mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-21NT02475 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | HATCHI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme G A E et M. C D ont demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours, formé contre la décision du 16 décembre 2019 des autorités consulaires françaises à Saint-Domingue refusant de délivrer à Mme A E un visa de long séjour sollicité en qualité de conjointe d'un ressortissant français.
Par un jugement n° 2011765 du 31 mai 2021, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août et 10 décembre 2021, Mme G A E et M. C D, représentés par Me Hatchi, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 31 mai 2021 du tribunal administratif de Nantes ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté leur recours, formé contre la décision des autorités consulaires françaises à Saint-Domingue (République Dominicaine) refusant de délivrer à Mme A E le visa sollicité en qualité de conjointe d'un ressortissant français ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de délivrer le visa sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent qu'elle a droit à un visa au titre de l'article L. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'ils se sont unis en 2017 en Guadeloupe après une vie commune de plusieurs années, interrompue peu après leur mariage ; pour ce motif les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rivas a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G A E, ressortissante dominicaine née le 12 février 1972 à San Juan (République Dominicaine), a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour en qualité de conjointe de M. C D, ressortissant français né le 20 novembre 1970. Par une décision implicite née le 24 septembre 2020 la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 16 décembre 2019 des autorités consulaires françaises à Saint-Domingue (République Dominicaine), refusant de délivrer à Mme A E un visa de long séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français. Par un jugement du 31 mai 2021, dont M. D et Mme A E relèvent appel, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande d'annulation de cette décision de la commission.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
2. Aux termes des dispositions alors en vigueur de l'article L. 211-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Le visa de long séjour ne peut être refusé à un conjoint de Français qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public () ". Il appartient en principe aux autorités consulaires de délivrer au conjoint étranger d'un ressortissant français dont le mariage n'a pas été contesté par l'autorité judiciaire le visa nécessaire pour que les époux puissent mener une vie familiale normale. Pour y faire obstacle, il appartient à l'administration, si elle allègue une fraude, d'établir que le mariage a été entaché d'une telle fraude, de nature à justifier légalement le refus de visa. La seule circonstance que l'intention matrimoniale d'un seul des deux époux ne soit pas contestée ne fait pas obstacle à ce qu'une telle fraude soit établie.
3. Il résulte des écritures en défense du ministre de l'intérieur et des outre-mer que pour refuser de délivrer le visa de long séjour sollicité par Mme A E en qualité de conjointe d'un ressortissant français, la commission de recours s'est fondée sur l'existence d'une situation de fraude en raison de l'absence d'intention matrimoniale du couple.
4. Il ressort des pièces au dossier que M. D et Mme A E se sont unis le 4 mai 2017 en mairie des Abymes (Guadeloupe). Ils soutiennent que ce mariage a été précédé d'une vie commune du couple, entamée en 2013, qui s'est achevée après le retour de Mme A E en République Dominicaine peu après leur mariage. Ils indiquent qu'ils sont restés en contact depuis lors et qu'ils se sont revus en 2019 lors d'un voyage de M. D en République Dominicaine. Cependant les pièces au dossier n'établissent pas de vie commune avant ou après leur union. Les quelques attestations de proches de M. D, dont certaines sont stéréotypées, de même que les photographies produites, sont insuffisantes pour établir cette situation. Aucun élément ne vient par ailleurs établir une rencontre du couple lors du voyage de près de deux mois effectué en 2019 en République Dominicaine par M. D. Dans ces conditions les quelques envois d'argent de M. D à son épouse de 2017 à 2020, interrompus en 2018 et limités à deux en 2019, ainsi que les relevés de ses consommations internet et les quelques appels téléphoniques identifiés en février et mars 2019 vers la République Dominicaine, n'établissent pas l'existence de la vie conjugale alléguée. Par suite, l'administration doit être regardée comme établissant l'existence d'une fraude de nature à justifier légalement, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 211-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le refus de visa sollicité.
5. Compte tenu de ce qui précède, la décision contestée ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale et ne méconnaît donc pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A E et M. D ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Nantes a rejeté leur demande. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A E et de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à Mme G A E, à M. C D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Francfort, président de chambre,
- M. Rivas, président assesseur,
- M. Frank, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le rapporteur,
C. Rivas
Le président,
J. FRANCFORT
Le greffier,
C. GOY
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026