mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Nantes |
| Section | Cour administrative d'appel de Nantes |
| N° Dossier | CAA44-22NT00202 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY CONSEIL & CONTENTIEUX |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler la délibération du jury de la session 2018 portant admission au concours d'attaché territorial, spécialité " gestion du secteur sanitaire et social ", organisé par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine.
Par un jugement n° 1902471 du 26 novembre 2021, le tribunal administratif de Rennes a annulé la délibération du 24 avril 2019 portant admission au concours d'attaché territorial, spécialité " gestion du secteur sanitaire et social ", organisé par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du tribunal administratif de Rennes du 26 novembre 2021 ;
2°) de rejeter la demande présentée devant le tribunal administratif par Mme A.
3°) de mettre à la charge de Mme A la somme de 2500 euros sur le fondement de l'article L.761 -1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué, qui a estimé que la demande dont il était saisi était recevable, est entaché d'irrégularité ;
- le jugement en son point 6 est entaché d'une erreur de fait ;
- les premiers juges ont commis une erreur d'appréciation et une erreur de droit ;
La requête a été communiquée le 5 octobre 2022 à Mme A, qui n'a pas produit d'observations malgré le courrier de mise en demeure adressé le 12 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Coiffet ;
- les conclusions de Mme Malingue, rapporteure publique,
- et les conclusions de Me Saulnier, représentant le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été admise à se présenter au concours organisé en 2018 par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine pour le recrutement d'attachés territoriaux, dans la spécialité " gestion du secteur sanitaire et social ". Déclarée admissible à l'issue des écrits, elle n'a pas été admise, sa moyenne générale à l'issue des oraux s'établissant à 10,90 sur 20 alors que le seuil d'admission avait été fixé par le jury à 11,42 sur 20. Mme A a alors saisi le tribunal administratif d'Ille-et-Vilaine d'une demande tendant à l'annulation de " la décision du 13 mai 2019 l'informant de sa non admission ".
2. Par un jugement du 26 novembre 2021, le tribunal administratif de Rennes, après avoir écarté la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'irrecevabilité du recours, a annulé la délibération du jury de la session 2019 portant admission au concours d'attaché territorial, spécialité " gestion du secteur sanitaire et social ", organisé par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine le 24 avril 2019.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. ". Il résulte de ces dispositions que les conclusions de la requête doivent être formulées de manière suffisamment précise à peine d'irrecevabilité.
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance que Mme A a entendu, par ses écritures présentées sans conseil, contester la délibération par laquelle le jury avait établi la liste des admis au concours d'attaché territorial spécialité " gestion du secteur sanitaire et social " et qu'elle a soulevé à cette fin plusieurs moyens dirigés contre cette décision. Ainsi, les premiers juges ont pu estimer, sans se méprendre sur la portée des conclusions dont ils étaient saisis, que la demande de Mme A devait être interprétée comme demandant au tribunal de faire droit à sa demande d'annulation de la décision du 24 avril 2019 dudit jury et ont à bon droit, en conséquence, écarté la fin de non-recevoir opposée par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine, tirée de l'irrecevabilité des conclusions de la requête. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que le jugement attaqué serait entaché d'irrégularité pour ce motif.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
5. La seule circonstance qu'un membre du jury d'un concours connaisse un candidat ne suffit pas à justifier qu'il s'abstienne de participer aux délibérations de ce concours. En revanche, le respect du principe d'impartialité exige que, lorsqu'un membre du jury d'un concours a avec l'un des candidats des liens, tenant à la vie personnelle ou aux activités professionnelles, qui seraient de nature à influer sur son appréciation, ce membre doit non seulement s'abstenir de participer aux interrogations et aux délibérations concernant ce candidat mais encore concernant l'ensemble des candidats au concours.
6. En outre, un membre du jury qui a des raisons de penser que son impartialité pourrait être mise en doute ou qui estime, en conscience, ne pas pouvoir participer aux délibérations avec l'impartialité requise, doit également s'abstenir de prendre part à toutes les interrogations et délibérations de ce jury en vertu des principes d'unicité du jury et d'égalité des candidats devant celui-ci.
7. Il ressort des pièces versées au dossier, et ainsi que le reconnait d'ailleurs le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine, que tous les candidats admissibles au concours d'attaché territorial -spécialité " gestion du secteur sanitaire et social "- ont été interrogés par un jury composé de trois personnes, dont la directrice du centre communal d'action sociale (CCAS) de Vannes et que, si cette dernière s'est " mise en retrait " lors des interrogations relatives à l'une des candidates admissibles, avec laquelle elle avait des liens professionnels, il est constant qu'elle ne s'est pas abstenue de participer aux interrogations et aux délibérations de l'ensemble des candidats au concours, méconnaissant ainsi le principe d'impartialité rappelé au point 5. Par ailleurs, l'erreur de plume commise au point 6 du jugement est sans conséquence sur l'analyse des premiers juges. Le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine n'est, par suite, pas fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont annulé la délibération du 24 avril 2019 portant admission au concours d'attaché territorial " gestion du secteur sanitaire et social " organisé par le centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête du centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié au centre de gestion de la fonction publique territoriale d'Ille-et-Vilaine et à Mme B A.
Délibéré après l'audience du 2 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Gaspon, président de chambre,
- M. Coiffet, président-assesseur,
- Mme Gélard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
Le rapporteur,
O. COIFFETLe président,
O. GASPON
La greffière,
I. PETTON
La République mande et ordonne au ministre de de la Transformation et de la Fonction publiques, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026