de la limite séparative de propriété au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre tout point de la construction et le point le plus bas et le plus proche de la limite séparative de propriétés ; cette distance sera au moins égale à 3m. () ". En application de ces dispositions, la distance, comptée horizontalement, séparant la façade du bâtiment de la limite séparative de propriété la plus proche, doit être calculée de manière glissante, en tenant compte des éventuelles saillies de la façade du bâtiment, comme les balcons.
6. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que la distance, comptée horizontalement, séparant les balcons de la façade ouest du bâtiment de la limite séparative la plus proche s'établit, pour deux d'entre eux, à 3,56 mètres et, pour les deux autres, à 3,70 mètres. Il ressort également du dossier de demande que le point haut des balcons du second étage s'établit au même niveau que la hauteur de la façade de la résidence mesurée à l'égout du toit, c'est-à-dire à la cote de 10,10 mètres NGF, tandis que le niveau du sol naturel avant travaux au niveau de la limite séparative latérale la plus proche, c'est-à-dire le long de la parcelle cadastrée section AD n° 130, varie entre la cote de 4,60 mètres NGF et celle de 4,71 mètres NGF. Ainsi, la différence d'altitude mesurée entre ces deux points varie entre 5,39 mètres et 5,50 mètres tout le long de la limite séparative latérale ouest. Il en résulte que la distance, comptée horizontalement, entre la façade ouest du bâtiment et la limite séparative latérale la plus proche est, en tout point de la façade, supérieure à la moitié de la différence d'altitude, sans jamais être inférieure à 3 mètres, conformément aux dispositions précitées.
7. En second lieu, aux termes de l'article D. 321-1 du code du tourisme, auquel renvoie le glossaire du plan local d'urbanisme de Varaville pour la définition de résidence de tourisme : " La résidence de tourisme est un établissement commercial d'hébergement classé, faisant l'objet d'une exploitation permanente ou saisonnière. Elle est constituée d'un ou plusieurs bâtiments d'habitation individuels ou collectifs regroupant, en un ensemble homogène, des locaux d'habitation meublés et des locaux à usage collectif. Les locaux d'habitation meublés sont proposés à une clientèle touristique qui n'y élit pas domicile, pour une occupation à la journée, à la semaine ou au mois. Elle est dotée d'un minimum d'équipements et de services communs. Elle est gérée dans tous les cas par une seule personne physique ou morale. ". L'article D. 321-2 du même code dispose que : " La résidence de tourisme peut être placée sous le statut de copropriété des immeubles bâtis fixé par la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 modifiée, ou sous le régime des sociétés d'attribution d'immeubles en jouissance à temps partagé défini par la loi n° 86-18 du 6 janvier 1986 relative aux sociétés d'attribution d'immeubles en jouissance à temps partagé, sous réserve que le règlement de copropriété prévoit expressément : / 1° Une destination et des conditions de jouissance des parties tant privatives que communes conformes au mode d'utilisation défini au présent article pour ce type de classement et comportant une obligation durable de location d'au moins 70 % des locaux d'habitation meublés qui ne saurait être inférieure à neuf ans, les copropriétaires ou les associés des sociétés d'attribution pouvant bénéficier d'une réservation prioritaire ; / () / 2° Une gestion assurée pour l'ensemble de la résidence de tourisme par une seule personne physique ou morale, liée par un contrat de louage ou mandat aux copropriétaires ou associés des sociétés d'attribution. ". Il résulte de ces dispositions que les locaux d'habitation meublés et les locaux à usage collectif d'une résidence de tourisme peuvent être détenus par une ou plusieurs personnes.
8. Il ressort du dossier de demande de permis de construire, et notamment de la notice de présentation, que le projet litigieux consiste en la construction d'une " résidence de tourisme ", composée de locaux d'habitation, de locaux à usage collectif ainsi que d'un parc privé de stationnement. Selon le formulaire de demande de permis de construire, ce projet de construction est destiné à l'hébergement hôtelier. La circonstance, relevée par M. P, que les appartements compris dans les locaux d'habitation de la résidence correspondent à des logements " en accession à la propriété " ne faisait pas, en tout état de cause, à elle seule obstacle à ce que la société Proméo IDF indique, comme destination, celle d'hébergement hôtelier dans le formulaire de demande, la qualification de " résidence de tourisme " n'étant pas incompatible ainsi qu'il a été dit au point précédent, avec la copropriété, voire avec la multipropriété.
9. D'une part, l'article U 9 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville limite, en secteur Uc, l'emprise au sol des constructions autres que celles destinées à accueillir des logements à 30 % de la superficie de l'unité foncière. Il n'y a pas lieu, pour l'application des dispositions de cet article, de déduire de la surface de l'unité foncière celle grevée d'un classement au titre de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme.
10. Il ressort du dossier de demande de permis de construire, et notamment du tableau des surfaces, que l'emprise au sol du projet s'établit à 2 091 mètres carrés, ce qui représente 29,3 % de la superficie totale du terrain d'assiette. La règle précitée, limitant, en secteur Uc, l'emprise au sol des constructions autres que celles destinées à accueillir des logements à 30 % de la superficie totale de l'unité foncière, est donc respectée.
11. D'autre part, l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville exige, pour les hôtels et les résidences de tourisme, la réalisation d'une place de stationnement pour l'équivalent de deux chambres ou appartements.
12. Il ressort du dossier de demande de permis de construire, et notamment de la notice de présentation, que le projet prévoit la création de quarante-quatre places de stationnement pour l'équivalent de quatre-vingt-trois appartements, ce qui représente un ratio de 0,53 place de stationnement par appartement. Ainsi, ce nombre de places de stationnement, qui a vocation à répondre aux besoins générés par l'activité de la " résidence de vacances ", clients et salariés inclus, satisfait à l'exigence précitée en matière de réalisation de places de stationnement.
13. Il résulte de tout ce qui précède que c'est à tort que le tribunal administratif de Caen s'est fondé, pour annuler l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville, sur les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles U 7, U 9 et U 12 du règlement du plan local d'urbanisme.
14. Toutefois, il appartient à la cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par les parties tant devant le tribunal administratif que devant la cour.
En ce qui concerne les autres moyens :
S'agissant des moyens soulevés par voie d'exception contre la délibération du 8 juillet 2019 approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme de Varaville :
15. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales dans sa rédaction applicable au litige : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est adressée par écrit, sous quelque forme que ce soit, au domicile des conseillers municipaux, sauf s'ils font le choix d'une autre adresse. ". L'article L. 2121-11 du même code dispose que : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion. / () ". Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ".
16. Il ressort des pièces du dossier que la convocation à la séance du conseil municipal du 8 juillet 2019, qui est revêtue de la signature du maire de Varaville, indique, parmi les points inscrits à l'ordre du jour, l'examen de la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme. Selon les mentions du registre des délibérations du conseil municipal de Varaville, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, les membres du conseil municipal ont été régulièrement convoqués à cette séance. L'agent de police municipale atteste d'ailleurs avoir distribué, le 2 juillet 2019, à la demande du maire, un exemplaire de la convocation au domicile de chaque conseiller municipal. En outre, les membres du conseil municipal ont été rendus destinataires, le 1er juillet 2019, d'un message électronique de la mairie de Varaville les informant de la possibilité de télécharger, sur une plateforme dédiée, les documents relatifs à la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme. Il ne ressort pas des pièces du dossier que certains membres du conseil municipal n'auraient pas pu consulter, avant la séance, les différents documents ainsi mis à leur disposition ou encore qu'ils se seraient heurtés à un refus du maire de leur communiquer d'autres pièces ou documents nécessaires à leur information à ce sujet. Ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, les membres du conseil municipal de Varaville ont été mis en mesure d'appréhender l'objet et la portée du projet de modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme de Varaville qui leur était soumis et, par suite, d'exercer utilement leur mandat à l'occasion de la séance du 8 juillet 2019. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 2121-10, L. 2121-11 et L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales doit, dès lors, être écarté.
17. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le plan local d'urbanisme est révisé lorsque () la commune décide : / 1° Soit de changer les orientations définies par le projet d'aménagement et de développement durables ; / () ". L'article L. 153-36 du même code dispose que : " Sous réserve des cas où une révision s'impose en application de l'article L. 153-31, le plan local d'urbanisme est modifié lorsque () la commune décide de modifier le règlement, les orientations d'aménagement et de programmation ou le programme d'orientations et d'actions. ".
18. D'autre part, aux termes de l'article L. 153-41 du code de l'urbanisme : " Le projet de modification est soumis à enquête publique réalisée conformément au chapitre III du titre II du livre Ier du code de l'environnement par () le maire lorsqu'il a pour effet : / 1° Soit de majorer de plus de 20 % les possibilités de construction résultant, dans une zone, de l'application de l'ensemble des règles du plan ; / (). ". L'article L. 153-45 du même code dispose, cependant, que : " Dans les autres cas que ceux mentionnés à l'article L. 153-41, et dans le cas des majorations des droits à construire prévus à l'article L. 151-28, la modification peut, à l'initiative () du maire, être effectuée selon une procédure simplifiée. Il en est de même lorsque le projet de modification a uniquement pour objet la rectification d'une erreur matérielle. ".
19. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport de présentation de la procédure de modification simplifiée n° 2, que le maire de Varaville a engagé cette procédure d'évolution du plan local d'urbanisme en vue de faciliter la réurbanisation de certaines parcelles classées en zone U, en particulier celle de la parcelle accueillant l'ancienne colonie de vacances Béthanie. Cette modification simplifiée modifie plusieurs dispositions du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme. Tout d'abord, elle augmente la limite maximale d'emprise au sol autorisée des constructions autres que celles destinées à accueillir des logements en secteur Uc, en faisant passer cette limite de 25 % à 30 % de la superficie totale de l'unité foncière. Elle augmente ensuite, en zone U, de 50 centimètres la hauteur maximale autorisée des constructions, à l'exception de celles situées en secteur Us, afin de tenir compte de nouvelles normes techniques de construction. Elle redéfinit également dans un sens moins restrictif, en vue de favoriser l'implantation d'établissements hôteliers ou de résidences de tourisme dans le quartier du Home, la règle relative au nombre minimum de places de stationnement prévue à l'article U 12 du règlement pour la catégorie " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière ", en substituant à la règle d'une place de stationnement par chambre ou appartement la règle d'une place de stationnement pour l'équivalent de deux chambres ou de deux appartements. La modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme autorise, en outre, la prise en compte des places de stationnement non-imperméabilisées dans le calcul de la surface des " espaces verts plantés d'arbres " exigée pour les " parcelles recevant de l'habitat, des hôtels ou des résidences de tourisme " par l'article U 13 du règlement. Elle supprime, enfin, les coefficients d'occupation des sols, ceux-ci étant devenus inapplicables par l'effet de l'article 158 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014. Ces différentes modifications du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme, qui concernent, pour l'essentiel, les secteurs Uc et, au sein de ceux-ci, les seules constructions relevant de la sous-destination " hébergement hôtelier et touristique ", n'ont pas pour effet de changer l'orientation générale du projet d'aménagement et de développement durables tendant à la maîtrise de la croissance urbaine du quartier du Home, cette orientation générale prévoyant, notamment, de " renforcer le pôle de services au centre du Home " et de réorganiser et de renforcer un " site d'équipements et de services collectifs ", dont fait partie l'ancienne colonie de vacances Béthanie. Ces différentes modifications du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme n'ont pas davantage pour effet de majorer de plus de 20 % les droits à construire à l'échelle de l'ensemble de la zone U. Ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, la commune de Varaville a pu légalement recourir à la procédure simplifiée de modification du plan local d'urbanisme prévue par l'article L. 153-45 du code de l'urbanisme, et non à celles de la révision ou de la modification de droit commun.
20. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 153-47 du code de l'urbanisme : " Le projet de modification, l'exposé de ses motifs et, le cas échéant, les avis émis par les personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 sont mis à disposition du public pendant un mois, dans des conditions lui permettant de formuler ses observations. / Ces observations sont enregistrées et conservées. / Les modalités de la mise à disposition sont précisées, selon le cas, par l'organe délibérant de l'établissement public compétent ou par le conseil municipal et portées à la connaissance du public au moins huit jours avant le début de cette mise à disposition. / () / A l'issue de la mise à disposition, () le maire en présente le bilan devant () le conseil municipal, qui en délibère et adopte le projet éventuellement modifié pour tenir compte des avis émis et des observations du public par délibération motivée. ".
21. D'une part, la délibération du 15 mai 2019 du conseil municipal de Varaville expose les raisons pour lesquelles le maire a décidé d'engager une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme et définit les modalités de la mise à disposition au public du projet de modification, conformément aux dispositions précitées. Cette délibération n'avait pas à prévoir la création d'une adresse électronique destinée à recevoir les observations ou propositions du public exigée par les dispositions des articles R. 123-9 et R. 123-11 du code de l'environnement, applicables aux seules procédures d'enquête publique.
22. D'autre part, l'avis du maire de Varaville informant le public de la prolongation de la mise à disposition au public du projet de modification, organisée du 25 mai au 25 juin 2019 inclus, rappelle l'objet de la procédure de modification simplifiée et les modalités de la mise à disposition au public du projet de modification, tels qu'ils ont été définis, de manière suffisamment précise, par le conseil municipal de Varaville au cours de sa séance du 15 mai 2019. Si cet avis n'a été publié dans le journal " Ouest-France " que le 21 mai 2019, soit quatre jours avant le premier jour de la prolongation de la mise à disposition au public, c'est-à-dire sans que soit respecté le délai minimum de huit jours prévu par l'article R. 153-47 du code de l'urbanisme, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que la méconnaissance de ces dispositions n'a pas nuit, en l'espèce, à l'information de l'ensemble des personnes intéressées par le projet de modification, plus de soixante-dix observations ayant été recueillies durant la phase de mise à disposition au public, et qu'elle n'a pas été non plus susceptible d'exercer une influence sur les résultats de cette phase de mise à disposition et, par suite, sur le sens de la délibération contestée.
23. Par ailleurs, le dossier mis à la disposition du public comprenait, outre les avis émis par les personnes publiques associées sur le projet de modification, un rapport de présentation. Ce rapport rappelle, tout d'abord, les raisons pour lesquelles la commune a décidé d'engager cette procédure d'évolution, puis présente les modifications apportées au règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme. Il justifie, en outre, le choix de recourir à cette procédure. Contrairement à ce qui est soutenu, aucune disposition n'imposait à la commune de Varaville de joindre au dossier mis à la disposition du public les documents, même " structurants ", se rapportant à la procédure de révision du plan local d'urbanisme engagée parallèlement, ni d'y faire état de l'existence d'un espace boisé classé sur le terrain de l'ancienne colonie de vacances Béthanie, le périmètre de cet espace boisé n'étant pas affecté par le projet de modification, ni non plus de publier ce dossier, qui était donc complet, sur le site Internet de la commune de Varaville pendant toute la phase de mise à disposition au public.
24. Enfin, il ressort des mentions de l'extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Varaville, qui font foi jusqu'à preuve du contraire et ne sont contredites par aucune autre pièce du dossier, qu'au cours de la séance du 8 juillet 2019, le maire de Varaville a présenté aux conseillers municipaux un bilan de la mise à disposition au public du projet de modification, avant de délibérer sur celui-ci, conformément aux dispositions précitées de l'article R. 153-47 du code de l'urbanisme.
25. Il résulte de ce qui vient d'être exposé aux points 21 à 24 que le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de mise à disposition au public du projet de modification au regard des dispositions de l'article R. 153-47 du code de l'urbanisme, pris en ses différentes branches, doit être écarté.
26. En quatrième lieu, il résulte des dispositions des articles L. 151-43 et L. 153-60 et R. 151-53 du code de l'urbanisme que les dispositions des plans de prévention des risques naturels prévisibles sont annexées au plan local d'urbanisme comme servitude d'utilité publique affectant l'utilisation du sol. Il résulte également des dispositions des articles L. 562-1 et L. 562-4 du code de l'environnement que si, dans les zones délimitées par un plan de prévention des risques naturels prévisibles, les prescriptions auxquelles un tel plan subordonne une construction en application des 1° et 2° du II de l'article L. 562-1 de ce code s'imposent directement aux autorisations de construire qui ne sauraient être légalement accordées lorsque ces prescriptions sont méconnues, il n'en va de même, s'agissant des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde définies par un tel plan comme incombant aux particuliers dans ces mêmes zones en application du 3° du II du même article, que lorsque leur réalisation a été rendue obligatoire dans les conditions prévues au III de cet article. En revanche, il ne résulte ni de ces dispositions, ni d'aucun autre texte ou principe, que les dispositions des plans de prévention des risques naturels prévisibles seraient au nombre des règles au regard desquelles doit être appréciée la légalité d'un plan local d'urbanisme. Par suite, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir, pour contester la légalité de la délibération du conseil municipal de Varaville du 8 juillet 2019, des dispositions du plan de prévention des risques littoraux de l'Estuaire de la Dives. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions du plan, lequel a, de surcroît, été approuvé postérieurement à la délibération contestée, est inopérant.
27. En cinquième lieu, le préambule du règlement de la zone U du plan local d'urbanisme de Varaville définit la zone U comme une zone qui " correspond à des quartiers urbains où dominent les logements individuels et où la mixité est la règle " et qui " pourra recevoir, en plus des constructions à usage d'habitation, les activités, services ou équipements normalement présents dans un centre urbain, s'ils sont compatibles avec sa vocation résidentielle dominante ". Ce préambule précise également que : " les secteurs Uc regroupent des quartiers pavillonnaires, plus denses que les secteurs Ud qui bordent le littoral à l'Est de la commune ainsi que des quartiers de densité moyenne dont on souhaite préserver le cadre paysager et où l'on souhaite limiter le développement de la capacité d'accueil, parce qu'ils sont situés dans les espaces proches du rivage, parce qu'ils sont largement arborés, ou parce qu'ils bordent la zone inondable ".
28. D'une part, et contrairement à ce qui est soutenu, ces dispositions n'ont ni pour objet, ni pour effet, d'interdire la construction, en zone U, d'hébergements hôteliers ou touristiques. D'autre part, les modifications apportées aux articles U 9, U 10, U 12 et U 13 du règlement du plan local d'urbanisme, décrites au point 19, ne contrarient pas ces dispositions. Le moyen tiré du caractère incohérent de ces modifications au regard des caractéristiques de la zone U ne peut, dès lors, et en tout état de cause, qu'être écarté.
29. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme : " Le plan local d'urbanisme comprend : / 1° Un rapport de présentation ; / 2° Un projet d'aménagement et de développement durables ; / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; / 4° Un règlement ; / 5° Des annexes. / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques. Ces documents graphiques peuvent contenir des indications relatives au relief des espaces auxquels il s'applique. ". L'article L. 151-5, dans sa rédaction alors applicable, du même code dispose que : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / () ". L'article L. 151-8 de ce code dispose que : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3. ".
30. Pour apprécier la cohérence ainsi exigée au sein du plan local d'urbanisme entre le règlement et le projet d'aménagement et de développement durables, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle du territoire couvert par le document d'urbanisme, si le règlement ne contrarie pas les orientations générales et objectifs que les auteurs du document ont définis dans le projet d'aménagement et de développement durables, compte tenu de leur degré de précision. Par suite, l'inadéquation d'une disposition du règlement du plan local d'urbanisme à une orientation ou un objectif du projet d'aménagement et de développement durables ne suffit pas nécessairement, compte tenu de l'existence d'autres orientations ou objectifs au sein de ce projet, à caractériser une incohérence entre ce règlement et ce projet.
31. Le projet d'aménagement et de développement durables de Varaville prévoit, dans son orientation générale tendant à la maîtrise de la croissance urbaine, de " renforcer le pôle de services au centre du Home ". Il identifie sur la carte de ce quartier un " site d'équipements et de services collectifs " à réorganiser et à renforcer. Les modifications apportées au règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme, et décrites au point 19, ont, en particulier, vocation à faciliter la réurbanisation des parcelles incluses dans ce site, dont celle accueillant l'ancienne colonie de vacances Béthanie. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que ces modifications réglementaires auraient pour effet de contrarier d'autres orientations du projet d'aménagement et de développement durables. Ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, les modifications apportées au règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme ne sont pas incohérentes avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables du plan.
32. En septième lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter. ". L'article R. 151-44 du même code dispose également que : " Afin d'assurer le stationnement des véhicules motorisés ou des vélos hors des voies publiques, dans le respect des objectifs de diminution de déplacements motorisés, de développement des transports alternatifs à l'usage individuel de l'automobile et de réduction de la consommation d'espace ainsi que de l'imperméabilisation des sols, le règlement peut prévoir des obligations de réalisation d'aires de stationnement dans les conditions mentionnées aux articles L. 151-30 à L. 151-37 et dans les conditions du présent paragraphe. / Ces obligations tiennent compte de la qualité de la desserte en transport collectif, de la densité urbaine et des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement ouvertes au public à proximité. ".
33. Ainsi qu'il a été dit au point 28, les dispositions du préambule du règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme de Varaville n'ont pas pour objet, ni pour effet, d'interdire la construction, en zone U, d'hébergements hôteliers ou touristiques. Il ressort, par ailleurs, des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, que le quartier du Home, classé pour partie en secteur Uc, dispose d'une capacité de stationnement public importante de cent-soixante places de stationnement, dont cent-dix réparties dans les trois parcs de stationnement publics aménagés dans le secteur de l'ancienne colonie de vacances Béthanie. S'il est soutenu que ce secteur du Home est confronté à de graves difficultés de stationnement, les quelques photographies produites, prises à certains moments de l'année et sans indication précise sur leur contexte, ne suffisent pas à établir la réalité d'une telle situation, ni le caractère manifestement insuffisant du nombre de places publiques de stationnement présentes dans le secteur. En outre, les auteurs de la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme justifient leur choix de modifier, dans un sens moins restrictif, la règle relative au nombre minimum de places de stationnement prévue à l'article U 12 du règlement pour la catégorie " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière " par leur volonté de favoriser l'implantation d'établissements hôteliers ou de résidences de tourisme dans ce secteur du Home, en cohérence avec l'orientation du projet d'aménagement et de développement durables tendant à " renforcer le pôle de services au centre du Home ". Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la modification, sur ce point, de l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme serait entachée, ainsi qu'il est soutenu, d'illégalité.
34. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 151-27 du code de l'urbanisme : " Les destinations de constructions sont : / () / 3° Commerce et activités de service ; / () ". L'article R. 151-28 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Les destinations de constructions prévues à l'article R. 151-27 comprennent les sous-destinations suivantes : / () / 3° Pour la destination " commerce et activités de service " : () hébergement hôtelier et touristique () ; / () ".
35. Il ressort du règlement écrit du plan local d'urbanisme de Varaville, et notamment de son glossaire, que ses auteurs ont entendu désigner, sous l'expression " Hôtel, résidence de tourisme ou résidence hôtelière ", les hôtels et les résidences de tourisme, tels qu'ils sont définis aux articles D. 311-4 et D. 321-1 du code du tourisme, c'est-à-dire les constructions destinées à l'" hébergement hôtelier et touristique " au sens de l'article R. 151-28 du code de l'urbanisme. En décidant de maintenir cette expression, qui était intelligible et suffisamment précise pour ne pas soulever de difficulté d'application, dans le règlement du plan local d'urbanisme, les auteurs de la modification simplifiée n° 2 du plan n'ont pas fait une inexacte application des dispositions précitées. Le moyen tiré du caractère imprécis sur ce point du règlement du plan local d'urbanisme modifié ne peut, dès lors, et en tout état de cause, qu'être écarté.
36. En neuvième et dernier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, les différentes modifications apportées au règlement applicable la zone U du plan local d'urbanisme de Varaville ont vocation à faciliter la réurbanisation de certaines parcelles classées en zone U, et notamment de celles incluses dans le " site d'équipements et de services collectifs " identifié dans le quartier du Home. La circonstance que ces modifications réglementaires permettraient la réalisation sur la parcelle accueillant l'ancienne colonie de vacances Béthanie, parcelle incluse dans ce site, d'un projet de construction d'une résidence de tourisme, porté par un opérateur privé, n'est pas de nature à caractériser l'existence d'un détournement de pouvoir dès lors que ces modifications réglementaires, et le projet de construction touristique qu'elles autoriseraient, sont cohérentes avec les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables et qu'un tel projet de construction présente un intérêt réel pour l'attractivité de la commune de Varaville, commune touristique et balnéaire de la Côte Fleurie. Le moyen tiré du détournement de pouvoir ne peut, dès lors, qu'être écarté.
37. Il résulte des développements qui précèdent que les moyens tirés, par voie d'exception, de l'illégalité de la délibération du 8 juillet 2019 approuvant la modification simplifiée n° 2 du plan local d'urbanisme de Varaville ne peuvent être accueillis.
S'agissant des autres moyens :
38. En premier lieu, et comme il a été dit, le préambule de la zone U du plan local d'urbanisme de Varaville n'a ni pour objet, ni pour effet, d'interdire la construction, en secteur Uc, d'hébergements touristiques. Le moyen tiré de la méconnaissance par le permis de construire contesté de ce préambule ne peut, dès lors, et en tout état de cause, qu'être écarté.
39. En deuxième lieu, l'article U 1 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville interdit, en zone U, sur les terrains dont la cote du sol naturel avant travaux est comprise entre 4,55 mètres NGF et 3,55 mètres NGF, la construction d'établissements recevant du public (ERP) dont l'activité est dédiée à l'accueil des enfants ou à l'accueil des personnes malades ou handicapées. Cette interdiction a seulement vocation à s'appliquer aux projets de construction d'ERP dont l'activité est dédiée à l'accueil d'enfants ou de personnes malades ou handicapées, c'est-à-dire à certains ERP de type J ou R et non aux ERP d'autres types, même s'ils peuvent accueillir, de façon occasionnelle, des enfants ou des personnes malades ou handicapées.
40. Il est constant que le projet litigieux ne constitue pas un ERP de type J ou R. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'interdiction de construction précitée est, dès lors, inopérant.
41. En troisième lieu, l'article U 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville, relatif aux accès et à la voirie, dispose que : " I - ACCES : / Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur le fonds voisin, ce passage aura une largeur minimale de 3 m. S'il est destiné à la desserte de plus de trois logements ou s'il a plus de 50 m de longueur, il aura les caractéristiques applicables aux voies (définies ci-dessous). / La disposition des accès doit assurer la sécurité des usagers et leurs abords doivent être dégagés de façon à assurer la visibilité et la sécurité des manœuvres d'entrée et de sortie du terrain. Ils doivent être adaptés aux caractéristiques des constructions et équipements et apporter la moindre gêne possible à la circulation publique. / Lorsqu'un terrain est bordé de plusieurs voies, l'accès pourra être imposé sur l'une d'elles pour des questions de sécurité. / II - VOIRIE : / Les constructions et les installations doivent être desservies par des voies dont les caractéristiques seront définies en fonction de l'importance du trafic et de la destination des constructions. / Les nouvelles rues auront une emprise minimale de 6 m (y compris les trottoirs, le cas échéant). / Elles seront adaptées à l'approche et à l'accès des véhicules de lutte contre l'incendie, d'enlèvement des ordures ménagères et, sur les voies principales, aux véhicules de transport en commun. / Les nouvelles rues en impasse seront aménagées d'une placette dans leur partie terminale, pour permettre aux véhicules () de faire demi-tour. / Il sera imposé à toute nouvelle opération d'aménagement la possibilité de raccorder sa voirie (rue et chemin pédestre ou cyclable), en espace non-privatif, à la voirie existante ou aux opérations contiguës prévues ultérieurement. ".
42. D'une part, les exigences prévues par les dispositions précitées du I pour un accès à un terrain assurant la desserte de " plus de trois logements " n'ont pas vocation à s'appliquer aux hébergements hôteliers composés de plus de trois appartements. D'autre part, s'il est soutenu que la position et la configuration des accès au projet litigieux sont susceptibles de générer un risque pour la sécurité routière, cette assertion n'est assortie d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut, dès lors, qu'être écarté.
43. En quatrième lieu, l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville fixe, en secteur Uc, la " hauteur droite " maximale des constructions à 6,50 mètres et celle de la " hauteur au faîtage " maximale des constructions à 10 mètres. Le glossaire du plan local d'urbanisme précise, s'agissant du mode de calcul, que " la hauteur des constructions est mesurée par rapport au point le plus bas du terrain naturel avant travaux, sous l'emprise de la construction ". Il définit le " terrain naturel " comme " le terrain n'ayant pas subi, préalablement à la construction, de transformations artificielles importantes modifiant son niveau par rapport aux parcelles voisines ". S'agissant, en revanche, de la " hauteur droite ", ce glossaire indique qu'elle " est mesurée au nu de la façade, du sol au point de rencontre (matérialisée ou non) avec le nu de la toiture en cas de toiture terrasse, le haut de l'acrotère ".
44. D'une part, il ressort du dossier de demande de permis de construire que la hauteur des façades du bâtiment, mesurée à l'égout du toit, s'établit à la cote de 10,10 mètres NGF, sans que le niveau du sol naturel avant travaux, au droit des façades, ne soit jamais inférieur à la cote de 3,60 mètres NGF, de sorte que la règle de " hauteur droite " maximale est respectée. D'autre part, il ressort du même dossier de demande que la hauteur au faîtage du bâtiment s'établit à la cote de 14,10 mètres NGF, sans que le niveau du sol naturel avant travaux, sous l'emprise du bâtiment, ne soit jamais inférieur à la cote de 4,10 mètres NGF, de sorte que de la règle de la " hauteur au faîtage " maximale est également respectée. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U 10 du règlement du plan local d'urbanisme, pris en ses deux branches, ne peut, dès lors, qu'être écarté.
45. En cinquième lieu, l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Varaville, relatif à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement de leurs abords, énonce, dans son point " I - Harmonie générale ", que : " Chaque construction, indépendamment de sa nature, de sa fonction et de sa destination, devra, pour son expression architecturale et son aspect extérieur, s'inscrire harmonieusement dans les paysages communaux. Ce qui n'exclut pas les constructions d'architecture contemporaine ou les constructions employant des techniques ou des matériaux nouveaux () dès lors qu'elles justifient de leur bonne insertion dans l'environnement bâti, grâce à l'emploi des couleurs et matériaux locaux en particulier. / Ainsi : / - Tout pastiche d'une architecturale traditionnelle étrangère au Pays d'Auge est interdit. / - Lorsque les constructions existantes le long d'une voie, au sein d'un quartier ou d'un hameau présentent des caractéristiques architecturales particulières (couleur de façade, forme ou couleur de toiture, clôture, type de modénature, etc.), celles-ci pourront être imposées à toute nouvelle construction pour préserver l'harmonie de l'ensemble. / - L'aménagement ou l'extension d'un bâtiment existant doit respecter son caractère général pour ce qui concerne notamment, l'harmonie des volumes, l'échelle des percements et les associations de matériaux et de teintes. / - Les constructions en matériaux de fortune sont interdites. / Les constructions présenteront un traitement architectural homogène sur toutes leurs façades, ce qui exclut toute discrimination entre façade principale et façade arrière. Les toitures visibles doivent être considérés comme une façade et traitées en conséquence avec soin. / () ". Cet article énonce également, dans son point " II - Formes, couleurs et matériaux ", que : " Les principaux matériaux de façades présenteront des teintes similaires à celles des matériaux utilisés dans le Pays d'Auge : le bois gris naturel ou teinté brun foncé, l'ardoise, la terre cuite rouge (brique ou tuile plate), le torchis ocre ou blanc cassé, la pierre calcaire ocre jaune. / Les façades, les soubassements, les murs de soutènement et de clôture qui ne sont pas réalisés avec des matériaux destinés à rester apparents, recevront un enduit ou un parement dont la couleur reprendra celle des matériaux traditionnels du Pays d'Auge. / () ". Ces dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres que celles en résultant. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté contesté.
46. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet litigieux consiste en la construction, à la place des bâtiments d'une ancienne colonie de vacances, d'une " résidence de vacances " en R+2, composée de locaux d'habitation, accueillant quatre-vingt-trois appartements, de locaux à usage collectif ainsi que d'une aire de stationnement comprenant quarante-quatre places de stationnement. L'architecture de la résidence reprend les traits caractéristiques du style architectural traditionnel du Pays d'Auge, avec une couverture en ardoise naturelle, un bardage laqué et un enduit à la chaux, respectant ainsi les prescriptions précitées du II de l'article U 11 du règlement. Ainsi qu'il a été exposé précédemment, l'implantation et les dimensions de ce bâtiment respectent les règles de prospect, d'emprise au sol et de hauteur définies pour ce type de construction par le règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme. Il ressort également du dossier de demande que le caractère arboré des lieux sera conservé, et même renforcé, puisqu'il est prévu la plantation, sur le terrain d'assiette du projet, de quarante nouveaux arbres, qui s'ajouteront aux cinquante-et-un arbres conservés sur la partie du terrain faisant l'objet d'un classement au titre de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme. Enfin, et comme il a déjà été dit, le règlement applicable à la zone U du plan local d'urbanisme n'interdit pas la construction d'hébergements hôteliers ou touristiques en secteur Uc. Dans ces conditions, et alors même que la " résidence de vacances " projetée présente une différence d'échelle avec les maisons d'habitation voisines, le maire de Varaville n'a pas fait une inexacte application dispositions précitées en délivrant le permis de construire contesté.
47. En sixième lieu, le même article U 11 du règlement exige, dans son point " III - Clôtures ", qu'une bordure marque l'alignement entre la voie publique et le terrain d'assiette du projet.
48. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que le projet litigieux prévoit l'aménagement d'une bordure, composée d'herbes et d'arbustes, le long de la rue Guillaume le Conquérant, en vue de marquer la limite entre l'emprise publique et le parc privé de stationnement qui sera aménagé à cet endroit sur le terrain d'assiette du projet. Contrairement à ce qui est soutenu, un tel aménagement paysager suffit à satisfaire l'exigence d'aménagement d'une bordure prévue au point III de l'article U 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
49. En septième lieu, l'article U 13 du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que " les parcelles recevant de l'habitat, des hôtels ou des résidences de tourisme comprendront des espaces vers plantés d'arbres sur une surface au moins égale à () en Uc () 50 % de la superficie de l'unité foncière ". Cet article précise que, pour l'application de cette règle, il y a lieu de prendre en compte " les surfaces de stationnement non imperméabilisées et plantées type EVERGREEN ".
50. Il ressort du dossier de demande de permis de construire que la surface des espaces verts représente 54,99 % de la superficie totale du terrain d'assiette du projet litigieux. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit, dès lors, être écarté.
51. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme peuvent classer comme espaces boisés, les bois, forêts, parcs à conserver, à protéger ou à créer, qu'ils relèvent ou non du régime forestier, enclos ou non, attenant ou non à des habitations. Ce classement peut s'appliquer également à des arbres isolés, des haies ou réseaux de haies ou des plantations d'alignements. ". Le premier alinéa de l'article L. 113-2 du code de l'urbanisme dispose que : " Le classement interdit tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements. ".
52. D'une part, il ressort des pièces du dossier, et notamment du règlement graphique du plan local d'urbanisme de Varaville, que le terrain d'assiette du projet litigieux ne comprend qu'un seul espace boisé classé au titre de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme, au sud-est, le boisement existant au nord-est étant, quant à lui, seulement recensé comme " espace vert " dans le rapport de présentation du plan local d'urbanisme. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la création de balcons sur la façade sud du bâtiment projeté, en surplomb de l'espace boisé classé au titre de l'article L. 113-1 du code de l'urbanisme aurait pour effet, compte tenu de l'emprise limitée de ces balcons, de leur hauteur et de leur localisation par rapport aux arbres existants, d'entraîner un changement d'affectation du sol de nature à compromettre l'intégrité de ce boisement. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut, dès lors, qu'être écarté.
53. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".
54. Ainsi qu'il a été dit au point 12, le projet litigieux, qui prévoit la création de quarante-quatre places de stationnement, respecte la règle d'une place de stationnement pour l'équivalent de deux chambres ou appartements prévue par l'article U 12 du règlement du plan local d'urbanisme pour les hôtels et les résidences de tourisme. Par ailleurs, et comme il a été dit au point 33, le secteur du Home dans lequel se situe le terrain d'assiette dispose d'une capacité de stationnement public d'environ cent-soixante places de stationnement, dont cent-dix réparties dans trois parcs de stationnement aménagés à proximité de ce terrain. Dans ces conditions, le maire de Varaville a pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que la réalisation du projet litigieux n'était pas de nature, par elle-même, à générer un risque pour la sécurité publique. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit, dès lors, être écarté.
55. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la régularité du jugement attaqué, ni les fins de non-recevoir opposées à la demande de première instance, que la société Proméo IDF et la commune de Varaville sont fondées à soutenir que c'est à tort que, par l'article 2 de ce jugement, le tribunal administratif de Caen a annulé l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite de ce maire portant rejet du recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
56. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Varaville et de la société Proméo IDF, qui ne sont pas les parties perdantes dans les présentes instances, les sommes demandées par M. P au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de celui-ci le versement d'une somme de 1 000 euros à la commune de Varaville et d'une somme de 1 000 euros à la société Proméo IDF au titre des mêmes dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention de la commune de Varaville dans l'instance n° 21NT01330 n'est pas admise.
Article 2 : L'article 2 du jugement du 23 mars 2021 par lequel le tribunal administratif de Caen a annulé, à la demande de l'association J'aime le Home et autres, l'arrêté du 9 septembre 2019 du maire de Varaville ainsi que la décision implicite de ce maire portant rejet de leur recours gracieux est annulé.
Article 3 : Les conclusions de la demande présentée par l'association J'aime le Home et autres devant le tribunal administratif de Caen sont rejetées dans cette mesure.
Article 4 : M. P versera, d'une part, à la commune de Varaville une somme de 1 000 euros, et d'autre part, à la société Proméo IDF une somme de 1 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent arrêt sera notifié à la société Proméo IDF, à la commune de Varaville, à l'association J'aime le Home, à M. G P, à M. et A F et Q D, à M. et A C et M R, à M. L U, à A I H, à M. T J, à l'ASL Le Clos des Sables, à la SCI Abel TM et à A O Y.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- A Buffet, présidente de chambre,
- A Montes-Derouet, présidente-assesseure,
- M. Le Brun, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 décembre 2022.
Le rapporteur,
Y. K
La présidente,
C. BUFFET
La greffière,
K. BOURON
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 21NT01330, 21NT01404
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026