vendredi 3 juin 2022
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-21NT02485 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PHILIPPON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B C a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler l'arrêté du 14 août 2020 par lequel le préfet de la Loire-Atlantique lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office lorsque le délai sera expiré.
Par un jugement n° 2008629 du 11 juin 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 2 septembre 2021 M. C, représenté par
Me Philippon, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 août 2020 du préfet de la Loire Atlantique ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 3 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la minute du jugement n'est pas signée, en méconnaissance de l'article R. 741-7 du code de justice administrative ; le jugement est en conséquence irrégulier ;
- le principe du contradictoire a été méconnu, dès lors que le mémoire du préfet de la Loire-Atlantique du 19 mai 2021 lui a été communiqué postérieurement à la clôture d'instruction ; à supposer même que l'instruction n'ait pas été close, le délai qui lui a été laissé pour produire des observations en réponse était insuffisant ; le jugement est en conséquence irrégulier.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022 le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire n'est pas fondé et s'en rapporte, pour le reste, à ses écritures de première instance.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant nigérian né le 24 mai 1985, est entré irrégulièrement sur le territoire français le 9 octobre 2016 et a demandé l'asile le 27 octobre 2016. L'office français pour la protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 12 avril 2018 confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) par une décision du 7 décembre 2018. Après un réexamen de sa demande d'asile, l'OFPRA l'a déclarée irrecevable le 30 avril 2019 dans le cadre de la procédure dite accélérée, cette décision ayant été elle-même confirmée par la CNDA le 29 mai 2020. Le préfet de la Loire-Atlantique a alors pris à l'encontre de l'intéressé une décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination en date du
27 novembre 2019. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 8 juillet 2020. En exécution de l'injonction de réexamen prononcée par ce jugement, qui a été annulé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes n° 20NT02212 du 17 mai 2021, le préfet a pris à l'encontre de M. C une nouvelle décision obligeant ce dernier à quitter le territoire français et fixant son pays de destination par arrêté du 14 août 2020. M. C a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler cet arrêté. Il relève appel du jugement du 11 juin 2021 par lequel le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience. ".
3. Si M. C fait valoir que le jugement attaqué du 11 juin 2021 n'a pas été signé par le magistrat désigné et le greffier d'audience, la minute du jugement comporte bien ces signatures. Par suite, ce moyen, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, en cas d'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, désormais codifié au 4° de l'article L. 611-1 du même code, l'article R. 776-13-2 du code de justice administrative prévoit que : " La présentation, l'instruction et le jugement des recours obéissent, sans préjudice de la section 1, aux règles définies au premier alinéa de l'article R. 776-13, aux articles R. 776-15, R. 776-18, R. 776-20-1, R. 776-22 à R. 776-26, aux deuxième et quatrième alinéas de l'article R. 776-27 et à l'article R. 776-28. ". Aux termes de l'article R. 776-26 du code de justice administrative : " L'instruction est close soit après que les parties ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après appel de leur affaire à l'audience. ". Il résulte de ces dispositions que, pour les obligations de quitter le territoire français prises sur le fondement du 6° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, désormais codifié au 4° de l'article L. 611-1 du même code, l'instruction devant le tribunal administratif est close à l'issue de l'audience.
5. En l'espèce, l'audience devant le tribunal administratif de Nantes a eu lieu le 21 mai 2021. Ainsi qu'il a été rappelé au point 4, l'instruction a donc été close à l'issue de l'audience. Par suite, et contrairement à ce que soutient M. C, le second mémoire du préfet de la Loire-Atlantique et la pièce jointe qui accompagnait ce mémoire, qui ont été communiquées à M. C la veille de l'audience, le 20 mai 2021, n'ont pas été communiqués après la clôture d'instruction. Enfin, le mémoire en question du préfet de la Loire-Atlantique du 19 mai 2021 se bornait à faire mention de ce que la cour avait annulé le premier jugement du 8 juillet 2020 qui avait statué sur la situation du requérant. Compte tenu du contenu de ce mémoire, le délai d'une journée laissé à M. C pour répondre doit être regardé comme suffisant. Par suite, le caractère contradictoire de la procédure n'a pas été méconnu. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité du jugement pour ce motif doit être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er :La requête de M. C est rejetée.
Article 2 :Le présent arrêt sera notifié à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Loire Atlantique.
Délibéré après l'audience du 12 mai 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Perrot, présidente de chambre,
- M. Giraud, premier conseiller,
- M. Brasnu, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2022.
Le rapporteur
H. ALa présidente
I. PerrotLa greffière
A. Marchais
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21NT02485
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026