jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-21NT01809 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AVOCONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Anjou Bâtiment a demandé au tribunal administratif de Nantes de prononcer la décharge des cotisations primitives à l'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015 à concurrence de la somme de 9 258 euros.
Par un jugement n° 1810361 du 7 mai 2021, le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 juillet 2021 et le 14 novembre 2022 l'EURL Anjou Bâtiment, représentée par Me Granger, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de prononcer la décharge sollicitée ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que le tribunal a estimé que l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 27 septembre 2017 ne constituait pas un événement nouveau de nature à rouvrir le délai de réclamation au sens de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales ;
- elle a été imposée deux fois sur les mêmes dettes, au titre de l'exercice 2009 à raison de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 28 septembre 2017 qui a jugé qu'elle les avait inscrites à tort à son passif, et au titre des exercices 2011, 2012 et 2013, au titre desquels elle les a comptabilisées en produits exceptionnels ;
- l'avis de recouvrement du 14 mai 2013 ne peut être le seul événement rouvrant le délai de réclamation.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 1er décembre 2021 et le 18 novembre 2022 le ministre de l'économie, des finances conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'EURL Anjou Bâtiment ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R.222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. L'EURL Anjou Bâtiment a fait l'objet d'une vérification de comptabilité en matière d'impôt sur les sociétés portant sur les exercices clos en 2009 et 2010. L'administration a remis en cause l'inscription au passif de l'entreprise de dettes détenues sur la société par des fournisseurs, qu'elle a estimé ne plus pouvoir être recouvrées, et lui a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2009. Par un jugement n°1306192 du 16 octobre 2015, le tribunal administratif de Nantes a prononcé la réduction desdites cotisations supplémentaires, à concurrence d'une réduction en base de 47 688,76 euros. Par un arrêt n°16NT00070 du 28 septembre 2017, la cour administrative d'appel de Nantes a partiellement réformé ce jugement, remis à la charge de la société les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés dont elle avait été déchargée par le tribunal, et l'a déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2009 correspondant à une réduction en base de 3 173,14 euros. L'EURL Anjou Bâtiment ayant, du fait de la prescription des dettes en cause, comptabilisé des produits exceptionnels au titre des exercices clos en 2011, 2012 et 2013, a estimé qu'elle avait ainsi été imposée deux fois à raison desdites sommes et a saisi l'administrations fiscale, le 28 juin 2016, d'une réclamation préalable. L'administration fiscale a, par une décision du 7 novembre 2017, partiellement fait droit à sa demande en ce qu'elle portait sur les impositions acquittées au titre de l'exercice clos en 2013. Suite à l'arrêt de la cour administrative d'appel du 28 septembre 2017, l'EURL Anjou Bâtiment a présenté une nouvelle réclamation préalable, formée par un courrier du 4 décembre 2017 qui a été implicitement rejetée. Elle a demandé au tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2011,2012,2013, 2014 et 2015. Par un jugement du 7 mai 2021, le tribunal a rejeté sa demande. L'EURL Anjou Bâtiment appel de ce jugement.
3. Aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'évènement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. () ". Les événements susceptibles de rouvrir le délai de réclamation en application du c) de ces dispositions sont ceux qui sont de nature à exercer une influence sur le bien-fondé de l'imposition, soit dans son principe, soit dans son montant.
4. L'arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 28 septembre 2017, qui ne peut constituer en lui-même un événement au sens des dispositions de l'article R.196-1 du livre des procédures fiscales, n'ayant porté que sur l'assiette de l'impôt sur les sociétés se rapportant à l'exercice clos en 2009, seul l'avis de mise en recouvrement du 13 mai 2013, émis suite aux rectifications relatives à l'exercice 2009 et ayant une influence sur les exercices suivants, constituait un événement susceptible de rouvrir un délai de réclamation. En vertu des dispositions rappelées au point 3, ce délai de réclamation expirait ainsi le 31 décembre 2015 pour les exercices clos en 2011 et 2012 et le 31 décembre 2016 pour l'exercice clos en 2013. Dans ces conditions, la réclamation présentée le 4 décembre 2017 par l'EURL Anjou Bâtiment concernant les impositions primitives établies au titre des exercices clos en 2011, 2012 et 2013 était tardive et les conclusions de la requérante tendant à la réduction de ces impositions ont été à bon droit rejetées comme irrecevables par les juges de première instance. Enfin, le bien-fondé des impositions se rapportant aux exercices clos en 2014 et 2015 ne pouvant être remis en cause, eu égard aux moyens invoqués, que par l'effet d'une modification des bases d'imposition relatives aux exercices clos en 2011, 2012 et 2013, l'irrecevabilité des conclusions relatives à ces exercices a nécessairement privé de fondement les conclusions concernant les exercices 2014 et 2015.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de l'EURL Anjou Bâtiment est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761.1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de l'EURL Anjou Bâtiment est rejetée
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EURL Anjou Bâtiment et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Fait à Nantes, le 2 février 2023
I. Perrot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°21NT01809
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026